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Campus
Guy Parmelin sur le campus: sommes-nous en danger?
Le Conseiller fédéral Guy Parmelin est venu mercredi soir sur le campus lausannois pour donner une conférence ayant pour thème «La sécurité de la Suisse, quelles menaces et comment s’y préparer efficacement?». Son allocution fut plus formelle qu’instructive, mais sa disponibilité a été appréciable.

Organisée par la Société des officiers du campus universitaire de Lausanne, en partenariat avec l’AESSP, l'Association Mosaïque, Uthink et InnovationTime, la venue mercredi soir du Conseiller fédéral Guy Parmelin sur le campus de l’Unil était l’un des événements phares de cette première moitié de semestre. Dans un Amphimax 350 généreusement garni (400 personnes environ), l’UDC est venu tenir une conférence sur la sécurité de la Suisse. «Quelles menaces, et comment s’y préparer efficacement?», telles étaient les questions auxquelles son intervention devait répondre.

Guy Parmelin a dans un premier temps rapidement évoqué un ordre mondial «chahuté», que ce soit par le Brexit, les nombreuses guerres déchirant le Proche-Orient ou encore par les relations suspicieuses qu’entretiennent la Russie et Donald Trump, suggérant que «le risque de basculement est possible à chaque instant». La Suisse étant au carrefour de l’Europe occidentale, elle est selon lui totalement concernée par ces chamboulements géostratégiques. Après ce rappel très schématique de la situation géopolitique mondiale actuelle, le conférencier du soir s’est plus largement étendu sur trois potentiels dangers pour la tranquillité de notre pays: l’«extrémisme violent», la manipulation et le vol d’informations et l’évolution des conflits armés.

© Innovation Time

Terrorisme, hacking et guerres

Le thème de l’«extrémisme violent» a en fait uniquement concerné le risque d’attaques djihadistes, face auxquelles la Suisse est aussi vulnérable, bien qu’elle ne fasse pas partie des listes des cibles privilégiées. Le chef du Département de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) a rappelé que son rôle «est de prendre en compte le risque d’attaques ponctuelles». Les solutions proposées mercredi soir sont néanmoins restées très évasives: Guy Parmelin dit s’appuyer sur la coopération internationale et sur la mise en place d’un réseau national de sécurité, se basant notamment sur la Loi fédérale sur le renseignement (LRens), que le peuple a accepté en septembre dernier. Cela ne pourrait toutefois pas empêcher une attaque isolée et délibérée, car, comme le mentionne lui-même le Conseiller fédéral, «le risque zéro n’existe pas». Il est aussi quelque peu regrettable de sa part d’avoir résumé les risques d’actes «extrémistes violents» à la seule menace djihadiste. Guy Parmelin n’a en effet pas parlé des tueries perpétrées sans revendication, souvent des drames familiaux, qui ont, elles, déjà eu lieu plusieurs fois en Suisse. De plus, l’extrémisme islamique n’a pas le monopole des violences idéologiques, le récent tag antisémite sur l’Internef venant rappeler que le fascisme est également un problème existant dans nos frontières.

La conférence s’est ensuite poursuivie sur les risques engendrés par le développement des nouvelles technologies d’informations et de communications (TIC). La Suisse est de plus en plus dépendante des TIC, et une cyber attaque visant à prendre le contrôle de nos réseaux de sécurité ou d’approvisionnement serait catastrophique. Les réponses à ces menaces paraissent, à l’écoute du discours du ministre de la défense, assez limitées. Les effectifs militaires engagés dans la lutte contre les cyber menaces seront certes triplées d’ici 2020, mais sans pour autant que de nouveaux postes soient créés. L’armée sera cependant en étroite collaboration avec les universités, notamment les écoles polytechniques, afin de donner un appui scientifique à ces nouveaux programmes.

Le troisième et dernier thème de son exposé -certainement le moins convainquant- a concerné les conflits armés. Ceux-ci sont d’un genre nouveau, tel celui qui se déroule actuellement au Donbass, où les Etats s’affrontent sur les plans diplomatiques et militaires, avec une implication très prononcée de civils et miliciens. Le chef du DDPS est d’avis que la Suisse doit être prête à affronter ce type de conflits, en remodelant, comme il est prévu de le faire, son armée pour qu’elle soit «plus disponible, plus moderne, plus petite et plus instruite». Toutefois, malgré l’euroscepticisme galopant et les nombreuses crises que le continent traverse, il est assez peu imaginable que la Suisse tombe prochainement dans ce genre d’affrontement. Le discours de Guy Parmelin a donc finalement plutôt donné l’ironique impression que les menaces pour lesquelles notre pays est le mieux préparé sont celles qui risquent le moins de survenir.

© Innovation Time

Trois quarts d'heure d'échanges
A la fin de son allocution, le Conseiller fédéral s’est prêté au jeu des questions, répondant pendant quarante-cinq minutes aux interrogations de la salle. Un exercice périlleux, les universitaires étant connus pour être de manière générale plutôt sceptiques sur l’armée, voire carrément hostiles aux politiques de son département. Cependant, Guy Parmelin est resté relativement épargné et n’a pas spécialement été mis en difficulté, hormis au moment d’évoquer le danger que représentent les centrales nucléaires pour la Suisse, question qu’il a rapidement bottée en touche en expliquant de manière un peu surprenante que «ce qui se passe en Corée du Nord est plus inquiétant que les [risques d’] accidents nucléaires».

A défaut d’avoir apporté de véritables réponses aux menaces qui guettent la Suisse, cette soirée aura surtout permis au ministre en charge de la défense d’exposer certains dangers dont son département est en charge, légitimant - du moins au premier abord – les politiques mises en place depuis son introduction au Conseil fédéral. Reste qu’il a néanmoins fait l’effort de se déplacer sur le campus universitaire et qu’il s’est montré particulièrement disponible, ce qui est toujours très appréciable de la part d’un Conseiller fédéral.

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