X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Culture
Jusqu'au bout du rêve
La La Land
De Damien Chazelle | Comédie musicale
Avec Ryan Gosling, Emma Stone et John Legend



« Tu sais comment Charlie Parker est devenu Charlie Parker ? Jo Jones lui a lancé une cymbale parce qu’il jouait comme un pied pendant une session. Il a manqué d’être décapité et tout le groupe a ri de lui. Mais le lendemain, il s’est entraîné, encore et encore, avec un seul but en tête : qu’on ne se moque plus jamais de lui. Un an plus tard, il revient au Reno, monte sur scène et joue le meilleur putain de solo que le monde ait jamais entendu. »

Cette histoire racontée par le gigantesque J. K. Simmons au jeune Miles Teller synthétisait le passionnant propos de Whiplash. Pour son second long-métrage, Damien Chazelle réalisait un brillant récit sur le prix de la réussite et les sacrifices qu’impliquent l’art et la création. Si Jo Jones s’était contenté de dire : « C’est ok Charlie, c’était pas mal, bon travail », Parker serait-il tout de même devenu le « Bird » ? C’est cette question que posait le formidable duel au cœur du film et que Chazelle orchestrait (littéralement) comme un film d’action. Une expérience de cinéma à la fois éprouvante et galvanisante, qui augurait d’un auteur doué, dont le prochain projet s’annonçait par avance immanquable.

La La Land, troisième réalisation de Chazelle, se pose en suite logique de Whiplash et confirme le talent du cinéaste. Comédie musicale renouant avec la grande époque Astaire-Rogers et autres Jacques Demy, le film suit Mia et Sebastian, deux passionnés (elle veut devenir actrice, il espère ouvrir un club de jazz) qui se rencontrent, s’insupportent d’abord, se découvrent ensuite puis finissent par s’aimer. Mais, tandis que chacun s’échine à vivre sa passion, une terrible interrogation pointe : leurs aspirations individuelles sont-elles compatibles avec leur romance ?

Chazelle prolonge donc ici sa réflexion sur la poursuite des rêves et le prix à payer pour les réaliser. Moins brutal que Whiplash dans son propos, La La Land ne se fait pas pour autant mièvre ni démago. Là où son aîné ne faisait aucune concession jusqu’à une résolution à la fois éreintante et satisfaisante, ce nouveau long-métrage entraîne joyeusement dans son récit, avec douceur et légèreté, avant de laisser poindre la mélancolie, pour finalement s’achever sur une note douce-amère aussi belle que juste.


Côté formel, le plan-séquence virevoltant qui ouvre le film pose certes un spectacle total qui ne réapparaîtra plus par la suite. La faute aux compétences limitées des deux (excellents) acteurs principaux : Ryan Gosling, admirable au clavier, chante comme il joue (dans une retenue maîtrisée) et Emma Stone révèle une très belle voix, mais le duo n’est évidemment pas Astaire et Rogers. Fatalement, l’histoire restant centrée sur leurs personnages, les numéros de danse ne seront plus au niveau de l’époustouflante première scène.

Néanmoins, la qualité ne s’en voit pas pour autant réduite, puisque le film se concentre sur les atouts de ses interprètes (le chant, le piano, l’alchimie de leur jeu). Tout entier au service de la composition de son ami Justin Hurwitz (déjà à l’œuvre sur Whiplash), Damien Chazelle met en scène une vraie comédie musicale, qui joue avec la réalité, assume l’artificialité de son univers (revendiquant l’héritage théâtral du genre) et laisse les émotions porter son récit. Epousant pleinement le point de vue des deux héros, les éclairages se resserrent sur eux en signe d’introspection, les décors se fragmentent et la caméra se fait aérienne pour suivre leur imaginaire et l’envol de leurs pensées.

Du début à la fin, La La Land est un spectacle riche et varié : drôle (la « perversion » de Ryan Gosling par John Legend donne lieu à quelques scènes croustillantes), entraînant (on vous défie de ne pas au moins claquer des doigts sur Another Day of Sun), touchant (le très beau solo Audition d’Emma Stone). Si le nouveau film de Damien Chazelle résonne encore longtemps après la projection, ce n’est pas uniquement à cause de l’entêtant City of Stars, mais aussi et surtout par son propos fort, auquel il met les formes. Une sortie immanquable de ce début d’année, assurément.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.