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Capes et Collants : Superhero Begins
Omniprésents dans tous les médias, les superhéros font aujourd’hui partie de notre quotidien. Par chez nous, ils investissent même musée (nous vous en parlons dans le dernier numéro) et université, à travers deux événements visant à nous rappeler d’où viennent ces figures et ce qu’elles signifient pour nous. A cette occasion, L’auditoire se penche également sur la question, revenant aux sources des héros de comics et interrogeant leur avenir.


« Les comics, c’est comme le jazz : c’est une forme d’art américain. » Ainsi Stan Lee décrit-il son milieu de création. De fait, l’apparition des superhéros dans les cases de BD il y a plus de septante ans découle de tout un héritage culturel et d’une somme d’influences diverses synthétisés en une figure.

Au commencement était l’onomatopée

Crées au début des années 1930, les comic books mettent très tôt en scène des héros bigger than life s’embarquant dans des aventures incroyables. C’est la période des Dick Tracy, Doc Savage, John Carter, Tarzan et autres personnages nés dans les pulp fictions. Alors en pleine Grande Dépression, les Etats-Unis souffrent et la jeunesse américaine est en proie au doute, en manque de repères et de modèles auxquels se raccrocher. Elle se tourne alors vers cette nouvelle forme de culture pop, qu’elle peut obtenir pour dix cents et qui l’entraine hors de la grisaille de son quotidien.

En 1938, deux petits juifs souffre-douleurs de leur quartier lui fourniront le symbole d’espoir qu’il lui fallait. L’écrivain Jerry Siegel, hanté par le meurtre de son père durant un cambriolage, rêve chaque nuit d’un personnage surhumain, à mi-chemin entre Hercules, Samson et d’autres figures mythologiques. Il fait part de ses songes à son ami dessinateur Joe Shuster, passionné de culturisme, d’acrobatie et des costumes qui vont avec.

De l’union de leurs visions respectives naitra le premier superhéros de l’Histoire. Au mois de juin, les pages du tout jeune magazine Action Comics accueillent ainsi, non pas un oiseau, ni un avion, mais Superman ! Figure de vérité et de justice, le personnage se pose en parfait modèle américain, incarnant les valeurs auxquelles aspire tout bon citoyen ; le symbole d’espoir qui manquait justement à ce dernier.


Le succès de l’Homme d’Acier conduit très vite à la création d’autres superhéros. Au printemps 1939, tandis que l’Europe est sur le point de s’engouffrer dans le conflit, l’éditeur DC Comics, déjà propriétaire de Superman, propose le négatif du Kryptonien avec un personnage sombre et violent, inspiré du pulp hero nommé The Shadow. Il s’agit bien entendu de Batman. A sa suite apparaitront Flash, Green Lantern et Wonder Woman.

Mais DC ne restera pas bien longtemps seule sur le marché et sera très vite suivie par ses nombreux concurrents. Ainsi, fin 1939, on compte sept principales maisons d’édition publiant au total une cinquantaine de titres différents. Un an plus tard, elles sont une vingtaine et sortent plus de cent-cinquante titres, dont la plupart sont consacrées à un superhéros.

Dans la vague déferlante de nouvelles figures, si l’on trouve quantité de copies à peine masquées des premiers arrivants de chez DC, d’ersatz appauvris et de franchises peu inspirées et aujourd’hui tombées dans l’oubli le plus total, un éditeur se démarque par ses personnages intrigants et moralement ambigus : Timely Comics, future Marvel.

C’est au sein de cette maison que débutera le jeune Stanley Martin Lieber, qui décide de se lancer temporairement dans la BD en attendant de pouvoir réaliser son rêve et devenir écrivain. Ne souhaitant pas que l’association de son nom à ce milieu peu respecté à l’époque ne nuise à ses futurs grands romans, il prend un pseudonyme, qu’il gardera finalement tout au long de sa longue carrière chez Marvel : Stan Lee.


Un produit dérivé emblématique : le Krypto Raygun


Du divertissement enfantin au symbole fédérateur

Au début des années 1940, le lectorat de comics est majoritairement jeune, comprenant 90% des garçons de 7 à 17 ans et 80% des filles du même âge. Du côté des superhéros, on s’adapte donc à cette clientèle en introduisant dans le récit une figure à laquelle elle peut s’identifier : le sidekick, compagnon du justicier, souvent plus jeune et plus fragile. DC ouvre le bal avec Robin, d’autres suivront.

Mais il y a encore un autre moyen de capitaliser sur ce jeune public : investir son quotidien par toutes les portes possibles. C’est le début des produits dérivés : à travers vêtements, jouets, nourriture et surtout émissions radio, les superhéros quittent leurs planches et commencent à s’étendre. Si l’on pourra discuter du rôle des paquets de céréales Superman dans la pérennité du héros éponyme, la transposition de ces figures sur les ondes a indéniablement participé au développement de leur mythologie (dans le cas du Kryptonien, c’est sur ce médium qu’est créé le personnage de Jimmy Olsen).

Les superhéros creusant gentiment leur trou dans l’inconscient collectif, ils ne tarderont pas à être récupérés à des fins idéologiques. Ainsi, pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’inquiétude affichée du gouvernement américain quant à la présence d’espions nazis infiltrés sur son sol, alliée à la forte proportion juive dans les auteurs de comics, mène ces derniers à rejoindre l’élan patriotique culturel. Oncle Sam des temps modernes, Captain America est créé en 1941 par Joe Simon et Jack Kirby. Luttant contre les saboteurs et sympathisants nazis de l’intérieur, il marquera les esprits à travers l’image iconique au possible de sa première couverture sur laquelle on le voit étendre Hitler d’un crochet du droit.


Au moment de l’entrée en guerre des Etats-Unis, tous les éditeurs placent leurs superhéros dans le conflit. Ces deniers rejoignent alors le front dans la fiction comme dans la réalité, puisque 25% des magazines expédiés aux soldats américains se trouvent être des comics. Si, comme souvent dans les mobilisations patriotiques de la culture, les représentations n’échappent pas aux caricatures racistes, l’affirmation de l’identité nationale à travers ces figures surhumaines n’en aura pas moins un réel impact sur l’effort de guerre, assoyant dans le même temps un peu plus l’importance de ces récits dans la culture américaine.

Brûlez vos idoles

Après-guerre, les comics doivent néanmoins faire face à une baisse de popularité : au sortir du conflit, son public réclame des récits plus « adultes ». Mais tandis que les maisons d’édition s’exécutent et se tournent progressivement vers des histoires de crime et d’horreur, arrivent les années McCarthy et les chasses aux sorcières en tout genre.

Fredric Wertham, un psychiatre qui a fait des comics sa bête noire, écrit en 1954 un livre intitulé Seduction of the Innocent, dans lequel il accuse vertement ces magazines d’inciter les enfants à la violence et à la « sexualité déviante ». Histoire d’en rajouter, il entend aussi démontrer que Superman, par sa « supériorité raciale », n’est rien d’autre qu’une icône nazie (un comble quand on sait que ses créateurs, comme la majorité du milieu, sont juifs !).


L’ouvrage fera grand bruit : les parents paniquent, églises prônent le boycott des comics, et certaines écoles vont même jusqu’à organiser des autodafés en public. Finalement, à l’issue d’une étude menée par une commission d’enquête du sénat, la Comics Magazine Association of America, un groupe rassemblant les principales maisons d’édition en exercice, se voit contrainte de créer la Comics Code Authority, qui sera chargée de censure en faisant appliquer les strictes règles du Comics Code écrit pour l’occasion.

C’est là un grand coup porté aux superhéros : aseptisés, nombre d’entre eux disparaitront en même temps que leur maison d’édition respective, tandis que les survivants se verront vidés de leur substance première. Le matériau original perdant de son intérêt, les fans se reportent alors sur un nouveau genre de produit dérivé issu d’un tout jeune média : les adaptations télévisuelles. Grâce à ces dernières, Superman et consorts, redevenant indéfectiblement bons, regagnent peu à peu la confiance des enfants.

Malgré cette revanche sur petit écran, il faudra encore quelques années au matériau d’origine pour retrouver véritablement son public.

La suite prochainement dans la seconde partie de ce dossier capes et collants, c'est ici.

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