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Culture
Présentation du programme 2014–2015 de l’Opéra de Lausanne
Cette saison, avec le thèmes des étoiles, l’Opéra de Lausanne nous offre un joli programme avec en prime deux créations mondiales ainsi que l’œuvre peut-être la plus connue au monde. S’y distinguent des collaborations avec d’autres Opéras, la Haute École de Musique de Lausanne (HEMU) et l’École cantonale d'art de Lausanne (ECAL) pour les affiches. C’est lors de la conférence de presse du vendredi 4 avril 2014 que le directeur de la maison Eric Vigié a révélé la programmation pour la saison 2014–2015. Celle-ci commencera, comme depuis 3 ans déjà, avec la production de la « Route Lyrique », qui parcourra le canton de Vaud et son voisinage pour une vingtaine de représentations en juin–juillet 2014. La saison lausannoise à proprement parler commencera ensuite : huit opéras entrecoupés de trois grands concerts lyriques, des concerts de l’Orchestre de Chambre de Lausanne et de représentations du Ballet Béjart.

La Route Lyrique présentera l’opérette Phi-Phi d’Henri Christinet. Créée en 1918, elle incarne typiquement l’activité artistique du début des années folles. L’intrigue, située en Grèce antique, joue allègrement sur les mœurs, changeant la maxime « L’Amour et la Vertu fondent le bonheur domestique » en « L’Amour et la Vertu, aidés par l’Economie, fondent le bonheur conjugal » ! Production « drôle, truculente et sexy » selon Eric Vigié, elle assurera une collaboration avec la HEMU : autant dans la fosse d’orchestre comme musicien que sur la scène comme chanteur, des étudiants auront la chance de participer à la production.
Manon, de Jules Massenet, le grand opéra romantique français, ouvrira les feux de la saison intra muros avec cinq représentations en octobre. Les larmes seront de rigueur pour cette œuvre pourtant intitulée « opéra-comique » tiré du roman Manon Lescaut de l’abbé Prévost. Pour cette première production, le public retrouvera l’Orchestre de Chambre de Lausanne sous la direction de Jesús López Cobos. Sur scène, la talentueuse Anne-Catherine Gillet et John Osborn, déjà présent en 2010 à Lausanne dans le rôle d’Otello dans l’opéra éponyme.
Le chef d’orchestre René Jakobs, accompagné du Helsinki Baroque Orchestra et de quatre solistes, donnera ensuite fin octobre dans le « Dramma per Musica » de Bach, à savoir la Trauer-Ode et la cantate profane Herkules auf dem Scheideweg, « Hercule à la croisée des chemins ». Pas d’opéra à proprement parler donc, car pas de mise en scène, mais une musique toute lyrique quand même, prouvant que même si le Kappelmeister de Leipzig n’a jamais écrit d’opéra, ce n’est pas par manque de musicalité.
La première création mondiale de la saison suivra avec des représentations début novembre : Le Petit Prince. Oui oui, le livre d’Antoine de St-Exupéry, mis en musique à l’heure même (la partition est à livrer dans moins d’un mois !) par le compositeur français Michaël Levinas. L’œuvre de l’aviateur français disparu en mer en 1944 a souvent été adaptée pour la scène, parfois en pièce de théâtre, parfois en comédie musicale, parfois, comme ici, en opéra. L’Orchestre de Chambre de Genève, cette fois-ci, sera sous la direction d’Arie van Beek en fossea, avec sur scène des chanteurs locaux, comme le prometteur Benoît Capt ou le baryton-basse genevo-russe Alexandre Diakoff. La production fait partie de l’offre « Jeune Public », mais sans doute que, comme M. Vigié le dit, comme nous avons « tous un Petit Prince en nous, » on accompagnera volontiers sa marmaille découvrir ce qu’est l’opéra. Ou celle de son voisin.
Bach a décidemment la cote dans cette maison d’opéra, car c’est de nouveau une de ses œuvres majeures, la Passion selon St-Jean, qui sera donnée dans un concert exceptionnel à l’occasion des 80 ans du directeur du concert, Michel Corboz. Enfant du pays de Vaud, l’homme a marqué profondément la scène musicale classique de ces dernières décennies, se faisant aussi connaître internationalement, fait plutôt rare pour un romand. L’Ensemble Vocal de Lausanne et son frère l’Ensemble Instrumental de Lausanne, tous deux crées par Corboz en 1961, donneront la plus petite des deux passions de Bach le 14 novembre 2014. Date unique, à ne pas manquer !

Le troisième concert non-opéra de la saison suivra déjà. Encore du baroque, mais pas d’œuvre spécifique cette fois, ni de compositeur, plutôt un interprète : le jeune mais déjà célébrissime contreténor Max Emanuel Cenčić. Son impressionnante performance dans l’Artaserse de Vinci, sous la direction de Diego Fasolis avec Philippe Jaroussky et trois autres contreténors, qui avait traversé l’Europe, s’arrêtant notamment à Lausanne en novembre 2012, avait marqué les esprits. Intitulé « Vivaldi, Albinoni, Caldara… Airs et Concertos de la Sérénissime, » son récital, accompagné de l’Orchestro Il Pomo d’Oro, promet un moment d’exception. Date unique encore, à ne pas manquer non plus si l’on aime le chant subtil de ces chanteurs spéciaux que sont les contreténors.
On reprend notre saison d’opéras avec l’« opérette de fin d’année. » Après Orphée aux Enfers et Les Mousquetaires au Couvent, c’est La Veuve Joyeuse de Franz Lehár qui illuminera le réveillon des Lausannois qui feront le choix de le passer ainsi. On en attend toujours autant de couleur, de rire et de musique légère. Attention, « légère » ne veut pas dire « moins bonne » ! Alors, cette veuve sera-t-elle aussi joyeuse que la matrone d’Ephèse, qui couchait avec son nouvel amant dans le sépulcre de feu son mari ? Probablement pas, la date de création (1909) ne l’aurait pas permis, mais on attend quand même de belles scènes cocasses.
C’est le moment de sortir un Mozart ! Die Entführung aus dem Serail (« L’enlèvement au sérail »), premier opéra en allemand au monde, promet de nous faire voyager en orient. Les amateurs se souviendront de la scène du film Amadeus de Miloš Forman où Mozart défend le droit d’écrire un opéra en allemand et non en italien, rabattant le caquet du compositeur de cour italien, le jaloux Salieri… on attend une production au moins aussi truculente ! En co-production avec l’opéra de Fribourg, le Théâtre du Capitole de Toulouse et le Grand Théâtre de Tours, c’est l’Orchestre de Chambre de Fribourg sous la baguette de Laurent Gendre qui accompagnera une distribution vocale internationale et résolument jeune, l’Opéra de Fribourg se faisant un point d’honneur à encourager les jeunes chanteurs. Malheureusement, cette co-production empêchera la production d’être donnée plus de deux fois à Lausanne.
C’est Verdi qui est ensuite à l’affiche en février, avec La Traviata. Dans le rôle principal, on retrouve la chouchou russe de l’Opéra de Lausanne, Olga Peretyatko (on se souvient de sa performance dans plusieurs productions de la maison, notamment une sublime Alcina dans l’Alcina de Haendel en février 2012). Elle avait également donné un récital la saison suivante, prouvant la relation particulière que la maison entretient avec elle. Elle est d’ailleurs la raison pour laquelle l’opéra est redonné seulement six saisons après sa dernière production à Lausanne. Mais bon, on ne change pas une équipe qui gagne !
On reste dans le romantique italien avec Rossini et son « Melodramma eroico en deux actes » Tancredi. Parmi les chanteurs de cette production, on trouve des noms aux sonorités habituelles à nos régions, comme Anne Bonitatibus ou Daniel Golossov, mais également Yijie Shi, chanteur chinois qui chantera le rôle d’Argirio. M. Vigié s’est dit impressionné par ces nouveaux talents venant de l’Asie, qui assimilent rapidement notre culture musicale avec grand succès. Le Bach Collegium Japan de Maasaki Suzuki et ses excellentes interprétations des passions de Bach en seraient un exemple ; ce jeune ténor semble également avoir fait ses preuves dans les opéras du monde entier.
Qui eut crû que l’opéra puisse se faire sur un livret de science-fiction ? La deuxième création mondiale arrive ! Il s’agit d’une œuvre du compositeur japonais Daï Fujikura, Solaris. Basée sur un livre devenu culte de l’écrivain de science-fiction polonais Stanislas Lem, cette création pour le moins originale associera moyens musicaux et scéniques les plus modernes – on nous promet des acteurs chantant suspendus en l’air – à de la danse, également moderne. Comment le public appréciera-t-il d’entendre ses chanteurs chanter non pas des amours impossibles ou la gloire de Bacchus mais des concepts plus originaux, comme la conquête extra-terrestre et le questionnement du comportement humain face à d’autres formes de vie ?

Que les puristes se rassurent, la saison terminera sur une note bien plus classique, bien qu’excentrique pour son époque : comme dit plus tôt, c’est probablement l’opéra le plus connu au monde, rendu célébre notamment par les airs de sa Reine de la Nuit, j’ai nommé Die Zauberflöte (« La Flûte Enchantée ») ! Il était déjà, dans la même mise en scène, au programme de la saison 2009–2010 à la salle Métropole, lorsque le bâtiment de l’Opéra était en réparation. Créé en 1791, son succès n’a jamais faibli. Peut-être est-ce uniquement la musique, emplie de tant d’émotions variées, peut-être ces vocalises si terribles de complexité et de hauteur (contre-fa !), ou alors son livret fantastico-oriental, qui sait. En tous cas, Lausanne l’a choisi pour clore sa saison 2014–2015, et ça nous arrange bien ! Diego Fasolis dirigera l’Orchestre de Chambre de Lausanne pour cinq dates en juin 2015.

Durant la saison, le Ballet Béjart Lausanne fera également son grand retour à l’Opéra de Lausanne dans un programme encore à définir. Et, comme la salle Métropole avait accueilli une saison extra muros de l’Opéra pendant que son bâtiment était en réparation, c’est maintenant l’Opéra qui accueillera les concerts de l’Orchestre de Chambre de Lausanne pendant la rénovation de la salle Métropole : n’hésitez pas, si ce casting de chanteurs long comme le bras vous vrille les oreilles, à venir vous reposer pour un concert uniquement instrumental.
C’est un bien joli programme que l’Opéra de Lausanne a révélé lors de cette conférence de presse. Les deux créations mondiales promettent beaucoup, l’une par son livret bien connu, l’autre par son originalité. On constate l’absence d’opéras de la période baroque. Le directeur expliquait au début de la conférence que l’Opéra a visé une saison plus lyrique ; les opéras baroques seraient donc moins lyriques ? Une réflexion quelque peu difficile à comprendre, quand on se souvient de l’excellence et du lyrsime impressionnant de l’Alcina de Haendel. Le baroque sera tout de même présent dans le bâtiment avec les trois concerts dédiés à cette période ; l’excellence attendue de ces concerts assurera que les amateurs de baroque ne seront pas lésés. On peut finalement être surpris par la présence de trois opéras très souvent joués, à savoir Die Entführung aus dem Serail, La Traviata et Die Zauberflöte. L’Opéra doit cependant pouvoir assurer des productions d’un côté s’il ose proposer deux créations mondiales de l’autre, dont une de science-fiction ! Pari risqué ? Cette saison promet donc beaucoup… tiendra-t-elle ses promesses ? A vous d’en juger : la billetterie ouvre le 2 juin !

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