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Politique / Société
No Billag menace aussi le journalisme estudiantin
Editorial. Une suppression de la redevance radio-télévision ne menacerait pas uniquement la Société suisse de radiodiffusion et de télévision (SSR). Elle donnerait également un signal très négatif à toutes celles et ceux qui hésiteraient à s’investir bénévolement dans le journalisme estudiantin.

Chaque numéro nécessite de centaines d'heures de travail bénévoles

L’initiative No Billag occupe depuis quelques mois le devant de la scène du débat politique suisse. Et pour cause: radicale dans son énoncé, elle vise à supprimer tout financement public des médias. Actuellement, chaque ménage suisse paie une redevance annuelle de 451 francs (qui passera à 365 francs en 2019) servant à financer en grande partie les télévisions nationales, mais aussi des radios locales et des télévisions régionales. Le comité d’initiative souhaiterait supprimer cette redevance pour libéraliser totalement le marché de l’information sous un modèle où chacun paye en fonction de ce qu’il consomme.

Un effet multiplicateur

Les initiants soutiennent que cette initiative ne sonnerait pas la fin de la SSR (composée de la RTS, de la SSR et de la RSI), mais uniquement une réforme de celle-ci, jugée trop coûteuse et pas assez indépendante de l’Etat. S’il est difficile de dire si oui ou non la SSR survivrait en cas d’acquiescement du peuple le 4 mars prochain, il est néanmoins certain qu’un nombre très important de ses programmes s’éteindrait, ne pouvant pas se financer auprès du libre marché. Les principaux domaines menacés seraient la culture, le sport et les informations des régions périphériques. C’est principalement sur ce point que s’appuient les opposants au texte de loi: la redevance radio-TV représente certes une charge élevée pour les ménages suisses, mais elle permet de stimuler par un effet multiplicateur des secteurs indispensables au bon fonctionnement de la démocratie helvétique. Le journalisme estudiantin en fait partie et serait lui aussi impacté à son échelle.

Des milliers d’heures de travail
Les frais engendrés par L’auditoire, journal gratuit et sans publicité, sont certes entièrement couverts par la Fédération des associations des étudiant-e-s (FAE), et une suppression de la redevance ne signifierait pas la fin du journal des étudiants de Lausanne. Mais s’il est possible pour la FAE de financer les six numéros qui paraissent par année, c’est uniquement parce que la rédaction est entièrement bénévole. L’auditoire, c’est chaque année 160 pages qu’il s’agit d’écrire, corriger, relire et mettre en page. 160 pages d’articles de fond, avec des informations recoupées et souvent agrémentées d’intervenants. Cela représente des milliers d’heures de travail réparties entre les divers membres de la rédaction. Chacun et chacune le fait pour des raisons différentes, mais il en est une qui pousse peut-être un peu plus que les autres à accepter les nombreuses concessions que l’on fait sur ses études et sa vie sociale: L’auditoire offre une solide formation dans le monde des médias.

Existant depuis 1983, le journal des étudiants est en effet reconnu par ses grands frères et constitue une belle rampe de lancement dans le métier. Bon nombre de ses alumni sont employés par la RTS ou par d’autres médias dépendant directement de la redevance radio-télévision. Or, si cette dernière venait à disparaître, il ne fait nul doute que le métier de journaliste deviendrait encore plus précaire. Le marché de l’emploi se trouverait totalement saturé avec d’innombrables journalistes expérimentés se trouvant subitement au chômage. Dès lors, on peut légitimement se demander combien d’étudiants trouveront encore la force de continuer à jongler entre leurs études et le journal pour se former dans une profession où la concurrence serait subitement devenue infernale.

Un besoin continuel d’effectif
L’auditoire ne se limite par ailleurs pas à sa version papier. Il y a évidemment son site web qui permet de publier des articles dont le format ou le sujet ne s’accordent pas bien avec la version imprimée. On peut notamment citer les nombreuses critiques théâtrales ou cinématographiques qui permettent de mettre en avant la vie culturelle de la région. Le Prix littéraire de la Sorge et le concours photographique de la Chamberonne, organisés chaque année, sont également des rendez-vous stimulant l’activité créatrice de la communauté académique. Des workshops sont aussi mis sur pied pour parfaire la formation des membres de la rédaction, ateliers souvent animés par des professionnels des médias qui sortent de la logique marchande pour consacrer gratuitement une partie de leur temps à la relève. Toutes ces activités nécessitent des personnes prêtes à s’investir sans compter.

Entre Fréquence Banane, le HEConomist, NUL et L’auditoire, le campus lausannois regorge de jeunes qui se donnent corps et âme pour fournir une information gratuite et de qualité à l’ensemble de la communauté académique. Néanmoins, ces médias doivent faire face au même défi: renouveler continuellement leur rédaction, les quatre vivant au rythme des études de leurs membres. Un oui à No Billag donnerait un signal très négatif à toutes celles et ceux qui hésiteraient à se lancer dans le journalisme estudiantin. Faute de débouchés, le réservoir de journalistes en herbe risquerait ainsi de se réduire considérablement, affaiblissant de la sorte les différentes rédactions qui verraient leur renouvellement menacé sur le long terme, et qui, par manque d’effectif, seraient inévitablement poussées à réduire la diversité des activités qu’elles proposent.

Vocations menacées
Cela d’autant plus qu’un marché des médias entièrement libéralisé ne permettrait plus la diversité d’informations qu’il est aujourd’hui possible d’avoir en Suisse. Les journalistes seraient soumis aux lois de la demande et se verraient contraints de faire des chiffres, laissant la part belle au sensationnalisme et à la presse boulevard au détriment notamment des rubriques culturelles et locales. Les sujets fouillés se feraient par ailleurs de plus en plus rares, demandant plus d’argent que ce qu’ils pourraient rapporter. Ainsi, le travail de journaliste s'appauvrirait et perdrait sa fonction primordiale qui est de proposer un contenu amenant à réfléchir, s’interroger, découvrir, et confronter des opinions. Difficile dans ces conditions maintenir la flamme qui habite les jeunes s'investissant dans les rédactions estudiantines, la majorité de ceux-ci n’ayant pas pour vocation de finir dans des médias cherchant à flatter l’opinion publique ou à répandre les conviction de leur riche propriétaire.

La taille de la SSR peut impressionner, et certains de ses programmes ne plaisent pas forcément à tout le monde. Mais, derrière cette machinerie complexe se cache une multitude d’acteurs qui font la richesse de la Suisse et qui bénéficient directement ou non de la redevance. Les artistes et les sportifs ont déjà fait part de leur inquiétude. L’auditoire le fait aujourd’hui.

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