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Culture
Le sens du rythme
Baby Driver
D’Edgar Wright | Action
Avec Ansel Elgort, Kevin Spacey et Jamie Foxx



Il y a trois ans, nous espérions naïvement que l’univers cinématographique Marvel allait vers le bon et commencerait enfin à produire de vrais bons films. En réalité, nous pensions spécifiquement à un projet : Ant-Man. A l’époque, il était encore possible d’imaginer que cette adaptation d’un comic parfaitement obscur pouvait changer la donne. A l’époque, le pitoyable second opus d’Avengers n’était pas encore sorti. A l’époque, Ant-Man devait encore être écrit et réalisé par Edgar Wright.

Edgar Wright, ce génie britannique qui avait commencé tranquillement par quelques séries TV (dont la monumentale Spaced), avant de se faire connaître au cinéma avec la trilogie « Blood and Ice Cream », dont chaque film rendait hommage avec un amour indéniable et un talent renversant à un genre particulier (le film de zombie, le film d’action, le body snatcher). Edgar Wright, qui avait livré avec Scott Pilgrim une réjouissante adaptation de comic digérant parfaitement les codes de nombreux supports, de l’animation au jeu vidéo, en passant bien sûr par la bande-dessinée. En bref, le candidat idéal.

Hélas, à la suite d’inévitables différends artistiques, Wright a fini par quitter le projet peu de temps avant le tournage, pour être remplacé en catastrophe par Peyton Reed (le réalisateur de Yes Man, ça ne s’invente pas). Certes, une grande partie de son travail préparatoire a été conservé, et subsistent dans le résultat final quelques belles idées de mise en scène, une certaine efficacité dans l’écriture, ainsi que quelques gags et un sens de la rupture qui rappellent le style du Britannique. Mais le film Ant-Man sorti en salles reste bien loin de la grande œuvre pop que l’on aurait pu attendre avec l’auteur de Shaun of the Dead aux commandes.

Trois après notre optimiste pronostic, les productions Marvel continuent de s’enchaîner et de se ressembler, tandis qu’Edgar Wright revient enfin avec un nouveau long-métrage : Baby Driver. Un projet qu’il porte en lui depuis 22 ans et qu’il avait déjà esquissé dans le clip réalisé pour la chanson « Blue Song » de Mint Royale.

Le pitch : à la suite d’un accident ayant coûté la vie de ses parents, le jeune Baby souffre d’acouphènes, qu’il calme grâce à la musique, ne passant pas une seconde sans ses écouteurs plantés dans ses oreilles et son iPod sur « PLAY ». Surdoué du volant, il sert de chauffeur pour les braquages organisés par le puissant Doc. Lorsqu’il rencontre Deborah et en tombe amoureux, Baby décide de tout arrêter pour partir avec elle. Mais son employeur ne compte pas le laisser s’en aller si facilement.

La musique a toujours occupé une place importante dans le cinéma éminemment pop d’Edgar Wright. Dans les nombreuses citations de titres connus émaillant ses films, évidemment. Mais aussi à un niveau plus organique : ultra dynamique et fonctionnant sur une rythmique minutieusement pensée, la mise en scène de Wright est une parfaite illustration de la « musique visuelle » que constituent les images en mouvement. Ainsi, le cinéaste ne se contente pas de citer Queen pour le simple clin d’œil, mais l’intègre à sa narration. Le concept de Baby Driver est de pousser l’idée encore plus loin en réalisant un film entièrement chorégraphié, découpé et monté selon la bande-son.

Sur le papier, la promesse d’une succession quasi ininterrompue de tubes pop peut sembler un brin racoleuse, gadget tout au moins (coucou, Suicide Squad et Les Gardiens de la Galaxie !). Mais chez Edgar Wright, les citations, même directes (et pas seulement musicales, d’ailleurs) ont du sens. De l’utilisation de Bad Boys II et Point Break dans Hot Fuzz à celle de The Wild Angels dans The World’s End, les références invoquées disent forcément quelque chose sur le récit et les personnages. Dans Baby Driver, l’omniprésente bande-son ne sert pas qu’à structurer les différentes séquences, ce qu’elle fait d’ailleurs admirablement bien (la poursuite finale sur fond de « Hocus Pocus » est à ce titre d’une intensité folle). Mieux encore, elle fait également office de lien émotionnel entre le héros et ses pairs : c’est principalement grâce à la musique que Baby communique avec son père adoptif sourd-muet, de même que c’est à travers des chansons que Baby et Deborah se découvriront.


Le projet renferme ainsi une véritable idée de cinéma, exploitée avec intelligence, le florilège musical proposé nourrissant aussi bien les scènes d’action que les relations unissant les différents personnages. Pourtant, si l’exécution tient indéniablement la route durant une bonne partie du métrage, force est de constater que, dans un cas comme dans l’autre, le concept finit par s’épuiser. La dernière demi-heure, qui se veut plus nerveuse que tout ce qui a précédé, tire en longueur côté action, tandis que les enjeux émotionnels se voient réglés un peu rapidement. La résolution voit ainsi le concept prendre quelque peu le pas sur le récit, tout en étant, de fait, moins brillamment exploité qu’au départ.

A l’arrivée, Baby Driver n’atteint sans doute pas l’équilibre parfait entre la rigueur d’écriture des personnages et la virtuosité des expérimentations visuelles qui caractérisait la trilogie « Blood and Ice Cream ». S’il se présentait comme le point culminant du travail d’Edgar Wright, le film n’est peut-être pas son chef-d’œuvre. Mais que l’on s’entende : la baisse de régime finale rend certes la conclusion déceptive, elle n’enlève rien à l’originalité du projet, à l’envie réelle qui se trouve derrière, ni au talent véritable qui le porte. Malgré ses défauts, Baby Driver reste un divertissement bien plus fun, une création bien plus sincère, une œuvre bien plus complète que n’importe quelle production que Marvel nous sert depuis 10 ans, et pour encore bien des années.

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