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Culture
Sur la bonne vague
Seule la mer, un spectacle présenté à Vidy en cette fin du mois de mars mis en scène par Denis Maillefer selon un roman d'Amos Oz. Sans aucun doute un moment clé de la saison théâtrale dans la région.

La pièce est une coproduction non pas entre deux théâtres mais entre cinq – Théâtre en Flammes, théâtre Les Halles à Sierre, théâtre Vidy-Lausanne, théâtre Forum Meyrin, théâtre Benno Besson. On comprend à la fin de la représentation pourquoi il a fallu tant de soutien. La mise en scène, très travaillée, mérite qu'on la décrive.

Le décor est très innovant : la scène où opèrent les personnages, surélevée, se découpe en creux dans une grande façade de planches peintes. Des panneaux coulissants permettent de segmenter l'espace, de cacher partiellement les comédiens et les comédiennes avec un "effet store" ou d'augmenter la surface de projection. En effet, des paysages de montagne, de forêt ou simplement les vagues de la mer israélienne sont projetés sur l'entier de la façade et au fond de la scène surélevée, créant des atmosphères mobiles et immersives. Un des personnages, Nadia, décédée deux mois avant que l'histoire ne commence, est présente par la vidéo et communique depuis l'au-delà (à moins que cela ne soit depuis la tête de son fils ou de son mari). Il n'y a que très peu d'accessoires, de temps en temps quelques chaises, une table, des verres, un sac de couchage, c'est tout, pas de meuble. Une sobriété adéquate qui laisse la place à l'imaginaire d'abord, et qui permet des lumières teintées, des interactions multiples, plusieurs personnages dans plusieurs lieux sans qu'il n'y ait d'incohérence. Les costumes pourtant simples des acteurs, leur attitude bien digérée, leurs mouvements sur la scène mais surtout leurs poses, le rendu de tout ça est extrêmement pictural et sophistiqué. Une multitude de tableaux délicieux pour les yeux.
Les oreilles ne sont pas en reste non plus, puisque le spectacle bénéficie de la participation de Billie Bird, musicienne folk lausannoise. Sa guitare soutient mélodieusement des moments de l'intrigue, et sa voix nous transporte quelquefois vers des accès de mélancolie, explorant ainsi une autre manière de transposer les mots d'Amos Oz pour la scène.


La forme évoquée, il nous reste à parler de l'histoire, du fond. Là aussi, il y a beaucoup à dire, tant le texte est un choix étonnant pour le théâtre. Dans Seule la mer, tout s'accorde avec la longueur et la lenteur d'un roman, à l'exception des passages en vers, plus singuliers. La temporalité élargie couvre une période de neuf mois environ. Il est vrai que tout va lentement et que tout dure longtemps, mais on ne s'ennuie pas en 2h20. Les lieux sont multiples, de la cité balnéaire Bat-Yam près de Tel Aviv aux sommets glacés des monts tibétains, en passant par le Sri Lanka. Les intrigues aussi sont nombreuses, et ne sont pas hiérarchisées. Rico veut se recentrer en partant explorer le Tibet, Dita veut trouver un producteur pour son film, Bettine veut être avec Albert, et Albert, que veut-il, on ne sait pas trop. Quoi qu'il en soit, Dubi Dombrov fantasme sur Dita, Maria veut rester avec Rico, et Guigui ne veut rien puisqu'il a déjà tout. Et nous tenons enfin la matière du roman, la matière de la pièce. Des portraits. Des individus et leurs interactions, leurs relations, leur quête d'amour et d'autres choses. La pièce n'a d'autre prétention que celle-ci.
Tous les personnages sont intrigants, complexes, sincères, différents et magnifiquement interprétés. L'un d'eux est particulièrement énigmatique : le narrateur. On ne saura jamais qui il est pour connaître toutes ces histoires, pour se permettre d'être fatigué et pour participer de manière active à certaines conversations. Il est un demi-personnage, pragmatique, beau-parleur, doté d'un charme à la George Clooney. Il amène un point de vue à la fois intérieur et extérieur, il introduit les autres personnages, les situations, explique ce qu'on a besoin de savoir.
Une pièce qui ne ressemble pas à une pièce malgré un contenu purement narratif et des moyens déjà visités, des personnages dont on rêve en rentrant se coucher et une mise en scène inhabituelle et ambitieuse qui en jette plein la vue. Une expérience théâtrale qui fait grandement plaisir et qui marque par sa subtile originalité.
Le spectacle est en tournée en Suisse romande, ne manquez pas de vous renseigner sur les prochaines représentations !

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