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Culture
Ghost-Note, la déferlante funk qui vient redorer le blason du jazz
Parmi ses invités, le JazzOnze+ Festival comptait Ghost-Note, un groupe qui, s’il n’est que peu connu du plus clair de la masse, s’affaire depuis quelques années à dépoussiérer le jazz en lui infusant un nouveau souffle. Décapant d’énergie et de maitrise instrumentale, l’enthousiasme scénique de Ghost-Note est contagieux. Décidé à comprendre ce phénomène, L’auditoire est parti à leur rencontre.

Casino de Montbenon, vendredi 9 novembre, 17h. Perfectionnistes, les membres de Ghost-Note se refusent à terminer leur soundcheck dans les temps. Du salon, on les entend partir en quête de ce «toujours mieux» qui fait leur réputation virtuose. Les percussions s’affolent, les cordes claquent, les claviers rebondissent en écho et, en toile de fond, Sput exclame son insatisfaction; autant de préludes sonores à une soirée réussie. Une fois les réglages terminés, c’est presque essoufflés que viennent enfin me voir Robert Searight, alias Sput et Nate Werth, les deux fondateurs du groupe. Se présentant comme deux amis de toujours, ils me parlent en premier lieu de leur «complicité, d’abord humaine, qui vient ensuite se déverser dans leur énergie musicale. Sans elle, le groupe ne serait rien.» Le projet Ghost-Note est la réponse à leur besoin frénétique de créer, oui, mais surtout à celui de «s’amuser entre potes, de laisser libre cours à leurs pulsions musicales». Très libertaire, ce discours donne à première vue au binôme une allure adolescente, à l’excitation innocente et empressée de monter sur scène pour faire la fête avec le public. Une impression qui s’évapore rapidement lorsque les deux commencent à faire du name-droping: Prince, Kendrick Lamar, Herbie Hancock, Toto, Snoop Dogg, Marcus Miller, Justin Timberlake… La liste des musiciens légendaires avec qui les membres de Ghost-Note ont collaboré est vertigineuse. Eloquente de leur talent, cette liste de prestigieuses fréquentations pourrait les autoriser à un peu moins de modestie. Et pourtant, les deux acolytes gardent un sourire ouvert et amical de bout en bout de l’entretien. À la question de savoir ce qu’ils pensent du revival de funk que connaît notre ère depuis quelques années, ils disent s’en réjouir et être fiers de pouvoir y contribuer: «A travers notre musique, nous voulons diffuser un message de paix et d’universalité. Si le funk continue à se démocratiser, cette mission aura bien des chances d’aboutir.»

© Meinl Cymbals


À la suite de ces sages paroles, l’heure est au passage à l’acte. Dans une salle gonflée à bloc, l’ambiance est comparable à celle du M2 juste avant un départ à Lausanne-Gare, tôt dans la matinée: tout le monde se cramponne à ce qu’il peut, car tout le monde sait que l’onde de choc ne va pas faire dans la dentelle. Chose promise, chose due. Sput à peine installé derrière sa batterie, il ne s’embête pas à enduire le public de lubrifiant. Sans aucune intro, le ton est immédiatement donné. Le battement cardiaque est en route, les musiciens s’alignent à son impulsion et ne ménagent pas leurs efforts. Une générosité qui ne s’arrêtera pas après le premier morceau, comme la logique humaine et physique le voudrait. Deux heures durant, Ghost-Note tape, souffle, gratte, fait danser toute l’assemblée, sans décélérer une seule fois. Une performance presque inquiétante d’intensité, malheureusement personne n’a le temps de se soucier de sa santé; tout le monde est trop occupé à se nourrir de la musique. Sur la fin du concert, dans un rare moment de calme et de confidence, Sput engage un hommage à James Brown, son «guide spirituel». Sans tomber dans une nostalgie niaiseuse, les airs reprennent quelques-unes des plus belles séquences du grand maître en distribuant juste ce qu’il faut d’émotion au public. Pas de sentiments gratuits, juste un moment de recueil simple, de contemplation légère et juste. Arrive la fin du concert. Les dernières notes sont toujours repoussées, le public n’accepte pas de voir partir ses héros d’un soir. Par deux fois, Ghost-Note s’en va, puis est contraint de revenir pour une dernière ballade, un dernier clin d’œil. Encore toute secouée, l’assemblée se retire avec le sentiment d’avoir assisté à une prestation unique. Ghost-Note le confessait quelques heures auparavant, jamais deux concerts ne sont pareils: «Nous portons une grande importance au jam, les bases sont à chaque fois rudimentairement les mêmes pour chaque morceau, mais chaque musicien se laisse une marge d’interprétation considérable. Au fond, on sait comment ça commence, mais on ne sait jamais comment ça va finir et c’est ce qui fait sûrement l’intérêt de notre musique.» Dans cette même idée de spontanéité, relevons encore que rien n’est préenregistré, rien n’est préparé à l’avance. Le son est créé de bout en bout, ce qui de nos jours est une expérience de moins en moins fréquente. En somme, la soirée prend réellement fin sur le chemin du retour. L’esprit encore embué de mélodies débridées, on prend conscience avec soulagement que le jazz n’est pas mort. Certains artistes s’affairant depuis plusieurs années à le revivifier, on peut dire en toute honnêteté qu’il est aujourd’hui bien-portant. Ghost-Note, un magnifique pied de nez à tous ceux qui ont encore l’impertinence de parler de musique d’ascenseur.

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