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Culture
Qui sont les demeurées ?
Avec Les Demeurées, Didier Carrier propose une mise en scène aussi douce qu’intense et invite le public du théâtre de Vidy à une grande remise en question : qu’est-ce que le savoir et quelles en sont les limites?

Des cartables en cuir, côté jardin, s’opposent à un panier rempli de linges blancs. Deux mondes s’affrontent mais sont reliés par une passerelle en bois qui permet aux comédiennes d’arpenter l’espace scénique sur plusieurs niveaux. La chaleur du bois est rappelée par deux grands panneaux de tissu. Dans ce décor, le beige domine. Un beige cassé par la présence d’instruments (de cuisine et de musique) en fer. Une douceur et une force cohabitent et rythmeront toute la mise en scène de Didier Carrier.

Comédien, marionnettiste et metteur en scène, Didier Carrier, formé aux conservatoires d’art dramatique de Lyon et Genève et auprès de maîtres asiatiques, a interprété un nombre considérable de grands auteurs : de Jean Racine à Bertold Brecht, il passe par Marivaux, Tchekhov ou encore Jean Genet. Pour sa dernière création en date au théâtre de Vidy, il choisit d’arpenter l’univers de l’auteure Jeanne Benameur. Avec Les Demeurées, la femme écrivain française, née en Algérie d’un père tunisien et d’une mère italienne, exploite le lien mère-fille. La Varienne n’a qu’une enfant, Luce, de qui elle est très proche. Selon la société, elles forment un couple atypique car la mère est l’idiote du village. En effet, entre les yeux et le cerveau de la Varienne, pas assez d’espace pour l’intelligence. Luce, quant à elle, a des capacités mais ne le sait pas. L’ignorance de l’ignorance. Mademoiselle Solange, l’institutrice, le remarque et fait de l’éducation de Luce son projet personnel. La fusion entre la mère et la fille est alors menacée : passer du cocon familial au monde du savoir est une épreuve de laquelle Luce ne ressortira pas indemne. D’abord réticente, elle ne peut finalement pas s’empêcher de tisser des liens entre sa vie de famille et l’univers scolaire.


© Augustin Rebetez


Les comédiennes, Maria Perez et Laurence Vielle, jouent tant avec leur voix qu’avec leur corps. Dans la bouche de celles-ci tout prend sens et devient percutant. Les mots, parfois si difficiles à sortir et qui n’atteignent pas toujours la conscience de la Varienne, sont dits avec pudeur et restent ancrés en nous. Petit à petit, ils construisent cet univers clos, atypique, mais toutefois douillet dans lequel vit le couple mère-fille. Sans artifice, les comédiennes nous rendent compte de la complicité entre la Varienne et Luce en construisant un discours à deux voix et en se touchant de manière maladroite mais tendre.
Avec habilité, elles jonglent entre les différents personnages. Sans les autres, la Varienne et Luce n’auraient pas été ébranlées dans leur quotidien, car dans Les Demeurées, même l’ignorance est une culture. N’est demeuré que celui qui est désigné comme tel. D’ailleurs, alors que Luce décide de renoncer à l’école, Mademoiselle Solange plonge dans un état proche de la folie, inconnu de la Varienne. Cette dernière, à côté de l’institutrice qui se roule par terre en s’arrachant les cheveux, fait presque figure de sage. Mademoiselle Solange ne sait plus : son savoir a provoqué en elle la prise de conscience de sa solitude, mal qui ne touche pas l’idiote du village et sa fille. Le savoir, oui, mais à quel prix ?
Alors que l’institutrice, représentée par un tailleur noir suspendu dans les airs, tombe dans ce qui semble être une profonde dépression, la vie dans la petite maison reprend son cours : les comédiennes relient les deux côtés de la scène avec des pelote de laine. Le tout crée un fouillis coloré. Ce n’est pas une décoration dans les règles de l’art mais c’est celle de la mère et de la fille, à l’image de leur vie. Elles s’appellent la Varienne et Luce, rien ne peut les délier et voilà tout.

Tous les moments que traversent les personnages, qu’ils fassent rire ou frissonner, sont rythmés par les sons extraterrestres de la percussionniste genevoise Béatrice Graf. A l’aide d’ustensiles de cuisine et de morceaux de carton, elle réussit à mettre en relief tout l’aspect à la fois grinçant et touchant des Demeurées.

A voir encore jusqu’au 18 mai au théâtre de Vidy. Plus d’info sur le site
http://www.vidy.ch
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