X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Campus
« La révolution numérique a déjà eu lieu. »
Lundi soir s'est tenu à l'Internef un débat sur la question des technologies, et plus particulièrement sur ses usages dans le cadre de l'université. La soirée était organisée par L’auditoire qui, dans son dernier numéro, s'était longuement penché sur le sujet (voir dossier n°219).

Animée par Quentin Tonnerre, co-rédacteur en chef de votre journal préféré, la discussion a tourné autour de trois temps forts : quelle place ont pris les nouvelles technologies dans les processus de construction du savoir ; à quels défis se retrouve confrontée une institution telle que l'Unil ; quelle place, enfin, reste-t-il dans tout ça pour les libertés individuelles.

© Jeanne Guye
Alexis Roussel, président du Parti Pirate Suisse, n'y va pas par quatre chemins : « La révolution numérique a déjà eu lieu. Nous ne faisons plus que la vivre. » L'avènement d'internet, et plus précisément du réseau informatique, a profondément modifié les modes d'interaction entre les individus – et, partant, le fonctionnement de la société tout entière. « Tout ça va très, très vite », ajoute-t-il. « On ne se rend même pas compte qu'il y a cinq ans, on n'avait pas d'iPhone. » Se pose alors la question de l'individu : que devient-il, au sein de cette société numérique ? Au fil des siècles, des mécanismes se sont mis en place afin de protéger l'intégrité physique et intellectuelle des êtres humains. À ceci s'ajoute aujourd'hui l'intégrité numérique – à protéger également.
Pour Daniela Cerqui, MER en Anthropologie des techniques du corps, la société actuelle, d’un point de vue anthropologique, est la concrétisation d’un système de valeurs préexistant à ces nouvelles technologies. Par conséquent, « l'aspect révolutionnaire réside dans l'aspect technologique », et non dans les valeurs véhiculées qui, elles, n'ont pas changé. Pour avancer, on doit se demander ce qu'est, ou devrait être, un humain aujourd'hui, ce qu'est, ou devrait être, notre société. Formuler clairement l'idée implicite qu'on se fait du monde dans lequel on vit.
« Il faut se garder d’être fasciné par ces technologies et rester conscient des enjeux », prévient Benoît Frund, Vice-recteur de l'Unil en charge du dicastère Durabilité et campus. Le danger serait de croire que la technologie va tout régler.
Quant aux étudiants, représentés par Olivier Rossi, co-président de la Fédération des associations d’étudiant-e-s de l’Unil (FAE), ils sont fortement sollicités par les innovations technologiques, qu'ils emploient abondamment mais qui leur posent aussi des pièges. Il s'agit pour eux d'apprendre à gérer ces outils.


© Jeanne Guye
Car internet ne suffit pas. Comme le souligne Daniela Cerqui, la plupart des gens ont une vision très réductrice d’internet : si on a accès à la machine, alors on a accès au réseau, donc à l'information, et donc, forcément, au savoir. Il faut se défaire de ce lieu commun. S'il y a bien eu démocratisation de l'accès à l'information, on est encore très loin d'une démocratisation de la construction du savoir.
Alexis Roussel abonde dans ce sens : « En croyant à la toute-puissance de la technologie, on n’a pas pu voir qu’internet est devenu un espace de vie, un lieu de rencontres, d’émotions, d’expériences intimes. » Il s'agit de bien plus que d’un outil de production ou d’acquisition du savoir. Le rôle de l’université est d'intégrer ces technologies comme un espace de vie, et pas juste un outil pour gérer l’institution.
Dans le domaine des nouvelles technologies, il faut se méfier des modes. Le nouveau Laboratoire des humanités digitales (DHLAB), mais aussi les MOOCs, sont des exemples d'innovations qui n'en sont pas nécessairement. Comme le souligne Benoît Frund, « on s'intéressait à ces choses bien avant qu'on ne les appelle comme ça », qu'on ne les orne de labels made in USA. Les sciences humaines n'ont pas à chercher de légitimité dans une « digitalisation » providentielle. Quant aux cours online, ils sont ouverts depuis longtemps ; qu'ils doivent être « massifs » n'est que le reflet d'une vision naïve qui croit pouvoir évangéliser les masses.
Pour Daniela Cerqui, la représentation implicite véhiculée par ces technologies est que l'humain, tout comme les sciences humaines, peut être paramétré, quantifié, et que c'est une bonne chose qu'il le soit. De telles représentations ne sont pas forcément à craindre, mais il est important d'en être conscient.


Un nécessaire apéro pour se remettre... © Jeanne Guye

Au sujet de la protection des données, les quatre intervenants semblaient plutôt d'accord : aussi bien Moodle que la Campus Card ont un « potentiel de surveillance » ; l'important est de s'assurer qu'il ne soit pas réalisé. Selon Daniela Cerqui, la « transparence » est une arme à double tranchant : d'un côté, elle permet la communication ; de l'autre, elle implique le contrôle. « Ce n'est pas la Campus Card qui est source de difficulté, elle n'est que la traduction de notre société de contrôle, qui est aussi une société de communication. » Répondant à Benoît Frund, qui précise que la Campus Card a été mise en place pour simplifier la vie des usagers de l'Unil, et qu'après tout n'importe quel outil peut-être détourné ou piraté, Daniela Cerqui fait remarquer qu'on pourra employer le même argument lorsqu'il s'agira d'exiger des gens qu'ils se fassent implanter une puce électronique, plus pratique qu'une carte, et moins facile à perdre.
Alexis Roussel croit à la « sécurité par la transparence » : une information, à partir du moment où elle existe, est vouée à être copiée, tôt ou tard ; il faut donc prendre ça en compte et tout baser sur cette transparence, avant de construire des couches pour protéger ces données. Le paradigme doit être renversé : ce ne sont pas les données qui doivent être protégées, mais bien l'humain qui est derrière – l'humain d'aujourd'hui, constitué non seulement d'un corps et d'un intellect, mais également d'un panier Amazon, d'un compte iTunes et d'un profil Facebook.
Le meilleur usage des nouvelles technologies est donc de remettre l'église au milieu du village, et l'humain au cœur du système.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.