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Politique / Société
Chri-Chri face aux jeunes
Invité par l’école PrEP pour tenir une conférence inédite, Christoph Blocher était ce vendredi 6 mars au palais de Rumine; on y était, on vous dit tout.

Il est un peu plus de treize heures; vigiles à l’entrée, guest-lists préparées, les portes de l’aula de Rumine s’ouvrent. Le public s’y installe après vérification des identités, application du tampon-mouton et contrôle des sacs. Les rangs se remplissent et l’on se prépare sérieusement à l’arrivée prochaine du monstre politique. Quelques dizaines de minutes plus tard, alors que l’attente est insoutenable pour l’assemblée, un souffle taurin, décidé, annonce l’arrivée du conférencier tant attendu. C’est alors qu’un petit homme ventripotent à l’air bougon fait son entrée, équipé d’un micro-main-libre réglé sur une position vraisemblablement trop proche de son orifice buccal. C’est la déception lorsqu’on se rend compte que cet homme au rayonnement médiatique si puissant semble avoir égaré son aura derrière la barrière de Rösti. Après un mot officiel, et la précision que la présence de Christoph Blocher «s’inscrit dans un cadre académique, en aucun cas un meeting politique», le directeur de PrEP prend la parole pour un prompt discours, avant de la laisser à son invité.


© 24heures


Il excuse son français et amorce son discours sur le ton de la légèreté, racontant qu’apprenti-fermier, son patron romand lui avait assuré, dans un moment d’incertitude linguistique, qu’il en importait peu, pour autant que «les chevaux et les porcs le comprennent». Toute trivialité est bonne à prendre lorsqu’il s’agit de se rapprocher du peuple. Une fois le public apprivoisé, c’est l’heure de la victimisation traditionnelle. Ô que les Romands sont méchants. Le pauvre Christoph reste visiblement marqué au plus profond par l’accueil hostile qu’on lui réserva à Fribourg en 1992. A l’écouter, on dirait d’ailleurs qu’il n’a plus traversé «la fosse» de Rösti depuis ce tragique événement. Le souvenir du vote de 1992 semble en fait le hanter, puisque dans la trentaine de minutes qui lui est impartie, de quoi parle-t-il, en dehors de cette victoire? Principalement du fait qu’il ait, dans un élan visionnaire, sauvé la Suisse, seul. C’est tout de même un peu décevant quand on sait qu’au-dessus de lui, une diapositive nous rappelle le thème initial de cette conférence: Blocher et les jeunes, un accord bilatéral? Nul doute désormais que son action générale est plutôt unilatérale. Et de froncer le sourcil lorsque le directeur confie avoir accordé son oui à l’entrée dans l’union européenne le 6 décembre 1992, terrible erreur. Mais de vite le pardonner, «une fois par vie vous pouvez faire une faute». Outre cette salvation, on apprend aussi que la politique n’est pas un métier mais un moyen pour les entreprises d’obtenir des autorisations, «parce que c’est triste un entrepreneur qui est pauvre». Il nous livre également de sombres histoires quant à la TVA en Allemagne et une théorie comme quoi on peut acheter la souveraineté du gouvernement à Berne. Trêve de galéjades, c’est l’heure des questions du public. Et des non-réponses de Christoph. Un échantillon?

© Fanny Utiger

L’avenir de notre génération avec les ruptures bilatérales?
«Si vous achetez quequ’chose vous avez un contrat bilatéral, je suis pas contre ce contrat.»
Transparence du financement des partis envisageables?
«Dans les autres pays c’est l’Etat qui paie les financements. Ici tout le monde sait c’est moi qui paie l’UDC, il y a pas besoin de transparence.»


Après Chri-Chri, c’est au tour de l’assemblée d’être interrogée. L’école a organisé un vox populi, et muni le public de deux papiers: vert et rouge. Equipés de leurs feuilles, les participants donnent leur avis sur la survenance probable des situations énoncées sur la diapositive. La Suisse pourrait-elle entrer dans l’UE en 2025? Les auditeurs sont sceptiques. Et le vieux jubile. Une musulmane voilée conseillère fédérale en 2027? On en doute aussi, et Blocher d’ajouter «qu’il faudrait pas que les musulmans aient la majorité sur notre pays». Et l’adoption pour les couples homosexuels sera-t-elle possible en 2020? Alors que la salle est confiante, le politicien déclare – sans surprise – et avec dédain – que «deux hommes qui ont déjà des enfants, c’est bon mais que l’"adoptation", en général il faut pas faire. C’est pour rigoler tout ça.»
L’après-midi se clôt sur une surprise de la part de la direction de PrEP: un billet de 10'000.– francs à l’effigie de l’intéressé, qui en semble ravi! S’en suivent les adieux, déchirants promis et une séance de selfies avec quelques énergumènes qui crurent que c’était futé. De cette séance nous avons surtout compris l’essentiel, Blocher abhorre l’argent. Et d’ailleurs il n’a «pas beaucoup d’argent, mais une fortune. C’est pas la même chose.»

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