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Capes et Collants : Superhero Returns
Omniprésents dans tous les médias, les superhéros font aujourd’hui partie de notre quotidien. Par chez nous, ils investissent même musée (nous vous en parlons dans le dernier numéro) et université, à travers deux événements visant à nous rappeler d’où viennent ces figures et ce qu’elles signifient pour nous. A cette occasion, L’auditoire se penche également sur la question, revenant aux sources des héros de comics et interrogeant leur avenir.

« A la fin des 60’s, il y avait les trois « B » : Beatles, Bond et Batman ! » clame fièrement Adam West, légendaire incarnation de l’Homme Chauve-souris dans la fameuse série TV lui étant consacrée. De fait, la seconde moitié du XXe siècle voit les superhéros s’inscrire définitivement dans la culture populaire.


La naissance de Spider-Man
Regain d’énergie

Début 1960, après une période de creux de presque dix ans, les comics retrouvent enfin leur public. Paradoxalement, ils doivent ce second souffle à la même censure qui leur avait causé tant de tort : forcés de ruser pour contourner le Comics Code, les auteurs font progressivement évoluer leur matériau vers quelque chose de plus subtil et de plus travaillé. Une évolution qui marque également le retour en force de Marvel, qui prend peu à peu l’avantage sur DC.

Grâce à la plume avisée de Stan Lee, la maison d’édition apporte une dimension supplémentaire aux superhéros et les fait entrer de plein pied dans l’époque contemporaine. Ainsi, les nouvelles figurent qu’elle crée trouvent leur origine superhéroïque dans les paranoïas propres à la Guerre Froide et à l’ère atomique (Les 4 Fantastiques), tandis que leur face humaine est profondément ancrée dans le quotidien américain et les problématiques sociétales qui s’y rattachent (Spider-Man).


Les ventes de comics remontent enfin et leur influence continue de s’étendre, puisqu’ils investissent le mouvement du Pop Art en apparaissant successivement dans les travaux d’Andy Warhol et de Roy Liechtenstein, qui rendent tous deux hommage aux lectures de leur enfance.

Dès 1966, le succès télévisuel des superhéros s’élargit également grâce à la mythique adaptation de Batman avec Adam West. Approche déjantée, visuel kitschissime, humour idiot, la série ose tout et pousse à l’extrême sa déférence au style originel du comic. Certes, l’œil contemporain a tendance à y voir une désacralisation totale du Chevalier Noir. Il est vrai que la vue d’un Batman payant le parcmètre pour garer sa Batmobile a de quoi déconcerter. Néanmoins, le décalage y est pleinement assumé et contribue au contraire à faire pénétrer plus intensément le héros dans la culture pop en exacerbant les sensations primaires liées aux comics (au contraire des films de Schumacher, mais nous y reviendrons).


La lecture "labyrinthique" de Jim Steranko
Fortes de ces différentes victoires, les maisons d’édition cherchent à attirer un public toujours plus âgé en invitant dans leurs cases d’autres formes d’art en vogue à l’époque. Ainsi, chez Marvel, le dessinateur Jim Steranko se fera particulièrement remarquer en inventant de nouvelles techniques narratives inspirées de l’expressionisme, de l’art psychédélique ou même de la musique moderne. Ces expérimentations visuelles attirent alors l’attention de plusieurs jeunes artistes étudiants aux Beaux-Arts qui commencent à considérer les comics comme une véritable forme de création artistique.

A grands pouvoirs, grandes responsabilités

A la fin des années 1960, les superhéros sont définitivement implantés dans la culture américaine. Les comics suivent dès lors les différents mouvements de cette dernière : en cette fin de décennie marquée par le Summer of Love et les différentes actions du Mouvement des Droits Civiques, Marvel prend conscience que ses représentations de la société américaine manquent de diversité ethnique.



Apparaissent alors des figurants noirs dans les scènes de rue, avant que les superhéros eux-mêmes ne s’africanisent : Stan Lee et Jack Kirby créent La Panthère Noire, premier superhéros de couleur, qui sera suivi la décennie suivante par Luke Cage, sorte de Shaft superhéroïque, Marvel surfant alors sur la vague de la Blaxploitation.

C’est également à partir de 1970 que DC suit le mouvement : dans une case, on accuse Green Lantern d’avoir sauvé « les Peaux-Bleues, Oranges et Violettes, mais jamais les Peaux-Noires », tandis que dans une autre Lois Lane, transformée en Afro-américaine pendant 24h, vit un éprouvant récit façon Black Like Me.

Puissant outil de communication, les comics seront ainsi le terreau de nombreuses revendications et campagnes en tout genre : on trouvera, entre autres, une série de superhéroïnes prônant le girl power ou, plus tard, un Véga faisant son coming-out entre deux onomatopées.

Néanmoins, la détermination des maisons d’édition à s’attaquer aux problèmes sociétaux reste toujours fréquemment cadenassée par le rigide Comics Code, qui interdit la représentation trop prononcée de la violence, de même que toute référence directe au sexe ou à la drogue. Comme souvent, c’est ce bon vieux Stan Lee qui va régler le problème…

Un matin de l’année 1971, l’éditeur en chef de Marvel reçoit une lettre du département de l’éducation et des services sociaux de Washington (le Department of Health) lui expliquant que, étant donné l’influence prégnante de Spider-Man chez les jeunes, il serait tout à fait souhaitable qu’il mette dans la bouche de son personnage des messages de prévention, en commençant par les dangers de la drogue. Peu enclin à donner des leçons à son lectorat, Lee accepte tout de même mais préfère, plutôt que d’asséner un discours frontalement, intégrer directement l’élément dans son scénario.


Ainsi, il écrit une histoire dans laquelle l’Homme-Araignée se retrouve à devoir sauver un jeune sous l’emprise de substances illicites titubant sur un toit. Le récit est refusé par la Comics Code Authority, mais Lee décide de le publier malgré tout. Non seulement Marvel n’aura finalement aucun blâme, mais surtout, la maison d’édition recevra immédiatement quantité de lettres de parents la remerciant pour son engagement éducatif. L’événement motive donc une nouvelle réunion du comité de censure, à l’issue de laquelle le Comics Code est réécrit et nettement allégé. Dans les décennies qui suivront, les maisons d’édition s’écarteront de plus en plus du contrôle de la Comics Code Authority, instaurant peu à peu leur propre système de classification interne, avant que l’organe ne disparaisse définitivement au début du XXIe siècle.

Le début des années 1970 marque donc une grande victoire pour les superhéros. Mais leurs aventures sont loin d’être terminées, car des heures sombres s’annoncent au loin…


La première partie de ce dossier capes et collants est ici, la troisième et dernière par-là.

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