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Culture
Le vrai braquage, c’est le prix du billet
Trouver quelque chose de plus dépassé que Going in Style est vraiment difficile.

Cette comédie, troisième long-métrage de Zach Braff (le personnage principal de Scrubs), suit trois retraités (Michael Caine, Alan Arkin et Morgan Freeman) qui se retrouvent sur la paille suite à la liquidation de leurs pensions de retraite par l’usine qui les employait. Après avoir assisté au braquage de sa banque, le personnage de Michael Caine convainc ses deux camarades d’en faire de même… à passé septante ans. Un pitch de base simple, porté par des acteurs célèbres et qui veut être une critique sociale : qu’est-ce qui pourrait aller mal ? De fait, tout : sans être une bouse cinématographique, Going in Style est non seulement mauvais, mais surtout d’un manque d’originalité flagrant.

La réalisation est des plus banales. Ne tirons pas sur l’ambulance, elle ne prétend à rien d’autre et prend des partis de mise en scène relativement intéressants pour une ou deux scènes, qui restent malheureusement minoritaires, car on plaindra des moments dont la subtilité rappelle la charge d’un yack : en particulier les très gros plans insistants sur les « détails subtils à retenir pour plus tard », qui préfèrent au fusil de Chekov sa variante bazooka.

Quant à l’écriture, elle est d’un amateurisme aberrant : si la subtilité de certains points de la réalisation rappelle la charge d’un yack, on ne saurait trouver dans la nature d’équivalence pour celle de l’écriture dans sa totalité. C’est si niais que c’en devient douloureux : qu’il s’agisse du comique aussi cliché que dépassé, du pathos mal géré et introduit aléatoirement à certains moments du film, ou encore de l’aspect critique, qu’on tente d’enfoncer au maillet et au piolet dans le crâne du spectateur, les dialogues sont tellement explicatifs que c’en est presque insultant pour le spectateur. Par exemple, un des grands thèmes du film, selon les interviews, serait « la famille avant la carrière »… thème qui ne connaît qu’une seule occurrence, énoncé explicitement par Morgan Freeman, tel quel, à sa petite fille !

Même le jeu des acteurs, sur lesquels le film est vendu, n’est absolument pas convaincant. Hormis quelques scènes éparses, les acteurs sont soit complètement détachés ou décalés, soit dans un sur-jeu des plus insupportables : palme d’or à l’horripilant banquier qui ferait passer Adam Sandler pour un génie de finesse.




En fait, être convaincant dans ce film est impossible, car le véritable problème de Going in Style, c’est qu’il ne sait pas ce qu’il veut être. Un moment de comique burlesque cliché, une seconde de pathos mélodramatique dégoulinant, un jeu d’acteur trop placide, un autre peu convaincant, un troisième sur-joué et par dessus le tout une critique sociale qui ne trouve pas sa place. A vouloir trop couvrir, le film finit par révéler un patchwork hétérogène d’idées et d’influences de toutes sortes, qu’au lieu de s’approprier il se contente d’emboîter telles quelles les unes avec les autres, donnant un ensemble difforme et composite qui ne sait lui-même pas très bien ce qu’il est : une créature de Frankenstein composée un soir de beuverie.

La véhémence de cette critique peut étonner face à un film aussi banal, mais il ne faut pas s’y tromper : est symptomatique d’une production paresseuse qui refuse de se renouveler et utilise les sempiternelles recettes dépassées et incomplètes, jetant tout ce qu’elle peut au spectateur pour voir ce dont celui-ci se satisfera et en faire le nouveau modèle. Qui plus est, c’est ici un troisième film dont on dilue l’amateurisme dans une production à 25 millions de Going in Style dollars ! On peut être indulgent avec un premier film, pas avec un troisième, comme on peut être indulgent avec un petit budget, pas avec 25 millions de dollars.

En conclusion, ne pas voir Going in Style, c’est économiser vingt francs ainsi qu’une heure et demie de votre vie, que vous pourrez consacrer à un excellent film de braquage avec critique du système américain intéressante comme Hell or Highwater (David Mackenzie, 2016).

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