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Culture
Atelier transgressif
Dans sa nouvelle création C’est une affaire entre le ciel et moi, présentée hier soir à l’Arsenic, l’agence Louis-François Pinagot interroge le donjuanisme dans une mise en scène inspirée du Dom Juan de Molière. Dans ce cadre comique de base, les êtres humains et leurs angoisses sont donnés à voir de manière hilarante et crue. La construction d’un grand n’importe quoi qui ressemble au tumulte intérieur de tout un chacun.


L’agence Louis-François Pinagot, dirigée par le metteur en scène Christian Geffroy Schlittler, est actuellement en résidence au Théâtre Saint-Gervais à Genève, et ce depuis 2007. Ses créations qui ont marqué le public ces dernières années sont Pour la libération des grands classiques (2008), Utopie 2 (2009), et Les artistes de la contrefaçon (2011). Christian Geffroy Schlittler confie ne pas vouloir servir sur un plateau les grands classiques du théâtre, afin d’assurer leur pérennité. Loin de vouloir les déconstruire ou les recontextualiser, il souhaite toutefois se les approprier par le biais d’un travail créatif, réalisé en collaboration avec les comédiens. A travers l’écriture de plateau, des sujets de société sont appréhendés, tout en laissant place à une imagination sans borne.
C’est de cette façon que la conception de C’est une affaire entre le ciel et moi, adaptation de la pièce de Molière intitulée Dom Juan, s’est déroulée. Tout en gardant la trame narrative proposée par le texte du XVIIe siècle, les comédiens ont pu écrire une partie de leur texte afin de s’approprier au mieux leur personnage.




La figure la plus aboutie semble être celle d’Elvire. Campée avec brio par la comédienne Elodie Bordas, elle semble incarner à elle seule toute la fragilité du genre humain. Dans un jardin qui, au premier coup d’œil, semble refléter une grande richesse, Elvire apparaît comme une femme sûre d’elle et de son corps. En témoignent se petite culotte perdue dans les buissons et l’évocation de sa nuit avec Dom Juan. Mais ce calme apparent traduit une réelle détresse : à vingt-quatre ans elle suffoque dans une robe trop serrée et ne supporte plus son « serre-tête à la con ». La perspective d’une vie de famille bien rangée pour une jeune fille qui ne pense qu’à voyager, lire et « lécher Proust » n’est pas idéale. En passant du rire aux larmes et d’un calme apparent à de véritables crises d’hystérie, Elodie Bordas réussit à être aussi hilarante que touchante et rend tout ce qu’elle dit (même ses cris) percutant. Submergée par un raz-de-marée de ras-le-bol, Elvire décide de quitter Dom Juan. Les rôles sont-ils alors inversés ? Que nenni, Dom Juan est bien le coureur de jupons connu de la littérature française. Dans C’est une affaire entre le ciel et moi il pousse la cruauté encore plus loin en jouant l’amoureux transi au cœur brisé qui pleure… pour finalement rire. Il prend alors la pièce en mains en évoquant toutes ses transgressions, qu’il assume et revendique.

A travers cette attitude, Dom Juan, incarné par David Gobet, se présente sous le jour d’un homme aspirant à une liberté totale et refusant l’asservissement aux bonnes conventions sociales. L’égoïsme de ce jeune homme semble toucher tous les membres de la micro-société dont font partie les personnages de l’intrigue. La pièce interroge donc la répercussion des actes transgressifs d’un être sur le groupe qui l’entoure. Déjà sur la faille, l’entourage de Dom Juan est poussé à bouts par l’attitude de ce dernier. Chacun explose et souhaite s’épancher, entamant des débats philosophiques de bas étage. Mais comme dans le théâtre de l’absurde, le dialogue semble impossible. Il n’en ressort que des échanges compliqués, des bégaiements ou des soliloques adressés à on ne sait qui. Ne reste que le vide, l’infini et la certitude de la mort pour recevoir ces mots crachés avec difficulté.




L’écriture de plateau se ressent et fait de la pièce un grand atelier en constant mouvement. L’acte créatif est même représenté sur scène, à travers plusieurs adresses au public et références à la fiction théâtrale. A la brechtienne, les comédiens brisent la trame dramatique et se mettent d’accord pour modifier la fin. Ce laboratoire, s’il est géré de manière admirable dans la première partie, centrée sur le trio constitué d’Elvire, Sganarelle et Charlotte, donne un aspect un peu plus fouillis à la suite de la pièce. Mais c’est finalement cette imperfection qui donne une image intéressante de la société et de ses doutes.

A voir du 14 au 18 mai à l’Arsenic à Lausanne

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