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Politique / Société
Jacques Monnier : « Robbie Williams? Je n’ai pas de regrets.»

Jacques Monnier n'a pas été déçu par la prestation de Robbie Williams. (© Paléo/Lionel Flusin)
Le Paléo Festival s’est ouvert lundi pour sa quarantième édition sous un ciel sans nuage. Alors que les festivaliers fredonnent encore le refrain d’Angels de Robbie Williams, c’est sans mes bottes de pluie et au rythme des soundchecks du Club Tent que je rencontre Jacques Monnier, l’une des grandes figures de cette manifestation emblématique de l’été. Programmateur musical ainsi que l’un des fondateurs du festival, il m'a accordé une interview avant le début des concerts de ce mardi.

L’auditoire: Lors de sa création, il s’agissait d’un petit festival créé entre amis. Aujourd’hui, le Paléo Festival est devenu le plus grand festival en plein air de Suisse. Combien êtes-vous pour faire la programmation musicale d’un tel festival?

Jacques Monnier: Pour les scènes principales, nous sommes deux: Danny Hasselstein et moi-même. Après, nous avons une personne, Patrick Chambaz, qui s’occupe de tout ce qui est Art du cirque et du théâtre dans un espace qui s’appelle La Ruche. Puis, nous avons trois personnes, Amaryllis Blanchard, Gilles Balet et Romain Gomis, qui s’occupent de la programmation des artistes suisses. Nous allons voir plein de concerts toute l’année, nous ne nous contentons pas d’écouter un morceau: c’est important de voir les artistes sur scène. Les programmateurs suisses assistent à des concerts en Suisse pour ramener chaque année entre vingt et vingt-cinq groupes. Il s’agit de notre manière de donner un petit coup de pouce à nos artistes nationaux, étant donnée la notoriété du festival. Enfin, le concert classique est programmé par Daniel Rossellat car c’est lui qui a amené le classique à Paléo.

Le festival dure six jours, sept en cette année-anniversaire. Mais que faites-vous le reste de l’année pour la programmation?

Nous bougeons beaucoup comme nous voulons voir les artistes sur scène avant de les engager. Il faut donc se déplacer, principalement dans les festivals en Europe, mais aussi parfois aux États-Unis. Pour le festival du monde que je programme, je vais souvent au bout du monde. Par exemple, lorsque j’ai fait l’océan indien, je suis allé sur l’île de la Réunion ou à Zanzibar. Cette année, le thème est l’Extrême-Orient, je suis donc allé en Chine, en Birmanie. Nous avons la chance de pouvoir aller très loin voir les groupes sur scène et, surtout, de faire des découvertes. Il y a des centaines et des centaines de groupes que l’on nous propose. Il faut donc essayer de sortir de toutes ces propositions les groupes qui nous semblent intéressants, ceux qui, de manière totalement subjective, nous touchent et que nous voulons présenter ici à Paléo. Nous allons parfois même les voir plusieurs fois.

Quant à la programmation pour l’année suivante, elle ne se fait pas à une période de l’année particulière, il n’y a pas vraiment de début mais elle doit être faite avant la conférence de presse ayant lieu au début avril.

Et quelles sont exactement vos tâches pendant le festival?

Pour ma part, j’assiste à beaucoup de concerts. J’essaie d’avoir un aperçu d’un maximum de représentations afin de pouvoir faire mon auto-critique. Je veux pouvoir me dire: « J’ai ramené tel groupe, à telle heure, sur telle scène, est-ce que j’ai fait un bon choix? Est-ce que le public est réceptif? Est-ce que cela correspond à mes attentes? ».

C’est également l’occasion d’aller rencontrer des musiciens ainsi que leurs agents et managers et de pouvoir éventuellement parler de nouveaux projets pour la programmation de l’année suivante, car une partie des négociations se fait encore pendant le festival. Mon travail consiste à aller signer des contrats, des droits d’enregistrement radio ou télévision. Nous accueillons beaucoup de professionnels du spectacle, d’autres organisateurs qui sont des potes. Nous avons monté une fédération avec trente-deux festivals européens et quelques étrangers, notamment le Canada et l’Afrique du Nord. Nous nous rencontrons, échangeons, faisons visiter notre festival. Je suis également chargé de rencontrer les futurs sponsors potentiels du festival ainsi que les médias.

Quant à lui, Danny (NDLR: Hasselstein) s’occupe de l’accueil des artistes, des transports et fait également le lien entre la programmation et la technique. Nous avons un régisseur technique qui reçoit les demandes de matériel. Il faut préparer tout cela à l’avance mais des négociations se font encore pendant le festival car certains artistes veulent tout à coup plus de choses, un matériel plus cher, etc.

Dans votre programmation, vous faites des sortes de « circuits », pour que le public puisse découvrir de la musique qu’il ne connaît pas. En quoi consistent-ils?

Nous essayons d’avoir chaque soir deux ou trois thématiques. Par exemple, si nous faisons une soirée avec du hip-hop, nous programmons deux ou trois concerts qui ne sont ni à la même heure, ni sur la même scène, afin que le public se regroupe par soir.

Cela vous est-il déjà arrivé d’être déçu par votre programmation?

Nous sommes assez confiants puisque nous avons déjà vu les groupes. Mais, parfois, nous avons vu un groupe faire un bon concert mais ils en font un moins bon un certain soir. Cela peut même arriver avec des têtes d’affiche, ce ne sont pas des machines.

Comment choisissez-vous vos têtes d’affiche?

Il s’agit de quelque chose d’assez compliqué: il ne suffit pas de se dire que nous aimerions avoir tel artiste l’année suivante à Paléo. Il faut également prendre en compte les opportunités. L’artiste peut être en tournée durant la période du Paléo festival ou avoir d’autres obligations. Nous devons composer avec plusieurs paramètres et nous ne pouvons pas totalement faire ce que nous voulons.

J’ai lu dans une interview que vous avez donnée à Swissinfo en 2006 : « Les Stones ou Robbie Williams, n’y pensez même pas. Les dispositifs scéniques n’entreraient pas chez nous et l’ensemble de notre budget "artistes" suffirait à peine à payer leur cachet ». Comment expliquez-vous donc que vous ayez pu accueillir le chanteur britannique lundi dernier?

Il y a deux explications. D’abord, il s’agit d’une volonté de Robbie Williams et de son manager de jouer dans les festivals. Le chanteur s’est produit au stade de Suisse à Berne et, là, il avait envie d’être associé à un festival avec plusieurs scènes et de se confronter à un public différent. A partir de ce moment-là, il a dû adapter son cachet et sa technique aux possibilités d’un festival. Au stade de Suisse, il avait pu arriver avec sa propre scène et les dimensions qui lui conviennent. Or, dans un festival, il faut composer avec d’autres paramètres. Lorsque nous avons commencé les négociations, il est arrivé avec sa fiche technique et nous lui avons répondu: « OK, nous ne sommes pas contre, mais voilà les dimensions de notre scène, celles de nos écrans et de nos éclairages. Est-ce que ce serait possible pour toi de jouer avec ces dimensions-là? ».

Deuxièmement, par rapport au cachet, nous allons rentrer dans l’aspect purement financier du festival. Nous avons ajouté un jour supplémentaire pour le quarantième anniversaire du festival. Les installations techniques sont en partie amorties sur six jours et le fait de faire un jour supplémentaire nous coûte moins cher. Nous avons donc pu nous permettre un cachet plus élevé.

Et a-t-il été à la hauteur de vos espérances?

Il a fait un spectacle assez cabotin, il a bien joué avec le public. C’est de l’entertainement, comme il le dit lui-même. Le public était très réceptif, il a réussi à mettre une bonne ambiance. Je n’ai donc pas de regrets.

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