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Culture
Road Trip Théâtral, Etape 5, Théâtre Kléber-Méleau, Renens
Se rendre à Kléber-Méleau pour assister à La Trilogie sur le théâtre n’est pas un geste anodin. Il s’agit de briser le quatrième mur du théâtre et d’aller à la rencontre de deux lumières : Eve Bonfanti et Yves Hunstad.

Après les trilogies littéraires et cinématographiques, il en fallait bien une au théâtre. L’avantage ? L’attente entre les pièces ne dure pas plus d’une semaine. Théâtrale de par sa forme, elle l’est également par le fond : chaque pièce propose de traiter un aspect du 6e art : la Tragédie comique explore le personnage, Du vent… des fantômes s’attache au public et Au bord de l’eau au texte. Véritable réflexion méta théâtrale, cette Trilogie enchaîne jeux de mots, jeux de situations et jeu dans la plus pure acceptation du terme.

Au fil des soirées, le monde que les plumes d’Eve et Yves ont créé se dévoile ou, pour le dire plus justement, a enfin la parole. Dans Au bord de l’eau, tout existe déjà : « l’étang s’étend », une barque passe et repasse, des personnages attendent… L’étang apparaît dès qu’il y a un public pour en remplir l’espace, les personnages prennent vie dès qu’il y aura quelqu’un pour les jouer, pour ensuite voyager entre le bord de l’eau et le bord de scène. La Tragédie comique, c’est le récit de cette attente, un monologue brillamment interprété par Yves : un personnage veille au pied du lit de son comédien jusqu’à ce qu’il soit assez grand pour entrer en lui. Et ils cheminent ensemble. Ensemble, ils affrontent les démons de l’acteur, ensemble, ils sont entiers. Et il faut un jour se séparer car c’est dans le monde réel que sont « les vraies étoiles ».


Du vent... des fantômes ©Olivier Garros


Mais encore faudrait-il savoir où se trouve le monde réel… Où s’arrête le spectacle ? Où commence la vie ? Car, avec Eve et Yves, tout est écrit, les fautes de textes, les reprises, les imprévus : Du vent… des fantômes commence dans le foyer car Eve a réussi à s’enfermer dans la salle. Le public passe donc par les coulisses et s’assoit sur scène. La salle est dangereuse, les lampes pourraient tomber. Et le public devra jouer son propre rôle et suivre la troupe en tournée et, surtout, payer les frais, glisse Eve avec malice. Même nos répliques sont écrites, même les interventions du régisseur exaspéré qui les avertira à la toute fin : « il ne reste que deux répliques ». A quoi répondront nos deux comédiens : « deux répliques ? » « Seulement ? ». Noir. Le rapport au texte et à la vie s’envisage soudain très différemment. Si tout est digne d’être écrit, alors tous nos mots ont une importance et une beauté. Sur ce point, Du vent… est très proche d’Au bord de l’eau et il y a parfois quelques redites. Mais, comme le dit Eve, « on ne se réinvente pas ». Et l’essentiel n’est pas dans le texte.

La Tragédie comique est une pièce de Théâtre, avec masque, faux nez et personnage digne de la commedia dell’arte. Dans les deux pièces suivantes, les deux comédiens jouent aux comédiens dans Du vent… , aux auteurs dans Au bord de l’eau (avec quelques personnages, toutefois, comme la gentille Madame Simone et le petit Marcel). Le jeu est plus proche du quotidien, plus sincère, brillant. Comme si les acteurs se présentaient à nous, mais sur une scène. Les décors se simplifient également : des tréteaux de La Tragédie comique, on termine autour d’une petite table à discuter d’un texte au bord de l’eau. La Trilogie incarne une mise à nu chronologique : La Tragédie est la plus ancienne des trois. Après les masques, on se démasque et l’on va faire connaissance avec Yves et Eve hors-scène, autour d’un verre.

Car, pour nos deux artistes, vivre cette trilogie consiste à construire une relation sincère avec le public. Une fois libéré d’un texte complet, il n’y a plus que le jeu et la relation avec le public, ce jeu qui nous fait vivre et « être dans l’espace comme des étoiles filantes », nous dit Eve, comme un cœur qui bat, libre. En sortant, une douce impression demeure, une intuition de les avoir toujours connus ; on a pu discuter avec eux et partager de comédien à public, d’humain à humain. Et l’appel final de La Tragédie comique résonne encore sur le parking de Kléber-Méleau, juste à côté de la déchèterie sous la toile de la nuit : « va, sans la peur d’aimer ». Va.

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