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Scandinavie: un éden pour étudiants
Basé sur une politique d’égalité d’accès et grand prodigue de bourses d’études, le système scandinave d’éducation supérieure fait saliver. Petit crochet par la Finlande pour un tour d’horizon nordique.


Un mot d’ordre en Scandinavie: l’égalité. Dans leur volonté de donner les mêmes chances à chaque jeune de pouvoir effectuer des études sans être limité par l’aspect financier, les Etats nordiques offrent des bourses à tous les universitaires. Ce qui semble les encourager, puisque selon le rapport 2009 de l’OCDE sur la formation supérieure en Finlande, 40% des 23-34 ans avaient un niveau d’éducation tertiaire, alors que ce taux était de 27% en Suisse la même année.

Un Etat-providence généreux
Nous sommes à l’Université de Turku, Finlande. Kristiina y est étudiante en deuxième année de droit. La jeune femme de 21 ans se voit dans l’obligation matérielle de vivre dans cette ville du sud-ouest de la Finlande, puisque sa commune natale se trouve à plus de 200 kilomètres au nord. Depuis qu’elle a quitté le foyer parental, elle reçoit 300 euros pour financer ses études, ainsi que 200 euros afin de couvrir ses frais de logement. En Finlande, ces sommes sont octroyées à tous les étudiants, mais la part d’argent dédiée au logement est restreinte ou annulée si l’étudiant habite chez ses parents. De même, plus l’étudiant gagne sa vie confortablement, moins les allocations d’études versées sont importantes.

Bien qu’ils ne payent pas de taxes universitaires, les élèves doivent cependant s’acquitter d’une participation de 90 euros pour être membres de l’association des étudiants de l’université. Cette association, qui propose notamment un service de contrôle santé, est obligatoire pour tous les étudiants. «Il y a beaucoup de discussions à ce sujet, explique Kristiina. Les gens préféreraient abolir l’obligation de payer cette taxe. En Finlande, nous privilégions le fait que tout le monde puisse étudier sans devoir payer. L’école ne coûte pas, le gymnase non plus, c’est pourquoi nous pensons que l’université devrait se trouver dans cette continuité d’éducation pour tous.» Les étudiants finlandais sont donc largement soutenus par l’Etat. Mais s’ils désirent éviter la colocation ou le minuscule studio, il leur est difficile de subvenir à leurs besoins avec ces seules aides financières. Il existe alors un système de prêt de 400 euros par mois, que l’Etat finlandais garantit. Les étudiants rechignent toutefois à utiliser cette solution et préfèrent travailler à côté de leurs études afin d’éviter l’endettement.

Finances et compétence
La configuration géographique de la Scandinavie, avec ses grandes étendues comportant une faible densité de population, pousse les universitaires, souvent très éloignés de leur lieu d’étude, à quitter la maison familiale lors de leur formation supérieure. Tenant compte de cette spécificité, les bourses d’études donnent la possibilité aux étudiants d’être presque immédiatement autonomes. C’est le cas pour Kristiina. «Je finance ma vie avec l’argent que je reçois de l’Etat et que j’ai gagné en travaillant pendant l’été. Les étudiants sont peut-être plus indépendants ici qu’en Suisse, ou en tout cas plus affranchis de leurs parents.» La question financière ne se pose donc pas pour tout jeune désirant partir étudier loin du foyer familial.


L'Université de Turku, au sud de la Finlande.


Bien que l’idéologie de l’égalité financière prime en Finlande, la compétence est un critère central de sélection. Le pays possède un système décentralisé d’admission à l’université. Chaque faculté décide des modalités de sélection des étudiants, avec cependant l’application invariable d’un numerus clausus. Cette particularité prend sa source dans le rôle capital que tient la demande du marché du travail dans les subventions accordées à l’éducation supérieure en Finlande. L’Etat anticipe en effet les besoins du marché du travail et met à disposition les places estudiantines nécessaires pour combler cette demande. Ainsi, la quantité d’étudiants par secteur est estimée et régulée par rapport aux besoins du marché du travail, et non par rapport à la demande des élèves. Pour les contribuables, il s’agit d’une assurance que leurs impôts seront investis dans des secteurs économiquement nécessaires et productifs.

La Finlande compte donc avec un numerus clausus, qui oblige les étudiants à prouver leurs capacités à réussir leur cursus avant même de l’avoir entamé. Dans la plupart des cas, ils prennent part à un examen d’entrée, pour lequel ils travaillent sur des livres imposés. Pour entrer dans les facultés les plus demandées, telles que le droit et le commerce, certains aspirants participent à des cours privés. Afin de mettre toutes les chances de son côté, Kristiina a opté pour cette option et a pris part à un cours organisé par d’autres étudiants en droit, d’une durée de 6 semaines et d’un montant de 700 euros. Des cours sont également organisés par des entreprises, mais ceux-ci sont beaucoup plus chers, et il n’existe pas de cours publics.

Egalité ? Gratuité ? Qualité ?
Certaines questions se posent alors concernant cette propension à l’égalité. Un système basé sur la compétence, oui. Mais peut-on parler d’égalité des chances lorsque l’on ne dispense pas de cours préparatoire public, et que les étudiants en viennent à devoir financer eux-mêmes leur entrée, laborieuse, dans le système universitaire? De même, la gratuité des universités paraît tout à fait relative, puisque c’est à travers une imposition conséquente que sont financées les politiques sociales et d’éducation scandinaves. Quant au financement public, permet-il une bonne qualité d’enseignement supérieur? A titre d’exemple, les différents classements des universités mondiales en 2014 (http://www.universityrankings.ch/fr/) placent l’Université de Turku invariablement loin derrière l’Université de Lausanne. Cependant, ces hiérarchisations sont à prendre avec précaution, puisque les critères sur lesquelles elles se basent sont divers et parfois obscurs. Quel bilan tirer alors du fonctionnement de ce système ? On le constate, certaines imperfections subsistent encore dans cet Etat-providence, si généreux soit-il. Quoi qu’il en soit, pour Kristiina et pour beaucoup d’autres jeunes, la Finlande reste un paradis pour étudiants.

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