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Politique / Société
1er mai, qu'es aquò ?
Le 1er mai, c'est la fête des travailleuses et des travailleurs, mais pas que : Jour de fête populaire et parfois sportive, rite de passage de la saison sombre à la saison claire, fête du muguet, L’auditoire revient sur ce jour marquant à haute signification symbolique.

La toute première interprétation du 1er mai remonte aux Celtes, qui voyaient dans cette date ou cette période un moment de passage de la saison sombre à la saison claire. Ce rite marquait la reprise de la chasse et de la guerre. Les druides allumaient des feux chargés de protéger symboliquement le bétail des épidémies.

Les jeunes des villages chantent « le joli mois de mai »
Dans les milieux ruraux, le 1er mai prend d'autres significations ; c'est la date traditionnelle pour planter les patates. De même, en France, les jeunes des villages parcourent la campagne durant la nuit pour chanter « le joli mois de mai » sous les fenêtres des habitants, qui leur donnent des œufs en échange. Certains, très portés sur la tradition, les font descendre dans un panier d'osier depuis leur chambre à coucher. C'est aussi l'occasion de boire « la goutte » et de festoyer si les paysans ne sont pas couchés. Cette récolte nocturne se termine généralement dans une grange, pour un court repos avant la grande omelette du 1er mai.

Fête du travail ? Non ! Fête des travailleuses et des travailleurs.

Un jour de lutte internationale

Mais le 1er mai reste surtout connu comme étant « la fête du travail » Néanmoins, cette expression est un abus de langage pour caractériser les luttes qui ont eut lieu aux XIXe et XXe siècles et permis d'aboutir à ce jour chômé dans de nombreux pays! Car que dirai un mineur qui passait 12h à 14h au fond en entendant cela? Ou un tisserand qui se tuait sur le métier parfois plus de 14h? Fêter le travail? Quelle aberration pour un prolétariat qui, très souvent, en mourait! En fait, ce jour fut avant tout un jour de grève nationale et internationale pour revendiquer la journée de 8h. En effet, c'est en 1817 que Robert Owen lance le slogan : « 8h de travail, 8h de loisirs, 8h de repos. » Il faudra plus d'un siècle pour voir se réaliser cette belle devise.

Le 1er mai 1891 – © Dr.

Le 1er mai tire ses origines dans l'histoire du monde ouvrier
En 1864, des ouvriers de toute l'Europe se réunissent à Londres et fondent La première internationale, appelée aussi l'Association internationale des travailleurs (AIT, dont Karl Marx rédigea les statuts). Ils inscrivent la journée de 8h dans leurs revendications.
Plus tard, le 1er mai 1886, à Chicago, les syndicats américains, en pleine expansion, démarrent une manifestation revendiquant la journée de 8h. La grève est suivie par 400'000 ouvriers dans tout le pays et paralyse la plupart des usines. Chose importante, le 1er mai n'est pas choisi par hasard, c'est le « moving day », jour traditionnel où les entreprises américaines bouclent leur comptes de l'année. Le mouvement s'installe et les affrontements se succèdent. Ainsi, le 4 mai, les manifestant lancent une bombe sur la police, qui riposte. Le bilan est lourd, une douzaine de morts, dont sept policiers. Plusieurs anarchistes sont arrêtés et cinq sont condamnés à mort. Quatre d'entre eux seront pendu le 11 novembre 1887.
Juillet 1889, lors de la commémoration du centenaire de la révolution, la deuxième internationale, fondée par Friedrich Engels et les partis socialistes et ouvriers d'Europe, décide de faire du 1er mai une « journée internationale des travailleurs ». Le symbole est lancé.

Le Petit Parisien – La fusillade des Fourmies – © Dr.

Dès lors, le 1er mai se présente comme un jour de grève et de lutte pour les ouvriers et prolétaires du monde entier. Chaque année, les ouvriers fond grève et descendent dans la rue pour manifester. Ils revendiquent notamment la baisse du temps de travail. L'officialisation de cette expression populaire par les syndicats européens ne tarde pas à poser problème. Et le 1er mai 1891 à Fourmies, dans le nord de la France, la police tire sur les ouvriers et tue neuf personnes. Le même jour, des incidents éclatent à Clichy entre les manifestants et la police. L'issue sera moins sanglante qu'à Fourmies, malgré quelques blessés. Trois anarchistes sont arrêtés et passés à tabac. Deux d'entre eux seront condamnés à des peines de prison.
Malgré cela, il faudra attendre le la fin de la Première Guerre mondiale pour voir ce jour accordé aux travailleurs sous la pression de la rue. Ajoutons qu'en 1917, avec la révolution d'octobre, le gouvernement bolchevique instaure la journée de 8h et la semaine de 48h. Cette révolution déclenchera en Europe de nombreuses réactions, grèves insurrectionnelles, révoltes et mouvements populaires. Au sortir de la guerre, une scission sociale monte en puissance entre les socialistes et les communistes, plutôt partisans de suivre le mouvement bolchevique afin de valoriser le prolétariat. Partout, les ouvriers se mobilisent pour demander une lutte contre le chômage et de meilleures conditions de travail dans une Europe dévastée.
En France, c'est seulement le 23 avril 1919 que, sous la pression de la rue, le gouvernement Clemenceau promulgue une loi limitant à 8h la journée de travail et à 48h par semaine. Après avoir ratifié cette loi, le Sénat déclare le 1er mai 1919 journée chômée. Pour la première fois, les travailleurs et les travailleuses disposent d'une journée de repos. Elle permet aussi de se souvenir et de commémorer les luttes sanglantes et tenaces qui ont abouti à ce résultat.
Quelques années plus tard, les manifestations du 1er mai 1936 ont lieux entre les deux tours des élections législatives. Probablement marqués par cet événement, le 3 mai les Français accordent leur confiance à la coalition des gauches (SFIO, PCF, radicaux et divers gauche). Dans la IIIe République, pour la première fois, le gouvernement de Front populaire est dirigé par des socialistes. Parmi les nombreuses réformes sociales de Léon Blum, rappelons la réduction du temps de travail à 40h par semaine, les congés payés et les conventions collectives du travail.

Comment le 1er mai est-il devenu un jour férié ?
Malheureusement, le 1er mai subira aussi la France de Vichy. Et le gouvernement collabo fera de cette date le jour de la « Fête du Travail et de la Concorde sociale ». Par cette appellation, Vichy veut unir patrons et ouvriers dans un esprit corporatiste et mettre fin à la lutte des classes. C'est le seul moment de l'histoire de France où le 1er mai fut officiellement appelé « Fête du Travail », car le gouvernement de la Libération abandonna ce terme tout en maintenant le 1er mai férié et payé.
Depuis la libération, le 1er mai est chaque année l'occasion d'hommage aux mouvements ouvriers. Les principaux syndicats français (CGT, CFDT, FO, CFTC...) organisent des défilés et certains partis, comme le Front de Gauche, participent au cortège.
En revanche, le rassemblement du Front National n'a aucun ancrage historique le 1er mai. En effet, c'est son président qui le déplace du 8 mai au 1er en 1988, dans le but de peser sur le second tour de l'élection présidentielle. La commémoration de la libération d'Orléans par Jeanne-d'Arc le 8 mai 1429 est ainsi déplacée... second énorme point noir à ce jour sacré !


Les origines du muguet...
C'est le roi Charles IX qui lança la tradition le 1er mai 1561 lorsqu'il reçoit un brin de muguet en guise de porte-bonheur. Dès l'année suivante, il décida d'en offrir aux dames de la cour. Par cette tradition, la fleur est devenue celle des rencontres amoureuses. Pendant longtemps en Europe, le « bal du muguet » battait sont plein. Les jeunes garçons ornaient leur boutonnière d'un brin de muguet et invitaient les jeunes filles tout de blanc vêtues. Pourtant cette tradition se perdit et il fallut attendre 1976 pour que le muguet remplace l'églantine et le triangle rouge qui symbolisait la division de la journée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs.


Le 1er mai d'aujourd'hui
Ce jour de fête et de commémorations pour les travailleuses et travailleurs est chômé dans la plupart des pays d'Europe, à l'exception notamment de la Suisse. Le 1er mai est également fêté en Amérique Latine, en Russie, en Afrique du Sud et au Japon. Quant au Royaume-Uni, c'est le premier lundi de mai qui est fêté. Aux Etats-Unis, le « Labor Day » se célèbre le premier lundi de septembre. Pourtant, ce jour rend hommage aux mouvements ouvriers et à la tuerie de Chicago de 1886 ainsi qu'à la mémoire des quatre individus exécutés l'année suivante. C'est à la demande du président Grover Cleveland qu'il n'a pas été fixé au 1er mai, afin de ne pas rappeler ce moment dramatique. En
France, le 1er mai est non seulement férié et payé, mais aussi un pur jour chômé, car aucun journal ne parait et les transports en commun des villes ne circulent pas. Qu'en est-il de la Suisse ?

Les manifestants du 1er mai à Lausanne – © Keystone / 24 heures

L'auditoire a suivi la manifestation de Lausanne et échangé avec des militants des syndicaux. Voici un retour sur la situation lausannoise.
Ce 1er mai à Lausanne était plutôt morose. Une fréquentation toute relative, la pluie et certains problèmes de coordination et d'organisation semblent en cause. Toutefois, il ne faut pas s'arrêter à cette première impression, car de nombreuses personnes motivées ont manifesté pour marquer cet événement de mobilisation internationale pour les travailleuses et travailleurs.
Il faut dire que ce n'est pas simple de vivre le 1er mai en Suisse. Ce jour n'est ni férié, ni chômé. De plus, le fait qu'il tombe un jour de semaine a totalement étouffé le mouvement. Dans la fonction publique et dans la plupart des institutions, les personnes qui travaillent doivent demander des heures pour défiler. Les employeurs sont réticents et les individus qui ont le courage de faire ce pas sont souvent mal vus et peuvent subir des pressions. Avec de telles contraintes, la participation à la manifestation devient une épreuve.
Pourtant, certaines personnes motivées sont venues vivre ce moment de partage et de soutien afin que les gens gardent à l'esprit les luttes qui ont été nécessaires pour obtenir certains droits des travailleuses et travailleurs. La plupart sont militants actifs, représentants d'un syndicat, mais pas uniquement. En ce 1er mai à Lausanne, il y avait aussi de simple syndicalistes, des sympathisants, professeurs d'université, enseignants, membres de la fonction publique et des professions de santé ; mais aussi des ouvrières et des ouvriers, des gens de la base. Le message de ces manifestants est très simple : il y a aujourd'hui dans notre pays des individus et des familles qui n'ont pas assez d'argent pour vivre malgré le travail acharné qu'ils fournissent. En fait, il existe de nombreux emplois sous payés ne permettant pas aux individus qui les occupent de vivre décemment. Interrogé à ce sujet, un syndicaliste explique que l'aide sociale joue le jeu du patronat en complétant les salaires qu'il devrait verser. Cela maintient certains dans la dépendance et évite le débat social sous-jacent.
Ce constat permet de comprendre que la volonté et l'action de lutte se trouvent du côté des syndicats. C'est pourquoi, comme en France, ils sont très présents dans la manifestation du 1er mai. Néanmoins, leur travail ne se limite pas à ce défilé symbolique. Car, c'est tout au long de l'année qu'ils agissent pour la défense des droits de chacun et chacune. Ils obtiennent de nombreux résultats dans les luttes qu'ils engagent pour un mieux vivre. Cependant, le 1er mai reste pour eux une date symbolisant la lutte et ils ne souhaitent pas se résigner à l’abandonner.

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