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Culture
NIFFF 2016 - Rencontre avec Tobias Weber
Annoncé comme le premier véritable long-métrage interactif, le film suisse Late Shift était présenté au Neuchâtel International Fantastic Film Festival dans la sélection Amazing Switzerland, qui offrait un panorama du cinéma de genre helvétique. Nous avons pu rencontrer son réalisateur, Tobias Weber, et discuter avec lui de cet étonnant projet.

© &Söhne

L'auditoire : Tout d'abord, pouvez-vous nous expliquer le principe de Late Shift et ce qu'est concrètement CtrlMovie, l'application à son origine ?

Tobias Weber : CtrlMovie, c'est la technologie que l'on a créée pour réaliser Late Shift. Nous voulions faire un film interactif et il n'y avait aucun logiciel existant le permettant, nous avons donc développé quelque chose nous-mêmes. Et Late Shift est donc un film interactif dans lequel les spectateurs votent avec leurs smartphones pour orienter l'intrigue selon leurs désirs. C'est un long-métrage pour le cinéma, mais il est également visible sur les tablettes et smartphones, et depuis récemment sur l'Apple TV.

Y a-t-il d'autres supports prévus après ceux-ci ?

Pour le moment il n'y a que ceux-ci, mais nous espérons emmener le film sur PC et Android.

D'où vient l'idée du film et comment le projet s'est-il monté ?

C'est difficile à dire. C'est sans doute inspiré des Livres dont vous êtes le héros, où il faut faire des choix et aller à telle page selon l'option retenue. On a lu ça dans notre enfance, ça nous a donc sûrement influencés. Sinon, c'est plutôt une simple idée : la connexion entre ce que l'on fait, ce que l'on décide, et les conséquences de tout cela. Au final, on décide tout le temps : même ne pas prendre une décision en est déjà une. Il faut toujours choisir. La vie, c'est le choix. C'est surtout ce rapport entre les choix et leurs conséquences qui m'a intéressé.

Ces dernières années, la frontière entre cinéma et jeu vidéo a eu tendance à s'effacer, en particulier du côté du jeu vidéo qui s'inspire de plus en plus des films. Late Shift constitue-t-il une nouvelle étape, du côté du cinéma ce coup-ci ?

Exactement. Il y a cet espace entre cinéma et jeu vidéo dans lequel on peut pénétrer par l'un ou l'autre côté. Des jeux comme Quantum Break ou Beyond Two Souls sont très cinématiques, mais ils restent des jeux vidéo. Nous, on vient de l'autre côté. Mais le concept de "branch storytelling" est le même.

En revanche, l'interactivité de Late Shift n'est pas la même que dans le jeu vidéo, puisque les décisions se prennent à plusieurs, par l'ensemble du public. N'est-ce pas un peu frustrant pour le spectateur individuel, qui voit son choix refusé par la majorité ?

Oui, sans doute. Nous avons eu à faire face à beaucoup de scepticisme à ce niveau-là. Ça peut certainement être frustrant de faire un choix et de voir au final l'intrigue partir sur l'autre option. Mais ce qui est fascinant, et que nous n'avions pas prévu, c'est qu'il y a une atmosphère très magique dans la salle pendant la projection. Une atmosphère qui dépend justement de cet élément : les gens prennent des décisions, certains râlent parce que leur choix était minoritaire, d'autres applaudissent ou rient devant certains choix inattendus... Nous ne nous attendions pas à cela, mais l'atmosphère est vraiment incroyable pendant la projection. Au final, Late Shift existe en tant qu'expérience individuelle mais aussi collective. C'est complètement différent, mais les deux sont intéressants.


Comment pourrait-on donc situer Late Shift par rapport au cinéma ? Je crois que c'est Hitchcock qui disait que, selon lui, réaliser un film revenait à manipuler le spectateur et ne lui laisser justement aucun choix. Ici, est-ce encore du cinéma ou plutôt quelque chose de nouveau ?

C'est quelque chose de nouveau, certainement, mais on espère que c'est encore du cinéma. Oui, on donne un choix au spectateur, mais il y a quand même toujours cette histoire que l'on raconte et on reste dedans. Il y a aussi un développement au niveau du personnage : il peut évoluer vers le meilleur de lui-même ou le pire. On a ça dans tous les films, mais normalement l'auteur fait le choix de l'un ou l'autre. Dans Late Shift, les deux sont possibles, et c'est au public de décider dans quelle direction aller.

Et le concept permet aussi de revivre le film plusieurs fois et d'avoir une expérience différente à chaque coup.

Absolument. On a sept fins différentes : tu peux mourir ou au contraire terminer avec un happy ending. Le récit dépend donc vraiment des choix du public.

Quel a été le principal défi dans la réalisation de ce projet ?

Comme vous pouvez l'imaginer, il y a des sortes d'univers parallèles dans l'histoire, il faut donc toujours avoir une vue d'ensemble de ce système narratif. C'est compliqué pour tout le monde (l'équipe technique, le réalisateur, les acteurs) de toujours savoir d'où l'on vient et où l'on peut potentiellement aller. Il faut prévoir toutes les possibilités. Généralement, on ne tourne jamais un film chronologiquement, il faut donc automatiquement être attentif à cela. Mais là, c'est encore plus compliqué, puisqu'il faut prévoir plusieurs histoires en parallèle.

Quelle est la prochaine étape dans l'expérience CtrlMovie ?

Nous souhaitons évidemment faire d'autres projets nous-mêmes, mais il est également important pour nous que d'autres cinéastes se mettent à faire des CtrlMovies eux-mêmes. Nous allons offrir la technologie gratuitement, en prenant simplement un petit pourcentage sur les recettes. On espère donc que le concept fera des émules dans le futur.

Et concernant le principe interactif, souhaitez-vous pousser encore plus loin le concept ? Y a-t-il des choses que vous n'avez pas pu accomplir sur Late Shift et que vous espérez pouvoir réaliser ?

Oui, ce qui m'intéresse, c'est de partager les choix. Par exemple, une histoire avec deux héros, où la moitié du public prendrait les décisions pour le personnage A et l'autre moitié pour le personnage B. On pourrait imaginer une comédie romantique avec une moitié qui décide pour la fille et l'autre moitié pour le gars. Je trouverais ça très intéressant.

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