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Culture
Jeux d’enfants
Durant ce mois de décembre, l’on a pu voir à l’affiche du théâtre Kléber-Méleau On ne badine pas avec l’amour, mise en scène par Anne Schwaller.

© Mario Del Curto

On ne badine pas avec l’amour est une pièce écrite au XIXè siècle, à l’ère des romantiques, par Alfred de Musset. En deux mots, elle raconte les retrouvailles de deux cousins, Camille et Perdican, promis l’un à l’autre. Elle souhaite rejoindre les ordres, lui sort du collège et se laisse porter, insouciant, par les souvenirs d’enfance. Devant la froideur de Camille qui cache les sentiments qu’elle ressent pour lui, Perdican séduit Rosette, une jeune paysanne, afin de rendre sa cousine jalouse. Les deux cousins se livrent alors à un jeu de séduction mutuelle dangereux, intime, violent. Rosette, apprenant par Camille qu’elle n’est qu’un instrument pour Perdican, se suicide, nous rappelant ainsi que l’amour est loin d’être une plaisanterie.

Des relations complexes
Quatre cadres rectangulaires auxquels sont suspendus des rideaux de chaînes, voilà l’essentiel du décor. Et les personnages les traversent sans cesse, s’y dissimulent, s’y laissent emprisonner, à l’image des sentiments qu’ils éprouvent les uns envers les autres. Des sentiments contradictoires que les comédiens ont particulièrement su transmettre avec fougue. Camille, d’abord froide et distante, se laisse envahir par la joie de discuter avec son cousin, puis par la colère, la jalousie et les préceptes de ses amies religieuses. Elle exprime tout à la fois une envie incommensurable de connaître l’amour éternel mais garde en elle la certitude qu’il n’existe pas, que ce n’est qu’une envie passagère qui lie deux humains. Pour Perdican, l’amour « c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux » qui, malgré les souffrances, est nécessaire à la vie. Leur confrontation a donné des larmes à la salle. Au fil de la pièce, leurs actes prennent les allures d’un jeu pervers auquel ils ne peuvent échapper, emprisonnés par leur propre fierté. D’abord vêtue en religieuse, Camille prend ensuite les mêmes vêtements que son cousin. Elle devient alors plus violente, plus sensuelle, plus joueuse et s’affranchit de dame Pluche, sa préceptrice. Le tableau final, la mort de Rosette, pourrait être larmoyant mais il n’en est rien. Rosette est debout devant nos yeux, hagarde, souriant dans le vide et vêtue à la manière de Camille et de Perdican. Et si son suicide n’était qu’un jeu de plus ?

© Mario Del Curto

Une déchéance progressive
Accompagnant la chute progressive des trois jeunes héros, des ballons de baudruche rouges explosent régulièrement, rythmant la marche des sentiments, marquant la perte progressive de l’innocence. Et le petit monde gravitant autour des deux cousins s’effondre tout autant : le père de Perdican, d’homme coquet qu’il était, finit en sous-vêtements, les cheveux lâchés, tout comme ceux fort soignés de dame Pluche qui s’en trouve fort échevelée.

Une dernière pincée d’innocence ?
Cependant, la dimension comique persiste, portée par le curé et le précepteur de Perdican, ivres dès leur seconde apparition, par dame Pluche, « coincée », par le père de Perdican, autoritaire, sifflant ses amis comme des chiens. Il est regrettable qu’au milieu d’une si belle mise en scène ait été placé un « quoi ma gueule » à la Johnny Halliday, trop vite prononcé et non-assumé par le comédien. Mais on ne se plaindra pas. Comme le dirait Perdican, « j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé ». Et on a pu découvrir sous un nouveau jour la virtuosité de Musset, entre pesanteur et légèreté grinçante, portée par de grands comédiens. En quittant la salle, on a vu un dernier ballon de baudruche rouge, souvenir d’un jeu d’enfants qui a mal tourné, se balancer au-dessus des chaînes.

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