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Culture
Road Trip Théâtral, Etape 2 : Théâtre de l’Odéon/Ateliers Berthier, à Paris
Après Des Territoires, le road-trip revient sur une mise en scène du Tartuffe de notre cher Jean-Baptiste par Luc Bondy. Plus sombre que le texte original, il nous présente sur la grande scène des Ateliers Berthier une famille fatiguée que Tartuffe ne laissera pas intacte.

Orgon, père de famille entêté, tyrannique mais honnête, héberge chez lui Tartuffe, un faux-dévot qui le pousse à rejeter sa famille pour s’en approprier les richesses. De plus, Orgon souhaite marier sa fille, Marianne, à Tartuffe, bien qu’elle veuille épouser Valère, son amant. La pièce décrit les tentatives plus ou moins réussies de la famille pour faire voir à Orgon la duplicité de Tartuffe. Elle montre aussi et surtout une famille déchirée par l’aveuglement d’un père. La mise en scène restitue d’ailleurs cet élément dès le début du spectacle : les personnages entrent un par un, se lançant des regards fatigués avant de s’asseoir. Même Dorine, la servante pétillante et malicieuse, fait grise mine. Le rythme des deux premiers actes est plutôt calme, parfois un peu lent, mais le jeu est excellent du début à la fin.

A l’arrivée de Tartuffe, les choses changent drastiquement : à la façon d’un magicien de foire, il laisse courir ses mains sur le rideau avant de faire disparaître son commis Laurent à l’arrière et d’entrer sur scène. Les cheveux aussi gras que sa moustache, pieds nus (il est presque chez lui, après tout), bedonnant, il prépare son sermon avant l’entrée de sa dupe, Orgon. Bien évidemment, il fantasme ardemment sur la femme de celui-ci, Elmire. Face aux accusations de Damis, le fils d’Orgon, Tartuffe clame son innocence lors d’une scène explosive : il se flagelle le dos, fouette discrètement le pauvre Damis, il crie, se jette à terre, roule, court se passer la tête sous l’eau (comme un second baptême) et pleure. Enfin, Laurent vient chercher son maître par la main. Tartuffe se retire avec lui, prétendant qu’il a « à faire ». Déjà bien engagée, sa perversion éclate pleinement lorsqu’il se retrouve face à Elmire, décidée à le séduire sous les yeux d’Orgon pour qu’il constate de ses yeux les mensonges de Tartuffe. Sur le point d’être violée par Tartuffe, Orgon intervient enfin et sauve son épouse. Moins extravagant que le texte ne le dépeint, l’Orgon de cette mise en scène est plus posé. Il ressemble à un fonctionnaire dans la cinquantaine. Luc Bondy explique très justement qu’« Orgon n’est pas bête du tout. Il est influençable et manipulable, ce qui est tout à fait différent ». Il en résulte un beau travail tout en nuances.


Décor du Tartuffe, mis en scène par Luc Bondy à l'Akademietheater de Vienne – mai 2013 –, réalisé par Richard Peduzzi © Ruth Walz


Les personnages secondaires sont loin d’être laissés de côté : portés par les comédiens, ils prennent un nouveau souffle, une nouvelle allure. Madame Pernelle, la mère d’Orgon, glisse avec énergie dans son fauteuil roulant, Damis est un benêt maladroit, Dorine une vieille dame touchante et légèrement énamourée de son maître sur la cuisse duquel s’échoue sa main à plusieurs reprises. La troupe a également pris un malin plaisir à faire de Laurent, simple serviteur de Tartuffe, un sot enfant de chœur récitant bêtement les leçons du maître et se laissant abuser par celui-ci. S’éloignant du texte, la mise en scène a rajouté une servante totalement silencieuse qui vient régulièrement perturber les conversations intimes et épousseter les tableaux, mettant ainsi plus de vie dans la maison d’Orgon.

La pièce de Molière est grinçante mais finit néanmoins dans la joie collective. Ici, ce n’est plus entièrement le cas : reprenant la même disposition scénique qu’à l’ouverture, la famille réunie à table récite le bénédicité (le même que Tartuffe avait déclamé auparavant), le couple d’amants est heureux et esquisse un pas de danse au moment du noir final. Toutefois, Elmire demeure sous le choc et boit plus que de mesure. Coupant les vers de Molière où Orgon salue l’union de sa fille et de son amant, les derniers mots d’Orgon sont destinés à blâmer les sauvageries de Tartuffe et de tout le genre humain envers lequel il a perdu la foi. Le Misanthrope n’est pas loin…

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