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Culture
Jouer et penser l'altérité : nouvelle saison du Théâtre de Vidy



Vincent Baudriller a dévoilé mardi la programmation de sa deuxième année au Théâtre Vidy-Lausanne. Intitulée « Jouer et penser – in itialiano, auf Deutsch, en français, in english », la saison sera placée sous le signe de la relation à l’autre et du vivre-ensemble, malgré les différences. Bilan de la saison passée et petite sélection de la saison prochaine.

Cela fait désormais un an et demi que Vincent Baudriller a repris les rênes du Théâtre de Vidy. « Je crois que je ne suis plus "le nouveau directeur" de Vidy, mais je reste un jeune directeur – dans le sens où j’ai encore peu d’expérience dans la direction d’un théâtre. » C'est ainsi que celui qui est resté dix ans à la tête du Festival d’Avignon a entamé sa conférence de presse. Car entre un festival et un lieu fixe, certains paramètres changent. L’amour des artistes et de leur art, la volonté de produire et de promouvoir des spectacles, d’accueillir et d’accompagner des créations demeurent ; mais le rapport au temps, au public et à l’énergie est complètement différent. « Selon les artistes présents, le foyer change complètement d’ambiance », constate Vincent Baudriller. « Le théâtre, en tant qu’institution, est véritablement vivant. »

Première saison : le bilan

On aura entendu beaucoup de choses sur cette première saison, caractérisée par un changement drastique et un lot impressionnant de nouveautés. Et qui dit nouveauté dit forcément attentes, comblées ou déçues, surprises, bonnes ou mauvaises, jugements, plus ou moins hâtifs, et rumeurs, plus ou moins fondées. Parmi ces dernières, celle selon laquelle les salles se seraient vidées de leur public. Ce qui s’est révélé faux : le nombre d’adhérents reste identique, et le taux de fréquentation relativement stable ; la première édition de Programme Commun, en partenariat avec l’Arsenic, fut un grand succès. Quant au directeur, il se réjouit d’avoir ressenti une « vibration positive », s’accroissant au fil des mois : « Il y a un double risque dans la création artistique. Celui de l’artiste, dans le temps de la représentation, et celui du spectateur, qui vient voir quelque chose que personne n’a encore jamais vu s’il s’agit d’une création. Je crois que les gens l’ont compris. »

Il y en a un troisième, aussi, que le directeur n’évoque pas mais qui est pourtant bien réel : celui du programmateur, qui se pose comme défenseur d’un théâtre résolument contemporain – mais c’est un pléonasme, nous dira-t-il – et multiplie également les prises de risque pour continuer dans la voie qu’il a choisie. Un risque essentiel, vital pour les arts scéniques, mais pas évident à prendre. C’est ce courage qui a d’ailleurs mené L’auditoire à soutenir le projet artistique de Vincent Baudriller dès son arrivée sur les rives du Léman, en septembre 2013. Mais c'est aussi sa ligne directrice, caractérisée par un continuel appel à la tolérance, une constante ouverture vers l'autre, qui nous a séduits, car rejoignant les valeurs que nous cherchons, nous aussi, à défendre.

Et malgré d’inévitables déceptions, de nombreuses perles ont jalonné cette première saison. Les spectacles de Stanislas Nordey et Falk Richter, Romeo Castellucci, Yan Duyvendak et Arthur Nauzyciel sont du nombre. Et ça tombe bien : par un heureux hasard, tous se retrouvent à l’affiche de la saison prochaine. Même Laurent Poitrenaux, que nous avions admiré au-delà de toute limite dans la peau de Jan Karski, sera de retour sous les ordres de Ludovic Lagarde.

Peut-être – nous l'espérons – que notre soutien a eu son petit rôle à jouer dans l'élargissement du public, notamment au niveau de la moyenne d’âge, constaté à l'heure du bilan de l'année 2014-2015. A noter que cette modification de l'audience amène de nouveaux comportements : « Les jeunes sont moins dans la fidélité, beaucoup plus dans la réaction. » Ce n’est donc pas là qu’il faudra chercher les nouveaux adhérents, mais un nid de curieux existe bel et bien ; reste à l’attirer jusqu’au seuil des salles obscures. Qui sait, la suite soulèvera peut-être des envies.

2015-2016 : ce qui vous attend

Sur les 27 spectacles présentés en première partie de saison (donc d'ici janvier 2016), il est extrêmement difficile d'extraire une sélection sans frustration – bien que la seconde partie de saison semble encore plus alléchante. Le Temps a proposé la sienne ; voici la nôtre. Une sélection de sales étudiants pour les sales étudiants, comme il se doit, et totalement arbitraire.


Photo : Stephan Vanfleteren

Du 4 au 6 septembre, au Théâtre du Jorat (Mézières)

Premier spectacle de la saison, En avant, marche ! d'Alain Platel et Frank Van Laeke inaugure une nouvelle collaboration entre Vidy et le Théâtre du Jorat, à Mézières. Le premier, chorégraphe de génie liant théâtre et danse dans des mises en scène qui accueillent toutes les marginalités s'allie donc au second, metteur en scène atypique et auteur de séries télé, pour se pencher sur l'esprit communautaire. Pour ce faire, ils s'intéressent au monde métaphorique de la fanfare en s'inspirant du travail du photographe Stephan Vanfleteren et en s'associant au compositeur Steven Prengels

A noter que des navettes gratuites feront le trajet depuis Genève et depuis Berne, aller et retour.


Photo : David Houncheringer

Du 10 au 26 septembre

Sévissant en territoires genevois et neuchâtelois, Karim Bel Kacem fait partie de ces gens qui réinventent le rapport au spectateur. Dans B.L.A.S.T.E.D, inspiré d'Anéantis de Sarah Kane, il place ses comédiens dans une boîte, et son public tout autour. Ce dernier regarde donc la pièce à travers de petites fenêtres. Un peu comme si on était au cinéma mais avec des acteurs vivants. En plus, c'est une histoire de journalistes, donc aucune excuse pour manquer ça ne sera acceptée.

A noter que Karim Bel Kacem présente en parallèle Gulliver, pour les enfants cette fois – mais nous sommes tous de grands enfants, s'pas ?


Photo : Marc Domage

Du 30 septembre au 4 octobre

On ne présente plus Pascal Rambert, auteur de théâtre et metteur en scène français au rayonnement international. Clôture de l'amour, une histoire de séparation, a été écrit spécifiquement pour Stanislas Nordey et Audrey Bonnet, deux autres pointures du théâtre français, et créé en 2011 au Festival d'Avignon.
Les deux comédiens seront rejoint en seconde partie de saison par Denis Podalydès et Emmanuelle Béart pour Répétition, sorte de suite au premier dialogue.

A noter que le magnifique texte du même auteur Avignon à vie, déclaration d'amour au festival et au théâtre en général, sera lu par Denis Podalydès le 4 octobre.



Du 22 septembre au 4 octobre

Impossible pour tout bon étudiant qui se respecte de passer à côté du spectacle de Magali Tosato. Ex-étudiante en Lettres à l'Unil, elle est ensuite passée par la haute école de théâtre Ernst Busch de Berlin. Dans Home-Made, la metteur en scène de 27 ans mêle écriture de plateau, littérature et témoignages pour interroger la figure du dandy moderne.


Photo : Lorenzo Porrazzini

Du 12 au 16 janvier

Pippo Delbono est un artiste exceptionnel, véritable poète de la scène et également cinéaste. Vangelo répond à une demande de sa mère, faite quelques jours avant sa mort : faire un spectacle sur les évangiles. Le metteur en scène a donc pensé aux massacres, aux conquêtes, aux guerres et aux fausses morales créées sur l'hypothèse d'un Dieu, mais également à toute la poésie, l'art et la beauté qui proviennent de la même source.

A noter que la Cinémathèque suisse en profite pour projeter un cycle de films autour de Pippo Delbono, "cinéaste et acteur de cinéma".


Photo : Isabelle Meister

Du 26 au 28 janvier

Marco Berrettini est un personnage pour le moins atypique : ex-champion allemand de danse disco, il s'est également formé chez Pina Bausch et à la London Contemporary Dance School, sans oublier de mener des études en ethnologie et en anthropologie. Suite de iFeel et de iFeel2, iFeel3 continue à puiser son inspiration chez le philosophe Peter Sloterdijk, mais aussi chez la sociologue américaine Ayn Rand. Un truc d'intello, en somme, mais une comédie musicale quand même. Un genre plutôt rare jusqu'ici à Vidy.



Du 19 au 29 janvier

Last but not least, notre dernier choix revient à Jean-François Peyret, qui interroge le mythe de Steve Jobs avec Citizen Jobs. On notera bien sûr la référence à Citizen Kane dans cette pièce qui interroge les citoyens numériques que nous sommes tous devenus, au sein même d'une mise en scène dénuée de tout écran et laissant le comédien seul sur scène, presque sans décor.

Sujet des plus passionnants, qui donnera lieu à un débat animé par Eric Vautrin, dramaturge du Théâtre de Vidy nouvellement débarqué. Nous en profitons donc pour lui souhaiter la bienvenue !

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