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Politique / Société
Le malaise caché d'Ecopop
La position officielle de l'UDC sur l'initiative Ecopop ne fait pas l'unanimité auprès de ses propres adhérents. Dans les partis politiques, de telles situations ne sont pas rares. Ici, le clivage témoigne pourtant de divergences plus profondes au sein du parti.

C'était déjà en fin août que la direction et le groupe parlementaire de l'UDC prenaient officiellement position sur l'initiative Ecopop, objet de votations le 30 novembre prochain, qui entend limiter l’immigration, mais aussi inciter les pays pauvres à réduire leur natalité. Alors qu'ils encouragent un rejet de l'initiative, une partie importante de leurs sympathisants – les deux tiers, selon les résultats du récent sondage de l'institut gfs.bern – se dit, au contraire, favorable au texte. Par ailleurs, certaines sections cantonales du parti, comme Bâle-Campagne, ainsi que le groupe UDC de la ville de Lausanne, ont également pris cette position. D'après Le Temps, pour les têtes dirigeantes du parti, «Ecopop serait [...] une «attaque frontale» contre l'économie suisse, car elle empêcherait les entreprises – PME en tête – de recruter de la main d'oeuvre spécialisée dans l'UE ou dans des États tiers.»
Après l'intervention de Claude-Alain Voiblet, vice-président et coordinateur romand de l'UDC, à l'émission Forum, cette division au sein du parti semblait n'avoir rien d'anormal. Il évoque alors les mêmes motivations «stratégiques» du parti à voter «non», mais se dit aussi compréhensif à l'égard des «représentants de notre parti qui sont notamment soucieux de la qualité de vie.» Pour Valentin Christe, vice-président des jeunes UDC vaudois et, quant à lui, favorable à l'initiative, l'explication du clivage se trouve autre part: le mandat donné par le peuple au Conseil fédéral et au Parlement, le 9 février dernier, n'aurait toujours pas été pris en compte. «L'initiative Ecopop, c'est l'occasion pour la population de bétonner le choix du 9 février.»

Un malaise caché
D'un point de vue stratégique, même si le clivage était plus alarmant qu'on souhaite le présenter, il est plus avantageux pour tout parti de donner l'image d'un groupe unifié, dans lequel les mésententes ne mettent en rien en danger les idéaux et les valeurs de fond. Cela dit, l'opposition entre la base et la tête de l'UDC peut-elle vraiment se réduire à ces seules explications? Que faut-il entendre par «la qualité de vie» dont se soucie les électeurs de l'UDC: de la pollution de l'air et du paysage, ou alors d'une diversité culturelle vue comme excédante?
Les têtes dirigeantes de l'UDC, comme celles des autres partis et la Confédération, ont bien compris qu'une limitation aussi stricte que celle proposée par Ecopop (0,2% de croissance annuelle de la population) nuirait sérieusement à l'économie, étant donné que, par exemple, une grande partie de la main-d'oeuvre étrangère travaille dans la construction. La récente intervention de Christophe Blocher à cet égard, interviewé par le TagesAnzeiger, mettait, elle, l'accent sur les personnes hautement qualifiées, les ingénieurs étrangers qui ne pourraient pas être engagés dans le pays, du fait «du quota d'immigration de 0,2%, déjà atteint par les réfugiés et les personnes admises provisoirement.» L'UDC se trouve alors embarrassée devant des adhérents qui n'ont fait que continuellement intégrer et s'identifier aux discours anti-immigration, voire franchement racistes, tenu par le parti depuis plusieurs années.
En fin de compte, peu importe de savoir si pour le parti, l'immigration est un réel mal social, ou si elle est instrumentalisée à d'autres fins ; le sociologue Jean Rossiaud analysait les positions anti-immigration de l’UDC comme un discours avant tout électoraliste. Le fait est que les étrangers, ingénieurs ou pas, ont bel et bien été utilisés comme bouc émissaire à plusieurs égards, y compris pour des questions d'ordre environnemental. L'exemple récent le plus probant figure dans le journal Franc-parler du parti politique. L'édition spéciale de janvier 2014, dans laquelle était défendue l'initiative du 9 février, contenait une double-page saisissante, où l'immigration était associée à 34'500 logements en plus par années, 200 éoliennes de trop, ou encore à 42'000 voitures de tourisme. Le journal fut tiré à un peu moins d'un million d'exemplaires.

L'immigration est associés à plusieurs maux sociaux. – Double-page de l'édition spéciale de Franc-parler, janvier 2014, pp. 6-7.

Une question de comportement
Contre les attaques des Conseillers fédéraux Alain Berset et Simonetta Sommaruga, les initiants d'Ecopop se sont plusieurs fois défendus de ne pas être «xénophobes», tout en soutenant que leur initiative cherchait avant tout à contrer «l'idéologie de la croissance». Malheureusement, que la cause provienne ou non des initiants mêmes, Ecopop s'inscrit indéniablement dans l'optique du bouc émissaire évoquée précédemment, puisqu'elle attribue des problèmes de qualité de vie et d'environnement à la seule venue d'étrangers; elle instaure une crainte et un dégoût de l'étranger, supposé à l'origine des problèmes environnementaux, et possède donc un caractère xénophobe. Cette limitation était surtout la réponse facile à des exigences environnementales de plus en plus urgentes: le thème de l'immigration est déjà bien inscrit dans l'air du temps. Dans un article en page 6 du numéro 220, L'auditoire mettait en avant le fait que la «qualité de vie» environnementale, autant au niveau mondial que local, dépendait avant tout du comportement des individus.
Les initiants d'Ecopop ne peuvent pas à juste titre être accusés de «xénophobes», étant donné que leur intention est d'améliorer une qualité de vie supposée en dégradation, du fait de la pression démographique – ce qui témoigne plus d'une vision nationaliste que xénophobe. Pourtant, nul doute que l'initiative, elle xénophobe, est une aubaine pour une fraction de la population ayant adoptée les discours discriminatoires de l'UDC.

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