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Culture
À la rencontre de L’éclair
Chaque mois, L’auditoire vous propose de découvrir des artistes et des projets culturels innovants de la région romande. Ce mois-ci, nous partons à la rencontre des six trublions du groupe instrumental L’éclair: Cobra, Colonel, Jahlino, Jutar, Lilor et Luciano. L'interview complète.

© Lara Demonsais


Comment définiriez-vous L’éclair?
Colonel: Je pense que c’est une entité qu’on crée qui est immatérielle, une chose qui nécessite l’engagement de chacun des membres.
Cobra: Comme n’importe quel groupe en fait. Rires.
Col: C’est une entité qu’on s’amuse à créer à travers la musique, entre le gag et le sérieux. Et je pense que c’est pour ça que c’est compliqué à définir, on ne sait pas réellement où on se dirige vu que ça évolue constamment.

Mais il y a quand même un but derrière? Faire danser les gens?
Cob: Les faire danser en pleurant. Tu as souvent un aspect harmonique qui ramène à la nostalgie, mais toujours avec un rythme groove. Tu écoutes ça, tu penses à ta rupture récente et tu as une petite larme qui te vient, mais en même temps tu te surprends à bouger la tête. L’éclair c’est cette espèce d’entre-deux doux-amer.

Et si vous deviez choisir trois mots qui vous définissent?
Col: Cons de merde, ça fait trois mots. Rires.
Cob: Ou comme alternative: naïfs, crétins, mais honnêtes.

Comment est né le groupe?
Col: C’est né d’une envie qu’on avait Jutar et moi de jouer ensemble et on ne savait pas vraiment comment le faire. Du coup, on a profité de partir à Londres, le prétexte étant un voyage linguistique, mais on séchait les cours la plupart du temps. On est restés ensemble neuf semaines. C’était à peu près la première fois qu’on se posait les deux pour faire de la musique. On a créé quelques chansons qu’on ne joue plus du tout, mais c’est de là que c’est parti.

D’où vient le nom du groupe?

Col: On avait trouvé un coffee shop près de chez moi. On passait souvent du temps là-bas et on discutait un peu de tout et de n’importe quoi. Un soir, Jutar s’est retrouvé stone sur le canapé et puis il a vu la forme d’un éclair.
Col: Ensuite, on y a bien réfléchi deux semaines, jusqu’au moment où cela est devenu assez cohérent d’appeler ce groupe L’éclair. Parce que c’est un nom qui se prête à pas mal de mystères, on ne sait pas trop à quoi s’attendre.

On retrouve de tout dans vos morceaux: de la polyrythmie africaine au krautrock, en passant par le funk et les bandes sons des films érotiques italiens des années 70. Est-ce qu’il y a des influences qui vous ont plus marqué?
Col: Can! Rires. Mais, je pense que chacun d’entre nous a été touché individuellement par plein de choses.
Cob: On a une base rythmique qui va aller chercher essentiellement vers des musiques africaines ou latines. Par contre, mélodiquement, on est un peu plus Européens, quelque chose qui peut se rapprocher de la sensiblerie italienne des années 1970.

Ce qui est très fort, c’est le fait que vous assimilez toutes ces influences pour en faire quelque chose qui vous appartient. Vous ne vous contentez pas de répéter des codes...

Cob: En tout cas on essaie. En prenant un élément par-ci par-là, on arrive finalement à un mélange plus ou moins digéré. C’est sûr que les influences sont multiples et assumées, mais en les assimilant toutes ensembles, on crée quelque chose de nouveau.
Col: C’est aussi une volonté de sortir du rock psychédélique. D’amener la musique psychédélique vers ailleurs. Parce qu’on reste psychédéliques, dans notre manière de faire et dans notre esprit. On est dans un format rock qui ne veut plus faire du rock. On a voulu tenter quelque chose d’autre en ramassant tout ce qu’on aimait à côté de la musique rock tout en s’inspirant de l’énergie qu’il peut y avoir dedans.

Comment définiriez-vous votre style actuel?
Cob: Exo groove post-internet. Exo qui vient de exotica, un style des années 50 introduit par Martin Denny. De la musique faite par des occidentaux, mais qui est censée rappeler des régions exotiques. En réalité, on est plus sur de nouvelles orchestrations de thèmes occidentaux qui incluent des éléments «exotiques», telles qu'un sitar. On est exotica dans la mesure où on va aller puiser, par exemple, des influences africaines, en utilisant juste la projection qu’on s’en fait. On joue en fait une projection de ce qu’on pense être le son d’un endroit.
Col: D’où la naïveté.
Cob: Ensuite groove et post-internet qui ne veut pas dire «ce qui vient après internet», mais plutôt «tout ce qui est compris avec l’apparition d’internet». Grâce à internet, de par Spotify, YouTube, etc. on a eu accès à tous les tréfonds de la musique et les trucs les plus obscurs qui soient et, au fil des années, ça a pris presque plus d’importance que les grands noms. Notre musique a été fortement influencée par le fait qu’on ait ça à disposition.


© Dr.

Votre dernier album, Polymood, se démarque de votre premier, Cruise Control. On retrouve les influences et le groove, mais on sent une dynamique plus posée, plus pro. Y avait-il une réelle volonté ou ça s’est fait naturellement?
Cob: Polymood c’est notre première vraie session studio. À la base, Cruise Control était seulement censé regrouper des démos pour pouvoir obtenir des concerts. On l’a enregistré dans le local d’un pote, un peu à la va-vite. Du coup, le son de l’album est grandement influencé par le mix qu’on a dû faire pour cacher certaines erreurs techniques de l’enregistrement. Mais c’est pour ça qu’on l’aime et on ne regrette rien là-dedans. Le deuxième disque, lui, a été enregistré dans un vrai studio. On était plus conscients de ce qu’on allait faire, plus préparés.
Lilor: Avec Polymood, on a vraiment essayé de faire la meilleure prise possible du premier coup.
Cob: Et c’est le cas, puisqu’on n’a pas utilisé une seule fois un ordi dans la session.
Lil: Tout en analogique.
Col: Ce deuxième album représente finalement assez bien ce vers quoi viserait L’éclair de manière optimale. On a commencé par des morceaux extrêmement posés, avec Jutar. Puis, c’est devenu groovy, funky, parce qu’on s’est dit que ce serait marrant de faire danser les gens. Polymood, c’est vraiment une palette de tout ce qu’on écoute. Notre univers qui va vers le calme, le très triste, le happy et le débile comme dans Lagos.

Êtes-vous satisfait des retours?
Cob: C’est ça aussi l’aspect naïf du groupe. On s’attendait à plein de choses et à rien de précis en même temps. Tu fais l’album et tu le laisses vivre sa vie.
Col: Après, nos amis nous répètent assez souvent que cet album fait partie de leur vie et je trouve ça assez touchant que des gens proches commencent vraiment à aimer notre musique et à la mettre d’égal à égal avec ce qu’ils peuvent écouter à côté. C’est plus «ah c’est un pote qui fait de la musique», c’est vraiment «eux, c’est nos potes qui sont musiciens, on écoute leurs album comme on écouterait le nouveau Kendrick.»
Col: Ça nous a fait plaisir. Et puis le fait qu’on ait pu distribuer l’album de manière correcte, qu’il ait pu toucher des gens dans le monde entier…

Vous avez eu la chance de jouer au Paléo cet été avec L’orage. Quel souvenir vous en gardez?
Cob: Franchement, on s’est trop marré. Après, c’est le gros festival avec tous les désagréments qui vont avec. Au final, on a passé l’essentiel de la soirée dans les loges ou les spots derrières parce qu’il y avait trop de monde.
Col: On a aussi fait Welcome to The Village en Hollande, invités par Jacco Gardner. Et je pense qu’on est tous d’accord pour dire que ce genre de gros festivals ce n’est pas la solution. Ça semble assez idyllique du point de vue d’un spectateur parce que c’est quand même un des plus gros loisirs de l’été que d’aller en festival, mais pour un artiste c’est très étouffant. Ça correspond à énormément de groupe mais je ne sais pas si on se retrouve là-dedans.
Cob: Mais, il faut le faire. On est plutôt dans une politique inclusive, on n’a pas envie d’être un groupe d’érudit ou de niche, c’est plutôt «tous welcome». Mais ce n’est pas dans un festival qu’on a le meilleur son, c’est rarement les meilleurs concerts. Il y a moins cette énergie qui existe dans un club, où il y a vraiment quelque chose de particulier qui se passe. Souvent, le moment est plus spatial, moins générique.
Li: Il y a quand même cet aspect où plus on joue dans de gros espace, plus la musique a tendance à s’effacer derrière d’autres artifices, comme la présence scénique, le lightshow. Cette impression que plus un concert est immense, moins on écoutes vraiment les morceaux. Alors que quand t'es dans un club où tout est fermé, où le son te rebondit à la gueule et que tu ne vois rien, t’es là et t’as vraiment juste la musique. Nous, on capitalise beaucoup plus sur la musique.
Col: Ouais, nous on ne capitalise pas trop sur notre apparence. Rires

Avez-vous des projets après Polymood?
Cob: Je crois qu’on a déjà enregistré le troisième en fait.
Col: Sans faire exprès. Rires.
Cob: On avait une session dans une maison sur le Salève, louée par notre ingé son, G’Z. On devait y passer 4 jours et, à cause d’un double booking de Lilor et Jutar qui devaient jouer avec les Rebels of Tijuana, la session est tombée de 4 à 2 jours. À la base, on voulait juste enregistrer 2 ou 3 morceaux. Et puis finalement on a pu enregistrer beaucoup de matière, mais qu’on n’a pas encore réécoutée.

Si ça donne quelque chose, vous pensez le sortir quand?
Col: Très vite, entre 6 et 9 mois. Mais on n’a pas encore fait énormément de concerts pour Polymood. Donc, dès l’année prochaine, on va partir défendre Polymood sur la route. Il y aura plein de concerts en 2019. Du coup, il va rester d’actualité et en même temps, on aimerait proposer du média, du contenu en plus.

Où est-ce qu’on pourra vous écouter durant les prochains mois?
Cob: Le 29 mars à l’Amalgame d’Yverdon.

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