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Culture
Astier, un artiste venu d'ailleurs

© Loll Willems

L’Exoconférence
De et avec Alexandre Astier
Mis en scène par Jean-Christophe Hembert


Il y a un peu plus d’un an, Alexandre Astier montait sur scène afin de rendre un vibrant hommage à son compositeur fétiche, Johann Sebastian Bach. Après avoir récemment ressuscité Astérix au cinéma, il foule une nouvelle fois les planches pour partager avec le public une autre de ses passions : l’astronomie. Ce weekend, L’Exoconférence passait par chez nous (au Théâtre du Léman de Genève) et nous ne pouvions évidemment pas manquer d’y assister.

Après le Cantor de Leipzig, Astier s’attaque ici à l’épineuse question de la vie extraterrestre. En revenant sur les principales affaires ayant façonné le mythe (du crash de Roswell à l’incident de Zeta Reticuli) et en évoquant les événements-clés de la conquête spatiale (des écrits de Copernic à l’alunissage d’Apollo 11), il entend donc apporter une réponse définitive à cette grande interrogation.

© Loll Willems

A l’instar de Que ma joie demeure !, ce nouveau spectacle était en quelque sorte annoncé depuis longtemps au travers d’un sketch joué lors d’une soirée d’humour, en l’occurrence une mini-conférence décalée sur la physique quantique. Tout comme sa précédente pièce, la dernière création d’Astier est le résultat d’un travail de recherche scrupuleux et conséquent, l’artiste étant allé à la rencontre de nombreux spécialistes du domaine.

Ainsi, le papa de Kaamelott nous livre une fois de plus une œuvre de passionné, aussi rigoureuse que légère, extrêmement exigeante dans son contenu et sa conception tout en restant parfaitement intelligible de par sa forme génialement décalée.

Comme l’explique lui-même l’auteur-interprète, le spectacle est construit grosso modo de la même manière que le précédent. La conférence du titre remplace de fait le cours musical que donnait Bach aux péquenauds venus le voir, tandis que les instants du quotidien du compositeur qui entrecoupaient sa présentation trouvent ici leur équivalent dans des sortes de sketches-flashback durant lesquels Astier quitte son personnage de conférencier pour incarner les figures historiques qu’il mentionne (de Ptolémée à Enrico Fermi).

© Loll Willems

De même, l’artiste reste fidèle à son style d’écriture : il traite toujours de manière décalée des situations parfaitement sérieuses, enchaîne les ruptures de ton en élevant son discours pour revenir brusquement à du terre-à-terre, et jongle avec les niveaux de langage, passant allégrement du discours ultra technique à la saillie audiardesque. Ici, on cite autant les Pensées de Blaise Pascal que Star Wars ou Superman, et on peut disserter doctement sur le Big Bang pour l’instant d’après se foutre vertement de la cosmogonie hindoue. Jamais méprisant ni gratuit, l’humour se base sur des faits avérés et ne fait au final qu’extrapoler : c’est autant le cas pour la reconstitution hilarante de l’élaboration du paradoxe de Fermi, qui s’est réellement déroulée dans une cafétéria, que pour le running-gag sur la plaque de Pioneer, que de nombreux scientifiques s’accordent à trouver mal conçue.

Contrepied à la mise en scène sobre de Que ma joie demeure !, l’exécution de cette Excoconférence se veut un véritable show à l’américaine, tout en se moquant évidemment de cette forme outrancière. De fait, les moyens formidables dont dispose le conférencier (un écran géant qui diffuse des animations 3D sur de la grosse musique, un gigantesque piédestal amovible) sont régulièrement déréglés par les caprices de l’ordinateur qui les contrôle. C’est ainsi que, si les personnages d’Astier sont souvent condescendants, l’artiste lui-même ne l’est jamais, puisqu’il s’assure d’atténuer la suffisance de ces figures en les fragilisant d’une manière ou d’une autre. Tandis que Bach laissait peu à peu transparaître ses doutes et ses angoisses, le savant est ici ridiculisé à plusieurs reprises par l’intelligence artificielle qu’il emploie.

© Loll Willems

Evidemment, L’Exoconférence est moins dans l’introspection que ne l’était Que ma joie demeure !, le conférencier n’est de loin pas aussi profond que l’était le compositeur (il n’a d’ailleurs même pas de nom), et l’émotion y est beaucoup moindre. Ce qui n'empêche pas la pièce de proposer une véritable réflexion sur l’humain, ses origines et sa place dans l’univers, ni de parvenir à toucher aux tripes lors de son étonnant final. A l’inverse, ce nouveau spectacle est plus rythmé, plus flamboyant, plus fou et plus drôle que son prédécesseur.

Ce qui fait la grande qualité du travail d’Alexandre Astier, c’est la sincérité qui sous-tend chacune de ses créations, l’importante part personnelle qu’il y insuffle. En témoigne ses futurs projets : la trilogie Kaamelott au cinéma, dont la situation semble enfin s’être débloquée, Vinzia, une série écrite pour Canal + et narrant le quotidien d’une famille d’immigrés italiens inspiré par sa propre enfance, ainsi qu’un film sur la Bête du Gévaudan, région dont il est originaire. Tout son art est mû par la passion et l’envie de partager.

En attendant ces prochaines oeuvres, on ne saurait donc trop vous conseiller de profiter du retour de L’Exoconférence en septembre. Vous n’y perdrez pas, bien au contraire.

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