X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Culture
Vivre et laisser mourir
A Monster Calls (Quelques minutes après minuit)
De Juan Antonio Bayona | Drame / Fantastique
Avec Lewis McDougall, Felicity Jones et Liam Neeson



Dès son premier long-métrage, Juan Antonio Bayona livrait un petit bijou du cinéma fantastique : maîtrisé de bout en bout, L’Oprhelinat s’imposait à la fois comme un grand film d’horreur (un, deux, trois soleil n’a jamais été aussi terrifiant) de même qu’un drame bouleversant (le final est tout simplement déchirant). Produit par Guillermo del Toro, le pape mexicain du cinéma fantastique, le film s’était vu couronné de sept Goyas dans son pays d’origine et faisait de Juan Antonio Bayona un nom à suivre. Le cinéaste espagnol enchaînait ensuite avec The Impossible, un ambitieux drame néanmoins sujet à débat, avant de réaliser les deux premiers épisodes de l’excellente série Penny Dreadful. A Monster Calls (Quelques minutes après minuit) ne pouvait donc que susciter une attente fébrile. Le talent de son réalisateur était évident depuis bien longtemps. Pourtant, rien ne préparait véritablement au choc que constitue ce nouveau film.

Le Labyrinthe de Pan, sans doute le chef-d’œuvre de Guillermo del Toro, mettait en scène une fillette, dont la mère est malade, face aux horreurs de la guerre, l’innocence face au mal. L’héroïne devait y passer un certain nombre d’épreuves, dans une sorte de conte de fée cauchemardesque où les repères classiques ne se révélaient plus si fiables. En définitive, il s’agissait là d’un hommage énamouré au cinéma et à l’imaginaire.

Dans sa droite lignée, L’Orphelinat traitait du lien mère-fils au travers d’un récit horrifique où l’élément fantastique naissait du drame réel des personnages. Le deuil y était exploré et affronté grâce à l’imaginaire, qui servait d’abord à s’en échapper, puis à l’accepter.


A Monster Calls se fait alors le prolongement de ces deux films, invoquant de nombreux éléments semblables. Adaptée d’un roman de Patrick Ness, l’histoire narre le quotidien de Connor, un jeune garçon qui vit seul avec sa mère atteinte d’un cancer. Abandonné par son père, incompris par sa grand-mère autoritaire et brimé par des camarades cruels, l’enfant trouve refuge dans ses dessins et les univers merveilleux qu’il crée chaque nuit. Un soir, quelques minutes après minuit, le vieil if qui surplombe sa maison se métamorphose en un gigantesque monstre qui vient jusqu’à lui. La créature annonce alors à Connor qu’elle est ici pour l’aider à affronter la réalité et qu’elle reviendra les prochaines nuits lui raconter trois histoires. Le garçon devra finalement lui raconter lui-même une quatrième histoire, qui révélera la vérité qu’il refuse de voir.

A Monster Calls ne fait ainsi pas grand mystère de son sens : le récit traite lui aussi du deuil, mais le fait avec subtilité et pertinence. La signification réelle de chacune des histoires du monstre n’apparaît que progressivement, de même que la nature véritable de ce dernier, dont on explique discrètement qu’il est une émanation symbolique du grand-père. Les images sont aussi simples que puissamment évocatrices : la première apparition du monstre est ainsi amorcée par un plan sur la feuille à dessins de Connor (l’écrin de ses pensées) qui, par un fondu enchaîné, laisse place à la fenêtre de sa chambre donnant sur l’extérieur (l’écran dans lequel ses pensées pourront se réaliser).


A l’instar de ses illustres prédécesseurs évoqués plus haut, le film prône donc le pouvoir de l’imaginaire, rendant la frontière avec la réalité particulièrement floue. Et ce, jusque dans sa fabrication. Les prises de vues réelles à la très belle photographie côtoient ainsi les magnifiques séquences animées aux allures d’aquarelles ; superbement conçu et porté par l’incarnation puissante de Liam Neeson, le monstre du titre entraîne toujours davantage Connor dans son univers et le pousse peu à peu dans ses derniers retranchements. Plus il plonge dans l’imaginaire, plus le garçon doit faire face à la réalité. Véritable révélation, le jeune comédien Lewis McDougall est également épaulé par l’excellente Felicity Jones, l’étonnamment bon Toby Kebbell et la grande Sigourney Weaver.

Logique, évident et fort, le récit traite sa thématique avec beaucoup de finesse et nous entraine par toutes les étapes du deuil, jusque dans la résolution inattendue (ou plutôt que, comme le héros, l’on ne veut pas voir venir) qui donne finalement sens à l’ensemble. Le terme de « claque émotionnelle » est souvent employé pour qualifier des drames (y compris par nous) et peut sembler parfois quelque peu exagéré, mais il est ici plus adéquat que jamais. On s’est rarement senti si impuissants face à la tragédie d’un enfant ni si étrangement libérés de le voir céder à la violence, on a rarement été si terrifiés de voir un personnage lâcher prise au bord d’un précipice ni si touchés par le regard bienveillant d’une créature de pixel, enfin, on a rarement eu la gorge si nouée et les yeux si humides devant deux êtres qui s’enlacent.

Expérience éprouvante de bout en bout, mais ultimement exaltante, A Monster Calls est un drame fantastique aussi beau que bouleversant, un magnifique appel au rêve et à la création.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.