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Capes et Collants : Superhero Rises
Omniprésents dans tous les médias, les superhéros font aujourd’hui partie de notre quotidien. Par chez nous, ils investissent même musée (nous vous en parlons dans le dernier numéro) et université, à travers deux événements visant à nous rappeler d’où viennent ces figures et ce qu’elles signifient pour nous. A cette occasion, L’auditoire se penche également sur la question, revenant aux sources des héros de comics et interrogeant leur avenir.

« Un superhéros des années 30 peut-il survivre dans une Amérique post-Watergate ? », demandait à son public Christopher Reeves à la sortie du film Superman en 1978. De fait, les différents bouleversements survenus dans la société américaine à partir des 70’s poseront la question de la pérennité des figures de comics.


Le Punisher
Voir le monde brûler

Le milieu des années 1970 est marqué par une augmentation alarmante de la criminalité aux Etats-Unis, particulièrement à New York. En découle un sentiment d’insécurité général qui touchera irrémédiablement les comics.

Chez les superhéros, cela s’illustrera d’un côté par des choix narratifs particulièrement durs (telle la mort brutale de la copine de Spiderman, Gwen Stacy), et de l’autre par l’apparition d’antihéros violents (tel le Punisher, pendant « super » des vigilantes cinématographiques incarnés par Clint Eastwood et Charles Bronson et créés en réaction à l’apparent laxisme des forces de l’ordre).

L’affaire du Watergate accélèrera d’autant plus cette perte d’innocence : alors qu’il avait été ressuscité comme soutien moral suite à l’assassinat de Kennedy, Captain America, déçu par son gouvernement, change de costume et part rétablir la justice ailleurs.

The Dark Knight Returns

Tomber pour mieux se relever

Figures statiques depuis de nombreuses années, les superhéros évoluent enfin. Mais tandis que les comics murissent, les ventes sont une nouvelle fois en chute libre. Elles commenceront leur remontée à la fin de la décennie suivante, grâce à une série d’œuvres proprement révolutionnaires dans leur approche du comic. Cette fois-ci, le mérite revient principalement à DC et surtout à deux hommes : Frank Miller et Alan Moore.

Tandis que le futur créateur de Sin City nous balance à la suite les deux meilleurs récits sur Batman (The Dark Knight Returns et Year One, explorant respectivement la fin et le début de la carrière du Chevalier Noir), l’auteur de V pour Vendetta ajoute sa pierre à l’édifice en décryptant le personnage du Joker dans le génial The Killing Joke, mais surtout en livrant au monde du comic book sa Bible : le métatextuel Watchmen. Ces quatre récits amorcent ainsi une nouvelle mutation des superhéros en les plaçant dans un univers beaucoup plus adulte et particulièrement sombre, propice à de nombreuses remises en question et moult doutes identitaires : c’est l’ère grim and gritty.


Les années suivantes seront l’occasion de brutaliser les grandes figures pour mieux les régénérer : Batman perd Robin (Un Deuil dans la Famille) avant de se faire briser la colonne vertébrale (Knightfall) et Superman est carrément tué (La Mort de Superman). En ébranlant les bases établies, voire en les effaçant complètement (c’est à cette époque qu’apparaissent les nombreuses nouvelles chronologies et réalités alternatives), les maisons d’édition parviennent à renouer avec le succès.

C’est l’occasion pour bon nombre de nouveaux éditeurs d’investir le marché avec des franchises de leur cru, dont certaines parviennent très vite à faire de l’ombre aux meilleures licences Marvel et DC : c’est le cas de Dark Horse Comics, qui deviendra la troisième maison d’édition la plus importante des Etats-Unis grâce aux succès de Sin City et Hellboy.

Jim Carrey et Tommy Lee Jones dans Batman Forever : défense de rire

De la case à l’écran

Parallèlement, les superhéros commencent à percer au cinéma. Si le Superman de Richard Donner connait une immense réussite critique et commerciale en 1978, il faudra attendre le Batman de Tim Burton onze ans plus tard pour que l’exploit soit réitéré. Les adaptations se multiplient dès les années 1990, mais la sauce peine encore à prendre : pour un outsider méritant le coup d’œil (l’excellent Darkman de Sam Raimi), il faut compter quantité de séries B torchées à l’arrache (le Captain America d’Albert Pyun et Les Quatre Fantastiques d’Oley Sassone) ou même de gros films de studio tout simplement navrants (Spawn et les Batman de Schumacher, ces derniers pervertissant l’univers de Burton en un délire fluo crypto-gay crétinoïde et laid comme pas deux).

Ainsi, jusqu’à la fin de cette dernière décennie 1900, c’est encore la télévision qui détient le plus de réussites, notamment dans ses séries d’animation : citons, entre autres, les très bonnes adaptations animées de Batman ou Spider-Man, mais également des programmes originaux, comme les Super Nanas (si si, on insiste !).


C’est véritablement à l’aube du XXIe siècle, avec le très bon accueil réservé au premier X-Men, que les superhéros explosent sur grand écran, avant que le retour en force de Marvel et le succès démesuré d’Avengers (1,5 milliards de dollars de recettes !) ne les y installe définitivement.

Ces dernières années ont vu apparaitre de nombreuses belles réussites parvenant à véritablement transcender la figure qu’elles adaptent. Parmi elles, les Spider-Man de Sam Raimi, les deux premiers Batman de Christopher Nolan (qui s’appuient grandement sur les travaux de Miller et Moore), les Hellboy de Guillermo del Toro, ou même Les Indestructibles de Brad Bird (qui fait explicitement référence à Watchmen). Néanmoins, la majorité des productions récentes semble hélas s’engouffrer dans des partis pris nuisibles (comme nous l’évoquions récemment). Des tendances générales assez symptomatiques de la perception contemporaine de la culture populaire.


Devenir plus qu’un homme

Aujourd’hui, à l’ère du cynisme triomphant, lorsqu’il s’agit de parler de superhéros, il semble falloir constamment le faire à travers le prisme du rationalisme, ou tout du moins de la distance critique. Malgré l’omniprésence de la culture geek, elle n’est toujours pas assumée en tant que telle : on ose difficilement plonger corps et âmes dans l’univers des comics, il faut obligatoirement garder une certaine retenue cartésienne, soit en épurant au maximum l’imaginaire (DC, c’est pour toi !), soit en s’en dédouanant à grand renfort d’humour désacralisant (Marvel, on ne t’oublie pas non plus !).

Ainsi, même les discours défendant ces figures mythologiques préfèrent axer leur argumentaire sur l’intérêt de leur part humaine (le futur cours à l’Unil semble d’ailleurs suivre cette idée). Evidemment, nous nous identifions aux superhéros parce que leurs épreuves résonnent avec notre propre condition. C’est ce qui les a fait traverser les âges et revenir à chaque période trouble (Grande Dépression, Seconde Guerre mondiale, peur du nucléaire puis du terrorisme). Mais s’ils sont d’aussi fidèles soutiens moraux, s’ils galvanisent tant les foules, c’est aussi pour autre chose : la puissance évocatrice de la couverture du premier Superman n’est pas le fait d’un sentiment d’humanité, mais précisément de « surhumanité ».


Le badaud de 1938 n’a pas acheté ce numéro d’Action Comics parce que la couverture illustrait avec justesse ses propres tourments, mais parce qu’on y voyait un type en slip encapé qui soulève une voiture à bout de bras ! Malgré l’importance capitale de l’identification psychologique aux superhéros, ce serait oublier ce qu’ils sont que de négliger les émotions naissant à la vision de leur puissance physique.

Qu’en est-il du plaisir primal, probablement vain, mais terriblement galvanisant de voir un mec en costume foutre un gnon à Hitler ? Qu’en est-il de la jouissance absolue que peut procurer une simple onomatopée ? L’imaginaire pur est aussi ce qui fait des superhéros ce qu’ils sont.


Forever

Malgré tout, ces figures ont aujourd’hui accompli leur conquête culturelle et ne semblent pas prêtes de s’éteindre, investissant tous les médias et y trouvant une seconde jeunesse à chaque nouvelle itération. Après les séries TV avec Heroes, c’est au tour du jeu vidéo à travers la géniale franchise Batman : Arkham de prolonger leur héritage. Adaptés sur tous les supports imaginables, les comics restent quant à eux toujours aussi foisonnants après plus de septante ans d’existence (on va encore parler de l’Homme Chauve-souris, mais le cycle qu’est actuellement en train de réaliser Grant Morrison est proprement hallucinant).

Et encore, nous nous sommes ici principalement attardés sur les productions américaines, mais les superhéros se sont répandus au point d’exister dans toutes les langues, avec de nombreuses belles réussites sur chaque continent. A vous de les découvrir…

Une chose est certaine, capes et collants sont faits pour être éternels. Il ne tient qu’à nous de les faire vivre.


La partie précédente de ce dossier capes et collants est disponible ici.

Et si ces articles vous ont donné envie d'aller plus loin dans la découverte des comics des origines, nous vous recommandons l'excellent documentaire Super-Héros, l'éternel combat, qui a grandement inspiré ces papiers, ainsi que ce site, qui met à disposition gratuitement plus de 15 000 numéros de l'Age d'Or.

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