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Culture
Quand Marx était insipide
Le Jeune Karl Marx, dernière réalisation de Raoul Peck, met en scène les jeunes années du célèbre communiste allemand. Résultat décevant d’un projet qui aurait pourtant pu mettre à l’honneur un personnage qui a marqué l’Histoire contemporaine.

Le biopic se concentre sur quelques années de la vie de Marx, depuis la fermeture du journal qu’il dirigeait (die Rheinische Zeitung) en 1843 jusqu’à la création de la Ligue des Communistes en 1847. On y voit la rencontre du jeune Karl sans le sou avec Friedrich Engels, fils d’un riche industriel, et ses exils successifs à Bonn, Paris puis Bruxelles, toujours accompagné de sa femme Jenny. Entre dialogues mièvres, personnages plats et survol confus des idées essentielles du marxisme, l’ensemble du film est empreint d’un manque cuisant de cohérence mais aussi de profondeur, et somme toute terriblement réducteur aux yeux de quiconque estime un minimum les idées du célèbre philosophe.




En l'absence d'un réel fil rouge, le film laisse en fait surtout une impression de grande confusion. Karl Marx est en Allemagne, en France, en Belgique, discute, écrit et boit. Les contours sont tracés et les événements placés chronologiquement, mais l’effort semble s’arrêter ici. Ne pouvant certes pas tout raconter de la vie de Marx, Raoul Peck pêche cependant dans sa sélection par une absence de logique qui rend le tout peu cohérent. De tous les éléments retenus, ni l'évolution de la pensée, ni les déplacements, ni les rencontres du héros ne sont réellement approfondis. Les dialogues ressemblent davantage à des slogans interposés qu’à un réel échange idéologique, et ne permettent en tout cas pas d’appréhender les idées marxistes dans toute leur complexité, ni même d’en dessiner les contours. On évoque pêle-mêle les grands termes et concepts («capital», «critique de la critique», «propriété») sans toutefois les expliquer ou les illustrer, on ne fait que quelques brèves allusions à la religion ou à la liberté, thèmes pourtant centraux dans la doctrine communiste. A ceci s’ajoute un agaçant name dropping qu’on nous sert tout au long du film: Bakounine, Ricardo, Smith, Bentham sont bien évoqués, comme pour montrer qu’on sait qu’ils sont importants, mais on en reste là.

Pour ne rien arranger, la forme souffre du même biais que le fond. Des décors au (sur)jeu, des actrices et acteurs, tout est au mieux lisse, au pire carrément mauvais. Les protagonistes prennent à tout moment des allures de jeunes premiers, les intérieurs sont trop rutilants pour être ceux de prolétaires, les textes sont parfois récités. Impossible, dès lors, de se sentir emporté par l'histoire, que le réalisateur nous sert d'ailleurs déjà comme étant l'Histoire, avec des protagonistes agissant comme s'ils étaient au courant (et non juste convaincus) du succès futur de leurs idées, comme lorsque Marx et Engels rient de bon cœur alors que Weitling quitte leur table, vexé des critiques qui lui sont adressées. Personne ne doute jamais à l'écran, tout est toujours maîtrisé, le ridicule atteignant sans doute son point culminant au moment de la création de la Ligue des Communistes, mue par quelques slogans pimpants et un juvénile enthousiasme digne d’un lycéen se rendant à sa première manif. Les punchlines philosophiques sont aussi assurées que la révolte solitaire de l'ouvrière irlandaise au milieu de ses collègues silencieuses. Et à la fin, les gentils gagnent.

Cerise sur le gâteau, ces schémas romantiques éculés trouvent une conclusion lors du générique de fin, qui sert un méli-mélo d'images de révolutions (Che Guevara, Nelson Mandela…) sur fond de Bob Dylan, comme pour revendiquer l'appartenance du film à une pop-culture bourgeoise.


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