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Culture
Lausanne Shakespeare Festival (1/2): « Pourquoi avez-vous apporté ces poignards ? »
Ces 24 et 25 juin derniers, la première édition du Lausanne Shakespeare Festival s’est installée à la Grange de Dorigny. Durant deux jours, quatre ateliers et deux pièces de théâtre nous emmenés à la rencontre de Shakespeare. Retour sur MacBeth, mis en scène par Florence Rivero et joué par la Compagnie Sweet Sorrow.

MacBeth retrace le parcours de différentes prédictions vers leur réalisation, aussi impossible soit elle. Lorsque MacBeth et Banquo, généraux du roi Duncan et joueurs d’échecs à leurs heures perdues, rencontrent une sorcière – ou une folle schizophrène, si l’on veut rationaliser, ce qui change alors toute l’interprétation de la pièce –, elle annonce au premier qu’il deviendra Thane de Cawdor (titre à peu près équivalent à celui de gentilhomme), puis régnera, mais que les descendants de Banquo lui succéderont. Peu de temps après, MacBeth hérite dudit titre de Thane de Cawdor puis, avec la complicité de son épouse, tue le roi et se fait couronner. Sombrant peu à peu dans la folie, il finit par tuer Banquo également, puis le bébé et l’épouse de MacDuff, Thane de Fife. Lady MacBeth, devenue folle à son tour, se suicide. Le successeur légitime au trône marche contre MacBeth, qui sera finalement éliminé par le Thane de Fife. La mise en scène ne laisse qu’une question en suspens : quid de la descendance de Banquo ?

Le décor, ici, est très sobre, constitué d’une table d’échecs, d’un porte-manteau, d’une table, de chaises et d’un escalier noir, et se désagrège avec la stabilité mentale de MacBeth : les chaises, puis les pièces du jeu tombent… MacBeth en fera une véritable barricade face à l’envahisseur à l’éclatement de la guerre.

Les costumes, eux aussi, sont simples mais permettent d’opposer de manière claire les personnages : face au couple MacBeth, habillé de noir, assombri encore par le rouge sang des talons de Lady MacBeth, Lady MacDuff est vêtue de blanc. Juste avant qu’elle ne meure, le régicide exige qu’elle se déshabille. Abandonnant sur scène son châle, il sera récupéré par la reine pour nettoyer ses mains, qu’elle croit pleines de sang. Le châle de la femme la plus innocente de la pièce suffira-t-il à laver son crime ? Ce châle, celui d’une femme sauvagement assassinée, lui fera oublier sa culpabilité ? Le symbole est fort et poussera Lady MacBeth dans le royaume infernal.


Lady MacBeth sombre dans la folie... ©Kovacs Photo


La simplicité des éléments évoqués jusqu’ici ne peut que mettre en valeur le jeu des comédiens – qui jouent en anglais (sur-titré français) – et la beauté de la mise en scène, s’appuyant sur des images fortes, à l’instar de la scène du couronnement : un drap enduit de sang se fait tirer sur scène. D’abord légèrement rouge, il le devient entièrement au fur et à mesure qu’on le malmène. C’est alors que le couple MacBeth traverse la scène en le piétinant, sous une lumière vermeille et sombre.

Par le biais du personnage de MacBeth, nous sommes plongés dans l’intrigue : seul à nous dévisager en tant que public, seul à nous prendre à parti, il nous entraîne dans sa folie ; nous voyons avec lui Banquo le hanter, nous voyons des visages masqués le dévisager, nous entendons des démons lui parler, alors que le monde extérieur ne comprend pas ses crises de paniques. La folie s’amplifie. Et c’est là l’élément le plus complexe de la pièce : un crescendo sur deux heures, géré ici avec brio.

Joueur d’échecs dans la première scène, MacBeth devient au fil de la pièce jouet de mots qui changent le réel. Ses grands discours sur la vacuité de l’existence n’y changeront rien, sa vie reste soumise au destin… ou aux paroles grinçantes d’une folle schizophrène.

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