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Politique / Société
L'Homme, le citoyen et la croissance technicienne
Relier la technique à la démocratie peut sembler, de prime abord, incongru ; mais alors la relier à un manque de démocratie peut faire passer complètement hors de propos, et d'autant plus en ces temps de foi infinie en une technologie supposément « libératrice » voire carrément anti-système comme voudraient nous le faire croire certains apôtres de l'internet.

Pourtant, le penseur Jacques Ellul, nous présente un Système Technicien, c'est à dire un ensemble de techniques interdépendantes entre elles, profondément, voire essentiellement, liberticide et anti démocratique. Prophétique selon J.L. Porquet et seul à avoir bâti une critique profonde du « progrès » en France, il y est pourtant ignoré, au contraire des Etats-Unis où il enseigna. Ses œuvres sont tout aussi bien théologiques que politiques et inspirent nombre d'altermondialistes.


Jacques Ellul © ArsenicPaca.fr
1. L'efficacité, ou l'unique valeur de la société technique.

Commençons, non pas par le commencement, mais par ce qui fait la base de ce Système Technicien, son axiomatique. Selon Jacques Ellul, l'unique valeur, la dernière justification, de nos choix et de nos jugements, collectifs mais aussi individuels dans une certaine mesure, est l'efficacité ; c'est à dire qu'un choix politique se fera à l'aune de sa capacité à optimiser certains paramètres. Exemple : la politique énergétique d'un pays sera choisie selon sa capacité à fournir une quantité suffisante d'électricité, de ne pas dégager trop de dioxyde de carbone ou d'être la moins chère possible etc.. Aussi, tel choix sera fait en fonction d'un certain nombre de variables, donc de paramètres quantifiables -et pas d'autres- et sera nécessairement l'optimum de la fonction qui résultera de l'étude de ces dîtes variables.

De ceci deux conclusions s'imposent. Tout d'abord, de liberté de choix il n'y a plus, puisque, ce sera nécessairement la solution optimale qui sera appliquée, aussi, les choix de la société en question sont prédéterminés par ses capacités techniques, tant dans le choix des variables que dans la façon de les faire varier. Si l'on reprend l'exemple de la politique énergétique, une société technique peu avancée considérera uniquement le volet de la production, une plus avancée celui des conséquences environnementales de cette production ; ce sont les moyens techniques seuls qui déterminent sa capacité à inclure des considérations complexes, tout comme ce sont des moyens techniques qui déterminent avec quelle acuité ces paramètres seront considérés. Donc, premièrement, tant les gouvernants que les gouvernés n'ont aucune liberté vis à vis du choix qui sera appliqué car les conditions techniques prédéterminent le choix.

Deuxièmement, ce ne sont que des paramètres quantifiables qui seront considérés, car seuls à même d'être manipulés mathématiquement et optimisés ; aucun jugement moral, esthétique, poétique ou traditionnel, n'y sera inclus. D'ailleurs ces considérations ne sont jamais incluses dans le débat public. Or, ce sont précisément ces inquantifiables, non soumis au principe d'efficacité, qui permettraient d'introduire une flexibilité, une liberté en élargissant les choix possibles car ne pouvant pas être optimisés et donc pouvant faire l'objet d'un véritable choix.

Quelle politique, aujourd'hui, se targue de principes moraux ? C'est qu'à vrai dire les politiques sont bien souvent jugées sur des considérations chiffrées : de combien le taux de chômage a baissé, le pouvoir d'achat augmenté etc. et non pas sur une conduite morale. D'ailleurs, les moyens pour concrétiser ces objectifs ne sont pensés que dans le cadre de la technique.

On peut très bien moquer le caractère subjectif et incertain des critères inquantifiables, mais n'est-ce pas justement l'incertitude et le caractère non prévisible d'un jeu politique qui fait une réelle démocratie, comme le suggère Michel Abensour dans La Démocratie contre l'Etat ?

Cette unidimensionalisation du choix politique n'est pas le fait d'une certaine société et n'est donc pas dépendante du contexte économique ou politique : au contraire elle procède directement de la technique. C'est la caractéristique d'unique facteur déterminant que lui donne Jacques Ellul.

2. Une force coercitive uniformisante historiquement et internationalement

Dans une vision techniciste il n'y a aucune différence entre le monde capitaliste et communiste de la Guerre Froide : tous deux non seulement reposaient sur un certain productivisme mais surtout sur une idée de la Technique comme voie de libération. Ceci devait mener nécessairement l'URSS, par exemple, à accepter des inégalités en son sein : la complexité même de la société technique menant à une division du travail et à la prééminence des techniciens.

Alphaville, de Jean-Luc Godard

Si, aujourd'hui, on considère les pays du Sud on remarque que l'unique grille de lecture où est lue leur développement est celle de leur développement technique. On vante la Chine industrieuse, capable d'ériger des grattes-ciels, l'Inde de la Révolution Verte, la croissance (c'est à dire la production) de l'Afrique de l'ouest, mais on se préoccupe bien peu des conséquences sur le tissu social de cette technicisation, et on ne se préoccupe de leur environnement que dans la mesure où la pollution peut se chiffrer en « malades », en « CO2 », bref en des critères quantifiables.

On ne considère donc comme « développé » qu'un pays répondant à une utilisation assidue de la technique. C'est d'ailleurs de cette manière que les pays coloniaux distinguaient auparavant le monde « civilisé » du monde des « sauvages ». Or, la technicisation de ces pays admet en parallèle leur occidentalisation, qui se fait d'ailleurs sentir d'une façon très concrète lorsqu'elle consiste en l'envoi d'ingénieurs qualifiés via des entreprises ou de médecins via des ONGs ; dans tous les cas ils remplissent, plein de bon cœur, la même mission que le missionnaire.

En effet, la Technique s'est tellement imposée comme le seul moyen de développement qu'elle est devenue un néo colonialisme à part entière : elle oblige à une vision rationaliste et fait passer toutes les anciennes visions du monde pour obsolètes car ne répondant pas au principe d'efficacité.

Certes, comme le souligne Jacques Ellul, les peuples de l'ex Tiers Monde réclament, âprement, leur part de Technique mais ceci ne fait que souligner son caractère totalitaire, comme unique facteur déterminant : elle seule est vue comme susceptible de hisser le pays dans le concert des nations.

Sans compter que s'ajoute à cela son caractère uniformisant, réduisant à néant le tissu social traditionnel ; peut-être est-elle, elle-même, facteur d'instabilité, puisque, rappelons-le, la soi-disant modernité fût appliquée de l'extérieur aux pays du Sud, hors du contexte positiviste, scientiste, de l'Occident et ceci d'une manière brusque et imposée : l'ère Meiji au Japon, les réformes d'Ataturk ou tout simplement la colonisation des pays Africains.

Paradoxalement les pays du Sud se sont appropriés avec une férocité, aveugle, la Technique et ceci bien plus rapidement en faisant des « bonds technologiques » (par exemple le fait d'utiliser comme premier moyen de communication à distance un téléphone portable), et n'ayant que peu de temps pour s'interroger sur le bien-fondé de son utilisation ; aucune remise en question, le droit au développement passe avant tout. Mais n'est-ce pas plutôt le droit à un développement ? A un développement technique : exit les « espoirs religieux, les mythes, la recherche d'une vertu » (J.Ellul) la Technique est vue comme seule solution à tous les problèmes et oriente avec une force coercitive incroyable jusqu'à la géopolitique.

3. Un pouvoir d'arrière-cour ou le rôle du technicien

Pour Jacques Ellul, comme pour d'autres auteurs comme Günther Anders, la Technique n'est pas un assemblage de techniques que l'Homme peut contrôler à sa guise ; au contraire elle se constitue comme un Système Technicien, autonome vis à vis des décisions politiques et économiques, mais aussi du contexte local, et dont les constituants sont fortement interdépendants. Dès lors, elle dépasse le cadre de l'entendement et, de facto, est incontrôlable. De plus, elle a un caractère total, c'est à dire qu'elle enveloppe complètement la société, pas une décision ne se fait sans elle: par exemple un geste aussi simple que tirer de l'eau du robinet requiert en amont quantité d’infrastructures, qui elles-mêmes sont la conséquence de certains procédés industriels. Imaginez donc la chaîne de causalité et donc la dépendance en la Technique que requiert l'application ou la formulation d'une décision politique.

Le fonctionnalisme du Corbusier: hygiénisme et efficacité, ou la ville sans charme © fullstopindia.com

Les techniciens, ces médiums encensés par tous, sont en réalité les seuls non seulement à jouir d'une certaine liberté vis à vis de la technique mais ce sont aussi eux qui sont, d'une certaine manière, à la source du pouvoir. En effet, en amont de toute décision politique, qu'il s'agisse d'urbanisme ou de politique extérieur, il y a présence du technicien, qui peut très bien être un géopolitologue qui, dans le second exemple, ne verrait les nations que comme des sommes d'intérêts. Par exemple, la bien connue Realpolitik, qui va jusqu'à cautionner des pays tels l'Arabie Saoudite au nom d'intérêts, quels qu'ils soient au demeurant, en est un avatar.

Ce pouvoir du technicien consiste d'une façon très pratique, par exemple, en l'envoi de rapports au gouvernement, qui se contente de les signer et de les appliquer car ils sont bien trop techniques pour les politiciens (qui eux mêmes sont d'une certaine manière des techniciens de la politique, et donc spécialisés et imperméables aux autres spécialités ; plus formés aux « relations publiques » qu'au bien public). Mais, d'une façon bien plus générale, lorsqu'une problématique sociétale est soulevée, ils contribuent à réduire l'étendue de la réflexion en la cantonnant au domaine technique. « On ne planifie en réalité que ce que la prévision en tant que science (et technique) établit comme possible, la décision est prise par les techniciens et non par les politiques ». (J.Ellul)

4. Une technique aveugle et des techniciens aveuglés

Prenons l'exemple de la crise environnementale : toute la doxa du développement durable se contente de dire que seule la Technique, en créant des voitures consommant moins, des panneaux photovoltaïques performants ou des matières recyclables, permettrait de changer le cours des choses. Or, ce qu'il faut comprendre, c'est que non seulement le peuple laisse aux techniciens le choix de la façon de résoudre cette crise, mais en plus, et conséquemment, les alternatives, autres que techniques, ne sont pas prises en compte, comme, tout simplement, la politique. Par exemple, comme le propose Dominique Bourg, via des réformes constitutionnelles qui considéreraient les générations futures, ou alors en décentrant le caractère efficace de la technique en prônant une utilisation des « low-techs », c'est à dire des techniques qui n'ont pas comme visée l'efficacité.

Bien plus radicalement la décroissance, non seulement économique mais aussi technique, permettrait de réduire le caractère tentaculaire de la Technique, qui nous échappe par sa taille, comme nous allons le voir un peu plus loin. Nous touchons peut être du doigt la raison pour laquelle ce mouvement a le souffle si court : il ne considère pas le progrès technique comme solution.

En effet, certains de ses courants prônent davantage des valeurs que des objectifs quantifiables, au contraire de l'idéologie du développement durable ; comme une société « conviviale » selon la sémantique d'Ivan Illich.

Mais bien plus, les techniciens sont aveuglés par leur sur-spécialisation, incapables de voir au-delà de leur science. Et ne parlons même pas de considérer une quelconque éthique ou philosophie (sauf celle de l'entreprise...). Or, ceci conduit à des situations burlesques où l'Etat subventionne à la fois des industries polluantes (la PAC et donc l'agriculture intensive) et des politiques « vertes » (circuits courts par exemple) ; l'un ne phagocyte-t-il pas l'autre ? Nous pouvons dès lors nous demander si la croissance technique, et son pendant nécessaire, la croissance de complexité, est légitime. En effet, lorsque l'ensemble des mécanismes qui régissent une société échappent non seulement à un homme mais même à une communauté d'hommes, n'est-ce pas qu'elle a atteint ses limites, car sinon comment la contrôler, comment en avoir une vision globale ? Nous savons très bien que même les scientifiques de plus haut niveau, même pluridisciplinaires n'ont qu'un champ de vision très restreint : le physicien n'est pas sociologue et lui-même n'est pas historien, c'est une sorte de taylorisme du savoir. Il n'est d'ailleurs pas étonnant que les scientifiques purs, si on peut employer ce terme, soient aussi dépendant des techniques (ordinateurs etc.) car même leur science dépasse leur entendement.

L'intermédiaire technique de déculpabilisation; lorsque le soldat n'affronte plus la mort © Dailymail

Bien plus, cet « esprit » scientifique est universellement répandu au sein de la population : la science, et ses applications, sont tellement légitimées dans l'esprit public, vont tellement de soi, qu'il n'y a quasiment aucun débat à leur sujet. Le technicien, vêtu de sa toge du savoir objectif a toujours le dernier mot, si ce n'est pas l'ingénieur c'est le sociologue, ce technicien des masses.

Comment, par exemple, le peuple se laisse-t-il filmer dans la rue, le métro, l’ascenseur, se laisse-t-il violer son intimité par internet sans aucune protestation si ce n'est par ce qu'il y trouve des justifications techniques (on entend souvent d'ailleurs, dans les conversations, « je sais que Google espionne et vend mes données mais c'est tellement pratique », idem pour les services de géolocalisation etc., l'argument de leur efficacité prime).

Prenons un exemple de l'autonomie de la technique vis à vis de la libre décision : il suffit que les technologies de miniaturisation soient suffisamment avancées pour que l'on nous présente comme « allant de soi » que des caméras de surveillance soient planquées de part et d'autre. Aucun débat sur leur caractère moral : la sécurité publique ne semble pouvoir être qu'assurée par la technique. Bien entendu il y d'autres facteurs (médias faisant choux gras de faits sordides etc.), mais ce qu'il faut comprendre c'est que lorsqu'une technologie apparaît, elle est mise sur le marché sans considérer son danger pour des considération autres que techniques : il suffit de regarder avec quelle difficulté les comités d'éthique, vis à vis des biotechnologies par exemple, se font entendre, quitte à passer pour rétrogrades, ou anti-progrès, expressions qui d'ailleurs n'ont de sens que par ce que la science est vue comme légitime.

À ce sujet, réfléchissons aux bons mots de Benjamin Franklin: « Un peuple qui est prêt à sacrifier un peu de liberté contre un peu de sécurité ne les mérite aucunement et finira par les perdre toutes deux ».

5. De la complexité du Système Technicien

Pour paraphraser Jacques Ellul et reprendre les idées de Hannah Arendt dans Condition de l'Homme Moderne, l'Homme substitue à son milieu naturel de départ un milieu artificiel.

Bien que de tout temps Homo Sapiens était Homo Faber et qu'il a donc artificialisé le monde dans lequel il vivait par ses mains, l'Homme qui aujourd'hui vit dans le Système Technicien ne manipule plus des techniques de même dimension. Considérez donc l'artisan, maniant ciseaux et marteaux et l'ingénieur en génie atomique. L'un appréhende totalement ses outils, tant dans leurs conceptions, utilisations et conséquences, l'autre est complètement dépassé non seulement par la taille de ses outils mais par leurs effets sur le monde externe.

Déshumanisation et abstraction technique: la finance isolée de ses conséquences © financedemarche.fr

Tout ce qui caractérise le Système Technicien c'est qu'il dépasse l'entendement, qu'il est incompréhensible et incontrôlable. Or, selon Günther Anders, c'est cette complexité même qui permet à la technique d'imposer ses valeurs et ses choix, et donc de réduire la liberté de l'Homme, et du citoyen lorsqu'il s'agit de choix politiques.

Ce qu'il faut également considérer, c'est qu'auparavant la technique, certes existait, mais ne modelait pas seule les réalités de l'Homme, elle n'était vu ni comme la solution à tous les maux ni comme un critère de jugement (comme elle l'est aujourd'hui avec le principe d'efficacité) ; en parallèle, évidemment la religion, mais aussi la tradition à laquelle se rattachait des mythes, et une morale tacite (il est d'ailleurs comique, et instructif, de voir avec quelle effarement notre société voit le passé et sa méfiance vis à vis de l'industrialisation par exemple, comme s’il eut été tellement impensable que les techniques ne soient acceptées immédiatement).

Rajoutons aussi que le caractère total de la technique et sa forme de système place les Hommes dans une chaine infinie d'interdépendances : il y est dépendant pour se nourrir, se vêtir, se divertir etc. : imaginez la quantité de différentes techniques pour amener une pomme de terre dans votre assiette ; des engrais azotés aux différents moyens de transport. Or, être dépendant, n'est-ce pas l'envers de la liberté ?

Si l'on considère que oui il faudrait alors que l'Homme se démarque du Système Technicien, non pas en abandonnant toute technique bien entendu, mais peut-être en réduisant la chaine de dépendance des techniques utilisées pour qu'elle soit circonscrite dans le champ de l'entendement. C'est exactement à quoi pense Ivan Ilich lorsqu'il ne conçoit comme moyen de déplacement que la marche ou la bicyclette ; dans le premier cas l'Homme est totalement libre de la technique puisqu’il nait avec des pieds et dans le deuxième cas, le vélo, les techniques utilisées peuvent être totalement appréhendées par un seul Homme qui conserve donc son pouvoir de décision ; au contraire de l'utilisateur de l'automobile assujetti au Système Technicien via la voiture (sans compter la normativité nécessaire pour conduire une voiture). C'est dans la même lignée qu'André Gorz appelait à une autonomie de l'Homme vis à vis des structures économiques qui permettrait une réelle refonte de la société ; une société du sens.

Concluons alors sur une question : une décroissance technique, n'est-ce pas faire d'une pierre deux coups ? Non seulement abandonner un système productiviste forcément consommateur de ressources mais aussi reconquérir une liberté de citoyen et d'Homme.

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