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«Œuvrer pour la protection de l'enfance»
Jeune membre du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA), Muriel Gschwend, a notamment œuvré pour la protection de l'enfance au Myanmar. Elle nous parle de son expérience et des enseignements qu’elle en retire. Interview.



Comment en êtes vous arrivée à collaborer avec le Corps suisse d'aide humanitaire?
J’ai fait des études en relations internationales à Genève, puis un Master en Turquie, en études européennes. Par la suite, j’ai effectué plusieurs stages dans des centres de recherche dans le domaine de la politique sécuritaire. C’était très intéressant, mais je me suis rapidement rendu compte qu'il me manquait quelque chose de plus concret, une véritable connaissance du terrain. Je me suis donc engagée pour une mission avec la Swisscoy. Une expérience qui m'a permis d'en apprendre davantage sur la politique sécuritaire suisse et sur les missions de maintien de la paix. J’ai ensuite eu l’opportunité de travailler pour le secrétariat des Nations Unies à New York, plus spécifiquement au bureau qui traite de la situation des enfants au sein de conflits armés. A la suite de nouvelles missions, notamment au Congo avec les Nations Unies et en République centrafricaine avec l'ONG Save The Children, j'avais accumulé suffisamment d'expérience pour intégrer le Corps suisse d'aide humanitaire.

Vous avez notamment œuvré au Myanmar. Quelle était la portée de ce projet?
Ce projet s'inscrivait dans le cadre de la protection de l’enfance, qui vise à prévenir et à répondre à toute sorte de violence faite aux enfants, en particulier en situation de conflit armé. Au Myanmar, nous avons beaucoup travaillé sur la documentation des violations commises à l'encontre des mineurs, telles que le recrutement d'enfants soldats par exemple. Avec les preuves collectées, nous avons notamment essayé d'obtenir la libération de certains de ces enfants, pour ensuite les réintégrer dans la société et faire en sorte qu'ils puissent à nouveau se rendre à l'école.

Quel bilan retirer de cette mission?
Les résultats sont globalement très positifs. Avec l'UNICEF, nous avons réussi à mener un dialogue constructif avec le gouvernement du Myanmar. En conséquence, plusieurs centaines d'enfants birmans ont été libérés et réintégrés dans leurs communautés respectives. L'enrôlement d'enfants est inacceptable. Notre but était alors de sensibiliser l'armée et les acteurs non-étatiques à cette idée. Des progrès importants sont à relever. Le gouvernement et les forces armées ont par exemple développé des procédures destinées à la vérification de l'âge des soldats lors des processus de recrutement. Certains membres des forces armées, ayant participé à l'enrôlement de mineurs, ont été punis. Le procédé n'a cependant pas disparu pour autant…

Vous avez également eu l'occasion de vous rendre en République centrafricaine…
Oui, en République centrafricaine, c’était un peu différent. J’étais sur place à une période où les conflits étaient particulièrement forts. La République centrafricaine est un pays dont les institutions sont relativement peu développées et qui n'a fondamentalement aucune capacité pour aider les populations dans le besoin. Notre action s'est donc axée autours d'un travail de prévention auprès des adultes. À cause des conflits, les populations sont constamment déplacées. Il n'est pas rare que les enfants se perdent et soient, par conséquent, exposés à davantage de violences. Nous avons alors essayé d'attirer l'attention sur le fait que les familles ne doivent pas se séparer. Nous avons organisé des espaces où les enfants, même en situation de conflit, ont la possibilité de retrouver, le temps de quelques instants, «une vie normale», notamment en prenant part à des activités ou à des jeux. Conçus spécialement pour les enfants, ces espaces nous permettent également de prodiguer des soins médicaux ou de proposer un support psychologique aux victimes de graves traumatismes.

Une fois sur le terrain, quelles sont les principales difficultés?
La sécurité est l'un des plus grands défis. Lorsque j'étais en République centrafricaine, la violence des conflits nous empêchait parfois de porter un secours immédiat aux victimes. Il était quelquefois nécessaire d'attendre un ou deux jours avant de pouvoir constater l'étendue des dégâts. Notre propre sécurité passe avant tout, l'idée n'est pas non plus de se mettre en péril. Au Myanmar, l'accord du gouvernement était nécessaire pour pouvoir entrer en contact avec des populations situées dans certaines régions difficiles d'accès. Dans des cas comme celui-là, l'aide humanitaire est dépendante des acteurs locaux, ce qui peut être problématique, surtout si ces derniers sont, d'une manière ou d'une autre, affiliés avec l'une des parties prenant part au conflit.

Justement, la neutralité théorique associée au processus d'aide humanitaire peut-elle vraiment être respectée, même dans les situations de conflit les plus complexes?
C’est une très bonne question. En tant qu’acteur humanitaire, on ne devrait pas prendre parti pendant les hostilités. Le focus est vraiment sur les personnes qui, sur place, doivent recevoir de l'assistance. En ce sens, la neutralité est un outil pratique, permettant d'avoir accès aux populations. Mais, aujourd'hui, on fait face à des crises qui sont très complexes. De nombreux acteurs, locaux et internationaux, entrent en jeu, comme par exemple en Syrie et au Congo. Tout est plus compliqué et pour des raisons de sécurité, on ne peut pas donner de l'aide à tout le monde.

Vous évoquez la Syrie. Pouvez-vous nous en dire davantage?
Dans certaines régions syriennes, accéder aux populations dans le besoin est pratiquement impossible. Les communautés locales peuvent alors venir à penser que nous prenons parti, en choisissant d'aider certaines personnes et pas d'autres. Si cela peut permettre l'accès aux populations, nous sommes prêts à discuter avec de «vrais méchants». Cela peut engendrer des malentendus. C'est pourquoi, sur le terrain, il est primordial de communiquer avec les habitants, de leur expliquer ce que nous faisons et pourquoi nous ne sommes pas en mesure de porter assistance à tout le monde.

Certains projets s'avèrent être un véritable échec une fois transposés sur le terrain. Quelles seraient alors les conditions nécessaires à une aide éthique et efficace?
Il est absolument indispensable de connaître le contexte et les sensibilités dans lesquels s'insère chacun de nos projets. Dans le passé, j'ai travaillé sur des programmes dont la finalité était de porter une assistance médicale aux personnes ayant subi des violences sexuelles. Il convient cependant d'être prudent, car ces dernières sont victimes de fortes stigmatisations, ce qui nécessite une action réfléchie du personnel humanitaire. Pour ces raisons, il est important d'avoir conscience des préjudices potentiels que peuvent engendrer nos actions, d'écouter les désirs des communautés locales et de les intégrer dans le développement des différents projets.

Parmi la diversité de l'offre humanitaire, en quoi les actions du CSA se distinguent-elles? Comment l'organisation conçoit-elle le processus d'aide humanitaire?
La Suisse est un petit pays, avec une tradition humanitaire et sans passé colonial. De plus, elle participe non seulement au financement de certaines actions, mais met également sur pied ses propres projets, par le biais du Corps suisse d'aide humanitaire, dont l'expertise constitue une véritable plus-value. Des personnes disposant d'une formation externe à l'humanitaire et spécialisées dans des domaines tels que l'eau, le côté sanitaire ou la protection, mettent leur savoir faire au service de projets spécifiques, comme la réhabilitation d'écoles au Myanmar, au Liban ou en Jordanie. Nous ne sommes pas uniquement donateurs, mais aussi opérationnels et nous connaissons le terrain. Ces éléments font de la Suisse un partenaire expérimenté, crédible et digne de confiance dans le domaine de l'humanitaire.

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