X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Culture
Cure et culture – Dom Juan au Théâtre de Vidy
En 1665, la critique religieuse du Dom Juan de Molière passait mal. Bien que ce ne soit plus le cas aujourd’hui, Sivadier parvient à captiver le spectateur en offrant à sa mise en scène un panel frémissant de références culturelles.



@Jean-Louis Fernandez


Dans un cercle de sable au centre du plateau, Dom Juan tourne en rond. Il tourne comme le faisaient déjà Vladimir et Estragon dans le très célèbre En attendant Godot de Samuel Beckett, mis en scène par Roger Blin, où deux vagabonds attendaient en vain Godot au centre d’une arène de cirque, comme deux clowns. Alors que son père arrive pour lui intimer l’ordre de cesser de vivre dans la débauche, Dom Juan est en train de lire La Philosophie dans le boudoir du marquis de Sade, œuvre libertine du XVIIIe siècle. A ces deux références s’y ajouteront un grand nombre, sans que le texte original en soit grandement modifié.

Continuant dans la veine circassienne, les comédiens jouent d’une manière plutôt clownesque, alourdissant parfois l’ensemble, remarquable toutefois : les paysannes que Dom Juan viendra séduire sont d’une énergie considérable, le petit La Violette, serviteur, est totalement hystérique, désemparé et hilarant. Constituant un agréable contrepoint, certains sont beaucoup plus sérieux, comme le père de Dom Juan ou le frère d’Elvire, l’une des conquêtes du séducteur. Quant à Dom Juan, il oscille entre des moments de folie, d’hallucination ou de profonde colère. Venant couronner le tout, certains passages ajoutés au texte comme celui où Dom Juan raconte avec un accent espagnol le début de son existence ou celui où La Violette casse tout le décor ne manquent pas de faire rire aux éclats.

Et il vaut mieux rire que pleurer, quand on voit à quel point le monde de Dom Juan est en train de s’effondrer : au début du spectacle, de petites planètes flottaient tranquillement en hauteur, le sol était uniforme, la salle était calme. Plus la pièce avance, plus les choses changent, s’effondrent de manière bruyante, assourdissante, comme une usine nucléaire en pleine action ou un cerveau mécanisé. Au plafond, des chiffres défilent en ordre décroissant, marquant le passage oppressant du temps… Jusqu’à la fin.

La scénographie, riche et inventive, constitue un personnage à part entière du spectacle, dont elle dévoile les ficelles à de nombreuses reprises : les coulisses sont visibles, les techniciens paraissent devant nous pour changer le décor, la musique est jouée en direct sur le plateau, l’une des scènes, censurées en 1665, est annoncée comme telle par le biais d’un panneau lumineux ; c’est comme si nous avions accès aux secrets de l’univers (matérialisés par les planètes) et du théâtre. Malgré cette connaissance vertigineuse, les effets spéciaux ne cesseront jamais de nous surprendre. De ce monde bruyant et lumineux, cultivé et comique, ont émergé quelques bulles de rêve que le noir final a fait insidieusement exploser.

Dom Juan / De Molière / Mise en scène par Jean-François Sivadier / Théâtre de Vidy / du 23 novembre au 2 décembre.

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.