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Politique / Société
Interview de Yann Daout sur le parkour
Le parkour ou art du déplacement (ADD) est une activité physique née au début des années 90 en France ; elle se fait progressivement connaître dès les années 2000 et amène la création de nombreuses associations, dont celle de Parkour Lausanne. Rencontre avec Yann Daout, étudiant en sciences du sport à l'Unil et président de l'association.


Pourrais-tu d'abord présenter l'assoc' et son histoire ?
Au début, il y a maintenant quatre ans, j'ai rejoint des potes qui se réunissaient déjà de manière informelle pour faire du parkour. De cinq personnes au départ, d'autres nous ont progressivement rejoints, ce qui devenait problématique pour organiser les rendez-vous ; ainsi, il y a deux ans, on a décidé de former une association à Lausanne. Nous sommes maintenant presque une quarantaine de membres, dont une dizaine de filles ! La moyenne d'âge est de 17-18 ans. On accueille vraiment tout le monde, de 12 ans à 60 ans ou plus, avec une cotisation à prix libre, bien que recommandée à 50 frs année. La « promotion » se fait par bouche-à-oreille, mais certains jeunes nous rejoignent après nous avoir vu par hasard en train de pratiquer, ou c'est leurs parents qui les en informent. Comme c'est indiqué sur notre site ( www.parkourlausanne.ch), les entraînements ont lieu le lundi et vendredi en ville de Lausanne. Il existe aussi des associations de parkour à Genève et Fribourg.

Au fait, qu’est-ce que c’est le « parkour » et d’où cette pratique vient-elle ?
Le parkour est né en France, en banlieue parisienne (Évry) dans les années 90. Les deux personnages principaux du mouvement sont David Belle et Sébastien Foucan. Un premier film sur les traceurs (personnes pratiquant le parkour), Yamakasi, est sorti en 2001. (;) 3 ans plus tard, David Belle tenait la vedette dans le film Banlieue 13. Ces deux films ont fortement contribué à la médiatisation du parkour, mais les vidéos « amateurs » et youtube ont aussi grandement participé à le faire connaître et à motiver les jeunes. Aussi, le parkour est accessible du fait qu'il ne nécessite aucun matériel, tu peux faire ça en jeans, même si c'est pas l'idéal.


Comment définir cette pratique, c'est un sport, un jeu, un art ?
Un gros mélange de tout ça je dirais. Il est en partie issu du milieu militaire puisque le père de David Belle était soldat et pompier avant de lui transmettre les premiers principes techniques et « idéologiques », qui trouvent leur origine dans la méthode de George Hébert. C'est n'est pas un sport car il n'y a pas de but formel, on se fixe ses propres règles, et on cherche d'abord à développer ses capacités à surmonter des obstacles et à dépasser ses limites. Il n'y a pas non plus de compétition. On peut y voir un lien avec l'art martial dans la mesure où le parkour évoque une harmonie avec l'environnement, la maitrise de soi et de l'énergie. Mais cette « philosophie » est secondaire à l'activité ; si certains y accordent de l'importance, ce n’est vraiment pas central pour moi.

J'ai l'impression, en ayant regardé certaines vidéos, que les adeptes de l'activité sont des casse-cous, est-ce le cas ?
Non, pas vraiment. Il est vrai que les plus jeunes ont parfois moins froid aux yeux, mais je pense que c'est un préjugé erroné. Même si la difficulté est stimulante, le danger est toujours très calculé, et chaque personne adapte son run à son niveau. Personnellement, je ne recherche pas l'adrénaline, au contraire, j'aime être le plus serein possible avant d'affronter un parcours d'obstacles. Cela dit, il y a toujours une part d'inconnu lorsque on s'attaque à des nouveaux obstacles plus difficiles, mais c'est le cas dans tous les sports de ce genre, il y a toujours une part de risques.

Justement, quels sont les risques de blessures ?
Plutôt faibles, tout dépend de sa préparation et de son auto-évaluation. Mais l'avantage, c'est que contrairement à d'autres sports comme le foot ou le rugby, il n'y a pas de risques externes, qui dépendent d'autres personnes, tout dépend de soi. Après, c'est vrai qu'il y a certains dommages collatéraux désagréables si on fait pas gaffe, on peut vite se faire des bleus ou des petites écorchures et coupures. Dans ce sens, c'est vrai qu'il ne faut pas être un délicat.


Le parkour devient de plus en plus populaire et médiatisé, que penses-tu de son avenir et quel et ton opinion à ce sujet ?
David Belle et Sébastien Foucan veulent maintenant faire reconnaître le parkour comme un sport à part entière par le CIO. Cela pourrait notamment amener à ce que celui-ci soit pratiqué dans les écoles aux cours de gymnastique. Moi je ne suis pas contre, mais je trouverai dommage que cela devienne une sous-catégorie de la gymnastique et qu'il soit juste fait en salle. En fait, actuellement, le parkour se fait déjà en salle dans d'autres assoc's. Personnellement, je trouve que ça fait perdre de son identité et de son attractivité première, même si cela me plairait de pouvoir l'enseigner sous cette forme dans le futur. Et puis ça enlève aussi toute la part de spontanéité et d'esprit de liberté, car le plaisir du parkour réside également dans la découverte hasardeuse de nouveaux terrains de jeux, de percevoir l'architecture différemment et, parfois, de s'y attaquer sans attendre, avec la joie et la motivation de l'instant présent. D'ailleurs, comme tu as pu le voir, je suis déjà habillé en conséquence. J'en avais marre de toujours me trimballer avec mes affaires de sport, alors maintenant je les mets directement, c'est plus simple. En fait, pour moi, plus qu'une passion, le parkour est une véritable addiction et un mode de vie à part entière…

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