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Entre étiquettes et liberté : débat sur les notions de performance et de danse contemporaine
En ce dernier week-end de Programme Commun, le Labo de l’Arsenic a lancé la discussion autour de la définition de deux disciplines fondamentales de l’art d’aujourd’hui : la danse contemporaine et la performance.

Notions d’autant plus difficile à circonscrire qu’elles ne cessent de se recouper l’une l’autre et de se confondre avec d’autres arts encore, tels que le théâtre, la peinture ou l’installation.


© Séverine Chave


Divers intervenants ont donc pris place à cette double table ronde, co-organisée par l’Arsenic et par L’auditoire : Sandrine Kuster, directrice de l’Arsenic, Nicole Seiler et Marie-Caroline Hominal, danseuses et chorégraphes, Marie-Eve Knoerle de l’association What about performance art ?, ainsi que Darren Roshier et Andrea Saemann, artistes performers.

Nationalité : danseur

Ouvrant le débat, Sandrine Kuster commence son intervention par un petit rappel : si l’Arsenic est nommé ainsi, c’est bel et bien pour marquer sa volonté d’abolir les frontières entre les arts. Toutefois, affirme sa directrice, « c’est par curiosité, et non par obligation, que nous sommes devenus pluridisciplinaires. »

Elle reconnaît en outre que le public a besoin d’étiquettes : comment décider du programme de sa soirée lorsqu’on ignore si le spectacle qui nous est proposé est chorégraphique, théâtral ou musical ? De l’autre côté, comment catégoriser une proposition artistique qui pourrait rentrer dans toutes ces catégories à la fois ? « En regardant le parcours de l’artiste », répond Sandrine Kuster.


Marie-Caroline Hominal et Aline Kohler (modératrice). - © Séverine Chave
Une réponse confirmée par les deux chorégraphes présentes autour de la table : « Si Marie-Caroline monte un spectacle, pour moi ce sera forcément de la danse puisqu’elle vient de milieu-là, explique Nicole Seiler. La dimension chorégraphique sera donc à l’origine de tout le reste, même si personne ne bouge sur scène ! » Et Marie-Caroline Hominal de renchérir : « Mon travail, c’est la danse. Même si ce n’est pas ce que je recherche, je vais forcément finir par danser quand même… »

Il s’agirait ainsi d’une sorte de mentalité, d’identité, d’univers propre à chaque artiste, comme une forme de nationalité à laquelle il ne peut échapper sans pour autant être incapable de se mêler aux autres.

« Dans la vie non plus, on ne comprend pas tout »

Quant au reproche traditionnellement fait à l’art contemporain, et surtout à la danse – « j’comprends rien » – Marie-Caroline Hominal répond très simplement : « Parfois le public est désemparé, mais il oublie que le monde est comme ça : dans la vie non plus, on ne comprend pas tout. Sauf que ce n’est pas sur une scène, alors on ne s’en rend pas compte… »

De son côté, Nicole Seiler analyse le phénomène du point de vue du langage et de sa signification : « On vit dans un monde régi par la parole et le rationnel. Alors forcément, se laisser aller à l’abstrait, simplement ressentir l’atmosphère d’un spectacle de danse, ce n’est pas si facile. C’est quelque chose de l’ordre du rêve… » Ce à quoi Marie-Caroline Hominal répond que nous sommes « des animaux. Ne pas comprendre mais ressentir est important. »

La performance, une catégorie fourre-tout ?

La seconde partie de l’après-midi était dédiée à la définition d’une notion presque polémique.

Plutôt vaste et vague, le terme de performance est souvent utilisé pour qualifier tout que l’on considère comme inclassable dans toutes les autres catégories, comme par exemple de la danse sans mouvement ou du théâtre sans texte. Un recours facile et souvent erroné, que déplore Sandrine Kuster : « La danse reste de la danse et le théâtre reste du théâtre, même différent de ce qu’on a l’habitude de voir : au lieu d’admettre que ces catégories ne cessent, par définition, de se réinventer, de se renouveler et de muter, on appose une étiquette différente à toute création sortant du cadre classique. » Cette étiquette, qui empêche ainsi les autres arts d’inclure en leur sein des choses trop en rupture avec les formes traditionnelles, serait donc, à tort, la performance.


Jeanne Guye (modératrice), Nicole Seiler et Sandrine Kuster. - © Séverine Chave
Mais alors comment définir les créations réellement performancielles, de celles qui sont intrinsèquement performance ? « Pour moi, la performance est ce qui met le plus en scène le temps qui passe », résume Sandrine Kuster. « La performance ose le rapport au direct, donne à voir la production de l’œuvre devant nous. »

Sa spécificité ? C’est l’art le plus prompt à parler de lui-même, dans une « remise en scène continuelle de sa propre forme ». Empruntant à tous les domaines, ne possédant pas de forme définie, la performance a ponctué l’histoire de l’art : le Body Art, le reenactment, les happenings en sont des manifestations régulières.

Une question de lieu

Autre caractéristique de la performance : elle n’a pas lieu dans un espace défini. Le choix du lieu s’impose alors comme un élément fondamental, puisqu’il pose en même temps la question des spectateurs, parfois non volontaires si la performance prend place dans un espace public. « Les artistes performers n’ont jamais de fiche technique, sourit Sandrine Kuster. Les techniciens d’ici sont habitués à ne rien savoir jusqu’au dernier moment. C’est la liberté propre à cette discipline, qui compose beaucoup avec le lieu. »

Pour sa part, Marie-Caroline Hominal affirme ne jamais se sentir vraiment à sa place sur les planches : « Les théâtres ne sont pas adaptés à ce que je fais. Du coup, je préfère souvent les espaces plus familiers, comme les loges, ou alors je place le public sur scène. »

De son côté, Darren Roshier avoue considérer le performer comme « danseur ou comédien raté, bien obligé de devoir s’adapter au contexte par manque technique ».


Des visions bien diverses auront traversé le foyer de l’Arsenic en cet après-midi de mars. En définitive, comme l’a si bien résumé notre modératrice Jeanne Guye, « on est d’accord pour dire qu’on ne peut pas se mettre d’accord sur une définition ? »

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