X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Politique / Société
Sonita, petite fille afghane

Sonita, le reportage de Rockhsareh Ghaem Maghami, est actuellement dans les salles. Petit retour sur l’histoire de cette jeune fille et sur les enjeux que ce film met en avant.

Un flyer tendu à la sortie d’une conférence, plié en deux, fourré dans un sac, redécouvert quelques jours plus tard. Sonita, le film de la réalisatrice iranienne Rockhsareh Ghaem Maghami, doublement récompensé à l’édition 2016 du Sundance Film Festival, une projection en association avec Amnesty International à la Maison de Quartier Sous-Gare dans le cadre du FIFDH, le 17 mars. Le film raconte l’histoire de Sonita Alizadeh, une jeune afghane rêvant de devenir rappeuse dans son centre d’accueil pour enfants des rues de la banlieue de Téhéran. De nombreux obstacles se dressent entre la jeune fille et son rêve, le premier d’entre eux venant du sein même de sa famille restée en Afghanistan, qui a pour projet de la marier à un homme qu’elle n’a jamais rencontré pour la somme de 9000 dollars. C’est l’écriture d’un morceau de rap et la réalisation d’un clip qui permettront à Sonita de sortir de son enfer.


Le mariage forcé que ce soit de mineurs ou de jeunes adultes est très fréquent en Afghanistan. D’après l’UNICEF, 15% des enfants sont mariés avant leurs 16 ans et 40% avant d’avoir fêté leur dix-neuvième anniversaire. Comme le film nous l’apprend, les jeunes filles sont souvent échangées contre des sommes importantes qui permettront à la famille de vivre de façon plus aisée ou, dans le cas de Sonita, qui permettront à son frère d’acheter à son tour une femme. La justification de ce comportement est simple, comme le répète à maintes fois la mère de Sonita : « C’est la coutume ». Ce film met non seulement en avant la question du mariage forcé, mais également celles de la liberté d’expression et du statut des immigrés. En effet, comme nous l’a expliqué Manon Schick, directrice d’Amnesty International Suisse, durant la discussion suivant la projection, un aspect souvent négligé de ce documentaire est le statut des immigrés afghans en Iran, plus particulièrement celui des enfants qui sont souvent très appréciés comme main d’œuvre bon marché. Le pourcentage d’enfants travaillant en Iran est estimé par l’UNICEF à 11,4% pour l’année 2012, et il est probable qu’une partie importante de ces enfants soient d’origine afghane. De plus, de nombreux immigrés afghans n’ont, comme Sonita, aucun moyen de prouver leur identité, ils n’ont donc aucune existence officielle. Ces enfants n’ont alors pas la possibilité d’avoir une éducation normale et les travaux qu’ils doivent exécuter ne sont souvent pas adaptés à leur âge et mettent en péril leur santé.
Sonita subit donc une triple discrimination en Iran : premièrement, car elle est une femme, ensuite par sa nationalité afghane et finalement par son choix de carrière qui remet en question non seulement le statut de la femme et la tradition des mariages forcés, mais également les limites du droit d’expression. Elle prend dès lors de nombreux risques dans le combat qu’elle mène pour ses droits, mais Rockhsareh, la réalisatrice du documentaire, prend également le risque d’être arrêtée pour la réalisation d’un tel film. En effet, de nombreux réalisateur ont été condamnés à des peines de prison pour avoir tenté de réaliser des films critiques sur le pays. L’un des plus connu est Jafar Panahi, le réalisateur de Taxi Téhéran, dont la plupart des films ont été interdits en Iran alors qu’ils sont régulièrement primés dans les grands festivals internationaux. On se rappelle son siège de jury vide au Festival de Cannes 2010 alors qu’il était retenu à la prison d’Evin.

Rockhsareh fait en outre le choix difficile de na pas rester observatrice passive de la vie de Sonita, comme le voudrait le genre du documentaire, mais elle décide au contraire de soutenir la jeune fille dans ses démarches, que ce soit mentalement ou financièrement. Ce comportement prouve qu’elle adhère aux idées de Sonita et peut également la mettre en danger.

Ce film, en traitant du mariage forcé, met également en avant une vérité plus générale très souvent oubliée : la majorité des dangers, entre autres ceux qui concernent les violences domestiques, viennent de chez soi. En effet d’après l’Office Fédéral de la Statistique, ces dernières représentent 39,1% de la totalité des violences enregistrées par la police suisse en 2014.

Ce reportage est donc un beau témoignage de la ténacité de cette jeune fille qui fait preuve d’une force de caractère incroyable, mais la plus belle réussite de l’œuvre est de mettre en lumière un grand éventail de problèmes présents en Iran et en Afghanistan, problèmes parfois présent chez nous également.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.