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Culture
Lost in Translation
Arrival
De Denis Villeneuve | Science-fiction / Drame
Avec Amy Adams, Jeremy Renner et Forest Whitaker



En sept long-métrages et presqu’autant de genres explorés, Denis Villeneuve s’est bâti une solide filmographie. S’il n’échappe pas par instants à la pose pompeuse, le style visuel du Canadien reste maîtrisé, élégant et même, dans ses meilleurs moments, puissamment évocateur. Avec Prisoners, le cinéaste effectuait un passage réussi à Hollywood. L’an dernier, il frappait un très grand coup avec l’éprouvant Sicario. Après les drames, thrillers et polars, l’auteur de Polytechnique passe à la science-fiction : avant de s’attaquer à la très risquée suite de Blade Runner, il traite avec Arrival du premier contact avec des extraterrestres.

Adapté d’une nouvelle de Ted Chiang, le nouveau film de Denis Villeneuve narre donc l’arrivée sur Terre d’étranges ovnis, qui apparaissent subitement à différents endroits du globe et restent étonnamment immobiles. Terrifiée, l’humanité envoie ses meilleurs experts à la rencontre des occupants de ces mystérieux vaisseaux, dont les intentions réelles sont encore incertaines. Côté américain, l’armée engage une linguiste (Amy Adams) et un physicien (Jeremy Renner), chargés d’établir le contact avec les aliens et de déterminer leur nature et leur but précis. L’avenir de la planète entière dépendra alors d’un unique enjeu : que ces émissaires terrestres et leurs interlocuteurs étrangers parviennent à se comprendre. Ainsi, Arrival explore en profondeur l’une des thématiques principales que contient intrinsèquement ce genre de récit, à savoir celle de la communication. Une idée plutôt intéressante, mais dont le traitement peine à démontrer une réelle pertinence. Du moins, au départ…

Evidemment, Arrival est très beau. Certes, Villeneuve répète peut-être un peu trop le même panoramique descendant qui démarre du plafond pour faire apparaître l’intérieur d’une pièce (c’est sympa, mais au bout de la sixième fois, l’effet est déjà moindre…). Hormis ce détail un brin agaçant, la mise en scène est souvent éblouissante : à ce titre, la scène de découverte des ovnis (un plan-séquence tournoyant) se pose là.


Néanmoins, s’il impressionne dès ses premières minutes, le film démarre étrangement : passé un montage introductif qui expédie le drame fondateur de l’héroïne (la perte de son enfant), les autres personnages sont à peine présentés et la situation est mise en place très rapidement. L’arrivée des ovnis étant montrée presque exclusivement à travers des écrans, l’émotion se voit freinée et la peur que l’on s’attendrait à ressentir face à un tel événement est dès lors étouffée.

On a beaucoup comparé Arrival à Interstellar. Pour le coup, le film de Denis Villeneuve souffre effectivement par moment du syndrome Nolan : trop rationnel, trop froid, il peine à impliquer émotionnellement. Paradoxalement, le drame initial qui ouvre le récit devrait favoriser ce point, mais son lien réel avec cette histoire de premier contact extraterrestre n’apparaît pas clairement. De fait, durant une bonne première moitié, il est difficile de savoir ce que raconte exactement le film. L’histoire trouve-t-elle son cœur dans le passé douloureux de l’héroïne ou plutôt dans la rencontre entre l’humanité et les aliens ? Parle-t-elle du deuil ou plutôt de la communication ?

Mais, s’il ne disparaît pas, le flou évolue avec la découverte progressive des aliens. Arrival parvient ici à éviter les pièges du genre et gère habilement le mystère autour de ses créatures. Leur première apparition est un vrai grand moment, tandis que leurs look et fonctionnement, qui se dévoilent peu à peu, se révèlent très originaux. Le film parvient ainsi à imaginer une race à la fois différente et incompréhensible au premier abord que parfaitement crédible dans sa nature. L’intérêt est alors stimulé et l’intrigue commence à prendre forme.

Se noue finalement un drame proche de ce que racontait le dernier opus de La Planète des singes : une entente incertaine et fragile entre deux groupes qui essaient de communiquer, ne se comprennent pas, avec dans chaque camp des manipulateurs belliqueux comme des diplomates sincères.

Pourtant, là encore, Arrival n’évite pas certaines maladresses. S’il est intéressant de montrer quantité d’écrans lorsque l’on parle de communication, le film exprime un peu trop littéralement son propos par instant, le plaçant plusieurs fois dans la bouche de ses personnages quand ses images suffisaient déjà amplement. Jusqu’au bout, on n’échappera pas à quelques raccourcis et facilités dans les passages obligés (la rébellion des militaires), ainsi que dans l’explication de la présence des aliens sur Terre (le mystère laissé sur certains aspects de cette réponse peut paraître un brin facile).

Malgré tout cela, il est impossible de ne pas considérer Arrival comme étant un excellent film. Si elles semblent le condamner, ses faiblesses évoquées plus haut sont rendues totalement négligeables (ou prennent même sens pour certaines) lors du final. En effet, qu’importe à l’arrivée la réponse à la question que se pose l’humanité toute entière : ce qui compte réellement n’est pas la raison de la présence des aliens mais bien l’impact de celle-ci. Ainsi, tandis que les deux grands arcs narratifs semblent toujours s’articuler difficilement, le dernier acte réserve un twist qui vient tout mettre en lumière, expliquer les éléments mystérieux et enfin unir ces deux récits.


Déstabilisant dans sa majeure partie, Arrival trouve finalement tout son sens à rebours. La froideur et la rationalité distante que nous regrettions plus haut laissent alors pleinement place à de pures émotions, tandis que la situation complexe et pesante se résout logiquement de la plus simple des manières, par un bête coup de téléphone. C’est dans cette simplicité (celle de son propos), bien plus que dans son apparente complexité (celle de sa structure), qu’Arrival cache sa véritable force, s’imposant sans qu’on l’ait vu venir comme l’un des grands événements cinématographiques de cette fin d’année.

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