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Culture
Une révolution épistolaire
Que vous soyez désireux-se d’une lecture addictive, ou en quête d’une lecture originale et familière, le nouveau roman de Gérard Salem, psychiatre et écrivain vous comblera. C’est l’histoire d’une famille fictive qui fait autant rire que réfléchir.

« Mes chers parents,

J’imagine à quel point cette lettre écrite de ma main va vous surprendre. Oui, elle vient de moi, votre fils maudit, celui dont vous n’avez plus reçu de nouvelles depuis sept ans. Mais rassurez-vous, je ne viens pas avec des cadeaux plein les bras, comme le dit la chanson. J’espère au contraire que cette lettre empoisonnera votre journée. »

Lettre de Boris à ses parents.


Flammarion


C’est par cette lettre surprenante, écrite par Boris et destinée à ses parents, que débute le nouveau roman du psychiatre et écrivain Gérard Salem. Auteur de nombreux essais et chargé de cours aux universités de Paris VI et de Genève, Gérard Salem s’est d’abord formé et a ensuite enseigné à l’UNIL en tant que privat-docent. Dans son nouveau roman, Tu deviens adulte le jour où tu pardonnes à tes parents, l’auteur fustige notre Zeitgeist électronique en illustrant à travers son roman épistolaire la portée et l’importance des lettres manuscrites. Loin de proposer une quelconque recette, il nous invite à nous questionner sur nos liens familiaux. Avec humour et tendresse, Gérard Salem nous fait découvrir l’histoire d’une famille, certes fictive, mais étrangement authentique et familière.

A l’ère du numérique, quantité de messages sont envoyés à la seconde. Ecrits et lus à la vitesse de la fibre optique, ils s’avèrent peu propices à la construction d’un solide édifice communicationnel ; on peut notamment penser à ces centaines de messages que l’on envoie chaque jour, par sms, email, Whatsapp, Messenger, etc. Mal écrits, mal lus, vite oubliés.

Qui aurait pensé qu’un changement de schème, soit, la réintroduction d’une simple lettre manuscrite dans un monde numérique, pourrait bouleverser le quotidien et générer des effets thérapeutiques et libérateurs ? En ce point, ce roman surprend et captive. L’écriture a ici des vertus introspectives, l’acte est solitaire, mais la réflexion collective. Tous les personnages participent à l’avancement de l’intrigue. Le style est recherché, fluide, tantôt pointu, tantôt familier et même grossier selon les épistoliers ou l’humeur. De lettre en lettre, toute une famille se pique au jeu, par un effet domino. La correspondance se fait en tous sens, dans une perspective transgénérationelle, autant verticale (le neveu à son oncle pour l’encourager à écrire à son fils) qu’horizontale (fratrie, cousins, conjoints). Cette multilatéralité des écrits représente une sorte de palimpseste familial.

Yuri, le psychiatre de l’histoire, nous fait réfléchir au caractère unique et intrinsèque des ressources familiales. Chaque famille a ses histoires, ses hauts faits, ses échecs, son inventivité. L’auteur aborde des problématiques en lien avec des thèmes sociaux et culturels, tels que la rupture, les secrets, les non-dits, le deuil, les rituels, la culpabilité et le cortège de sentiments qui les accompagnent : honte, regrets, loyautés, rêves, désespoirs.

Musicien des mots, l’auteur nous tient en haleine. Nombreuses sont les références littéraires, artistiques et clins d’œil à son expérience en psychothérapie. Un lecteur fervent de littérature y prendra grand plaisir, de même qu’un professionnel en psychothérapie. En somme, un roman addictif, écrit par un psychiatre de renom.




Questions à l’auteur

Le titre de votre livre fait référence au « pardon », qu’entendez-vous par ce terme ?

Dans cette histoire, il s’agit plus subtilement d’exonération, mot venant du latin : ex onus, enlever la charge. Soit prendre en compte le contexte de la personne en tort, reconnaître ses circonstances atténuantes, la décharger. Pardonner à quelqu’un, ce n’est pas seulement le libérer d’une culpabilité, c’est aussi me libérer de ma rogne contre lui. Un pardon ne peut qu’être librement accordé, on ne peut l’exiger. Il permet de restaurer le lien et le dialogue, de dépasser les positions crispées. Dans cette famille, tout le monde adopte l’écriture comme un rituel un peu magique qui va changer leurs relations.

Pourquoi l’usage des lettres ?

Lorsqu’on écrit un SMS, on est souvent livré à son humeur du moment. On ne prend pas vraiment le temps de penser à l’autre, surtout quand il s’agit de dire des choses importantes. Ecrire à la main, c’est consacrer du temps à quelqu’un, lui être physiquement présent : un papier a été choisi, une encre, parfois un parfum, un timbre, etc. C’est une façon d’être présent à l’autre, de lui offrir de la considération – graine féconde dans les relations familiales, et cela donne une chance à un dialogue authentique. Voilà pourquoi Yuri enjoint à son patient d’écrire aux siens à la main. Tous le prendront « à la lettre ».

Le roman célèbre les liens familiaux, qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur ce point ?

Les liens familiaux sont spécifiques, non comparables aux liens amicaux, professionnels, idéologiques, politiques ou religieux. Ils ont des ingrédients qu’il n’y a pas dans les autres liens, par exemple, le sang, le passé, l’historique des racines, les expériences partagées, la promiscuité, les biens communs, le patrimoine. Dans ce roman c’est précisément au nom du lien que tout se passe. Une famille est toujours unique, elle reste, qu’on le veuille ou non, le creuset de toutes les relations humaines. Elle est peut-être la gardienne de notre humanité.



Le roman, paru le 2 mai dernier, se trouve en librairie. Tu deviens adulte le jour où tu pardonnes à tes parents, Editions Flammarion/Versilio (250 p.)

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