X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Culture
Home
Les repas de famille, on connait. Les conversations toujours pareilles, les sourires figés, les plats traditionnels… en somme, les relations creuses avec «la parentèle» dont on ne peut décemment se défaire.

Il y a les vaches, les cochons, les cloches d’église et la famille qui nous attend à la porte. Il y a du gravier au sol et c’est comme si on se réconciliait avec son passé. Voilà ce qu’on espère retrouver lorsqu’on «rentre au pays» pour un repas de famille. Mais on déchante vite face à «la parentèle». Racontée par trois comédiens qui complètent mutuellement leur récit, comme s’ils avaient tous trois vécu exactement la même journée en famille, comme s’ils n’étaient qu’une seule et même personne avec trois timbres de voix différents, cette histoire touche à l’universel. Un universel où les voix s’entremêlent naturellement, sans à-coups. Où le public sourit parce que cela lui rappelle sa propre expérience. Où les émotions oscillent entre nostalgie et joie feinte, entre exaspération et enjouement forcé. Car aux repas de famille, il faut d’abord paraître avant d’être.


© Spectacles français


Cette tension entre paraître et être se reflète ingénieusement dans la scénographie: le plateau est couvert de gravier, comme une allée qui mène à la maison familiale. Le cadre pourrait sembler naturel si les cailloux n’étaient pas entourés par trois néons, formant un enclos et rappelant par leur lumière hésitante et leur son grésillant l’artificialité du repas auquel nous sommes en train d’assister. La communication est vaine. Les personnages interagissent peu et, lorsqu’ils essaient, ils en viennent toujours à énoncer des banalités. Au fil du temps, les bugs des néons se font de plus en plus fréquents et semblent figer un court instant les personnages, poupées de chiffon, robots mécaniques. Les sons de cloches et de vaches, qui auparavant sortaient de nulle part, proviennent désormais des néons; derrière le monde réel, comme un marionnettiste derrière son enfant de bois, se cache une machine à simuler les bruits et provoquer des émotions. Les néons sont ensuite déplacés au milieu du plateau et empiètent sur le gravier. L’artificialité a tout envahi.

Les comédiens changent quant à eux régulièrement de personnages et jouent avec sincérité et précision les différents membres de la famille et leurs émotions feintes: la vieille qui ne parle qu’à son chat, la tante, l’oncle… Et puis il y a la mère qui semble fâchée contre sa fille. La mère qui laisse une lettre, transmise avec justesse et sensibilité par l’un des comédiens, où elle dit qu’elle va bientôt mourir et qu’elle s’excuse de n’avoir jamais su parler, de n’avoir été qu’une mère et pas mieux. La mère qui rappelle implicitement que, derrière les sourires crispés, les non-dits, les conversations vides, la prunelle en fin de repas, il y a la nécessité de tisser des liens familiaux, aussi creux qu’ils soient, pour échapper à la solitude et la mort. De figer ces liens dans un «t’as pas changé» constant, un présent éternel, pour avoir l’impression de les maîtriser. Mais on n’en parlera jamais. Parce qu’on doit être heureux aux repas de famille. Parce que, quand on retourne sur les lieux de son enfance, on doit faire la paix avec soi-même. Parce que les soucis de la ville ne doivent pas empiéter sur les champs du passé. Parce que, même si la vie est une mort lente, il faut savoir garder la face.

Tu devrais venir plus souvent / de Philippe Minyana / mise en scène d’Alain Borek et Pascale Güder / Compagnie Frakt / Théâtre 2.21 / 14 au 19 mars 2017

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.