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Culture
L’histoire de la vie – Le Conte d'hiver au Reflet à Vevey
Trouver la paix intérieure n’est pas chose aisée. C’est pourtant l’espoir de la plupart des humanoïdes arpentant la Terre de long en large. C’est aussi celui de Léontes, roi jaloux qui mit à mort sa femme et son enfant.

©Elian Bachini – Cie Philippe Car


Le Conte d’hiver de William Shakespeare s’ouvre sur une fête au palais de Léontes en Bohème. Au Reflet, à Vevey, cette fête commence dès l’entrée du public dans le hall du théâtre : les comédiens, après une brève séance de maquillage, se baladent dans tout le bâtiment en dansant et en jouant de la musique. Les convives s’enjaillent, le public prend place dans la salle et, soudain, Léontes voyant sa femme, Hermione, danser avec son invité et ami, le roi de Sicile, se convainc qu’elle est en train de le cocufier sans vergogne. Jaloux, il décide alors de mettre à mort son hôte, Hermione et sa propre fille, qu’il perçoit injustement comme une bâtarde. Après le décès de ces dernières, l’une morte de chagrin, l’autre tuée par un serviteur, il a honte et souhaite pouvoir tout réparer. Mais il est trop tard.

Tout avait si bien commencé… Même si l’on ne saurait vraiment dire quand les choses avaient commencé. Était-ce dès l’entrée du théâtre ? Lorsque nous prenions place sur notre siège ? Ou bien avant tout cela ? Car la quête de paix entreprise par Léontes est plus qu’une simple histoire de théâtre. C’est l’histoire de notre vie, qui s’étend bien au-delà des deux heures de spectacle.

C’est aussi une histoire de musique : au cours de la pièce, les comédiens jouent de différents instruments, dont l’accordéon, et chantent régulièrement en italien ou en français (une charmante ballade sur un chaud lapin, un poisson et des tentatives de reproduction inter-espèces plus ou moins subtiles). Le tout crée un monde vivant, joyeux, empli d’art et de rêve. Car tout n’est pas si noir : après que Léontes a confié sa fille à un serviteur pour qu’il la tue, ce dernier, farouchement opposé à cette idée, cacha celle-ci sur une plage de Sicile dans l’espoir qu’elle soit recueillie par une âme charitable. C’est ce qui arriva.

A la musique, composée spécialement pour l’occasion, s’ajoutent des costumes de théâtre tels qu’on se les imagine lorsqu’on parle de théâtre – des robes colorées, des manteaux élégants, des coiffes… La mise en scène compte sur un décor sobre –quelques accessoires et instruments de musique en fond de scène – mais qui, en s’agrémentant de fleurs lumineuses ou de rideaux violets, fait voyager aux confins de la Sicile et de la Bohème. Pour ne rien laisser au hasard, les comédiens jouent de temps à autre dans et avec la salle. Nous ne sommes plus à Vevey mais alors plus du tout.

Pourtant, régulièrement, nous voilà sommés de retourner à notre siège de théâtre et d’admettre – à regret – que les personnages du Conte d’hiver évoluent sur une scène et n’existent sans doute pas. Cela est dû aux fréquents et jouissifs « aveux de théâtre », comme on dit : le Temps, par exemple, est un personnage à part entière et vient annoncer les différentes ellipses temporelles (l’histoire de la pièce est supposée durer seize ans) et les changements de décor, en se permettant quelques jeux de mots soigneusement dosés tels que « le Temps s’est perdu. Il part à sa recherche » ou « le Temps a un besoin pressant. Le Temps fuit ». Les comédiens jouent tous plusieurs rôles et, lors de l’avant-dernière scène, comptant plus de personnages que d’acteurs, ces derniers sont contraints d’effectuer de nombreux changements rapides et se permettent quelques petites erreurs de costume volontaires au passage : ainsi, le roi de Bohème débarque en paysan et sa fille en garçon de ferme. Le théâtre se dévoile dans toute sa vérité, dans toute son illusion. La fin de la pièce repose elle-même sur une dernière tromperie de comédie : la reine Hermione, décédée au début du spectacle, avait en réalité simulé sa mort et s’était déguisée en statue pendant plus de seize ans... Après les retrouvailles et les pardons d’usage, Léontes fera enfin la paix avec son passé et son présent.

C’est donc par un bel hommage à Shakespeare, à sa langue, au théâtre et à ses tours de magie que Philippe Car raconte, avec légèreté et poésie, les erreurs et la peine d’un homme qui aurait pu être l’un de nous, à une autre époque, dans un autre monde, dans une autre vie.

Le Conte d’hiver / de William Shakespeare / mise en scène de Philippe Car / Compagnie Philippe Car / Le Reflet / 28 janvier 2017.

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