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Campus
collectif unil: quand les étudiants ont leur mot à dire
Le Collectif UNIL a été créé le 25 octobre dans la cadre du référendum contre l’interdiction de la mendicité. Qui sont-ils? Quel sont leurs buts? Petit tour d’horizon.

Natalia Aravena fait partie du comité référendaire contre l’interdiction de la mendicité dans le Canton de Vaud, mais est également étudiante en science politique à l’Université de Lausanne. C’est à l’intersection de ces deux mondes, politique et universitaire, qu’elle va former, accompagnée de Leila Sahal, Adriana Stimoli, Anouk Essyad, Zahra Alsagban, Terence Durig et Noémie Rentsch, un collectif qui n’est ni une association universitaire, ni un parti politique. Rapidement, elles se rendent compte que le projet intéresse les étudiants. Le groupe s’est formé principalement par bouche à oreille, mais sa présence sur les réseaux sociaux lui a permis de se faire connaître plus rapidement. En effet, la page Facebook dédiée au collectif compte déjà 164 abonnés. Un autre groupe, privé cette fois, a ensuite été créé pour les personnes souhaitant participer activement au projet. Le Collectif UNIL s’est par la suite rendu à des conférences et à des cours de l’université pour présenter leur démarche et proposer aux étudiants de participer ou de signer le référendum. Ils ont également contribué à la récolte de signature sur le campus universitaire.


Un combat compliqué
Le thème de la mendicité reste délicat. «Le problème avec ce sujet, c’est que les gens ont tendance à croire que nous sommes pour la mendicité, note Natalia Aravena. Il est parfois difficile d’expliquer que nous sommes contre l’interdiction pure et simple de la mendicité. Il n’y a aucune infrastructure, aucune mesure d’accompagnement qui va être mise en place parallèlement à cette interdiction, et c’est pour ça qu’on y est fondamentalement opposé.» Le Collectif UNIL considère en effet que l’interdiction de la mendicité correspond à une attaque contre les plus démunis. Ils voient également un biais dans la façon dont cette interdiction est présentée. «On a tendance à croire que la loi est faite pour les Roms, mais en réalité elle touche toute personne qui mendie, peu importe son origine», précise l’étudiante en science politique. Les Roms sont effectivement une population facile à mettre en avant étant donné qu’il existe un organisme les représentant, l’URI (union romani internationale). Ils sont d’ailleurs facilement reconnus comme «nomades», car cet organisme ne suppose aucune souveraineté territoriale pour ces peuples. D’autres personnes, issues de toutes sortes de milieux, mendient également, mais ne sont pas représentées officiellement et ne sont donc pas quantifiables. Celles-ci seront donc également touchées par l’interdiction. De plus, la manière dont va être mise en œuvre cette initiative reste floue. En effet, elle ne présente pas de définition précise de la mendicité, comme le fait remarquer amèrement Natalia Aravena: «Je vais être un peu provoc’ mais en soit, c’est vrai, s’il me manque un franc pour le train et que je demande aux gens autour de moi de me dépanner ça peut être considéré comme de la mendicité.»

Il y a pourtant une chose sur laquelle le Collectif UNIL et leurs détracteurs se mettent d’accord: la mendicité dérange. Mais pour ces universitaires, cet embarras devrait être dirigée vers le manque d’aide qui leur est apportée. «C’est toujours dérangeant de voir quelqu’un dans la rue, ça montre une défaillance du système, et pour le passant ça peut être gênant, ajoute Natalia Aravena. Mais il ne faut pas s’attaquer à ces personnes qui sont dans une énorme précarité, mais plutôt refonder un système qui permet d’éviter que ça arrive.» En effet, dans leur ouvrage Lutter contre les pauvres, Jean-Pierre Tabin, professeur à la Haute école de travail social et de santé EESP Lausanne, et René Knüsel, professeur à la faculté des sciences sociales et politique de l’Université de Lausanne , font remarquer que les mendiants, du moins à Lausanne, bénéficient uniquement des mesures dites bas seuil prévues au départ pour les toxicomanes. Il n’y a donc pas de politiques sociales adaptées aux particularités des populations mendiantes. Ces deux auteurs présentent dans cet ouvrage une étude menée à Lausanne entre 2011 et 2013 sur le thème de la mendicité. Lors de leurs observations, ils n’ont constaté aucune fausse exhibition d’infirmité, aucun enfant et aucune forme d’organisation criminelle. Natalia Aravena nous cite encore l’exemple de Genève, «qui a interdit il y a huit ans la mendicité. Il y a tout un dispositif d’amendes qui a été déployé. Ils en ont récolté trente mille francs et en ont dépensé trois millions, sans qu’il n’y ait pour autant moins de mendiants à Genève.». De plus, comme le précisent Jean-Pierre Tabin et René Knüsel: «Ces mesures ne font pas disparaître la mendicité, elles la déplacent.»

Et pour la suite?
Le Collectif UNIL a pris une place inattendue dans un comité référendaire composé principalement de partis politiques et d’associations. «On a quand même récolté en une semaine plus d’une centaine de signatures et on a fait un meilleur score que les partis, commente Natalia Aravena. A l’heure actuelle, nous sommes les deuxièmes à en avoir récolté le plus au sein du comité, donc c’est une aide un peu inattendue de notre part.» De plus, le Collectif UNIL est le seul organisme représentant des étudiants faisant partie du comité référendaire. Ces résultats sont donc très encourageants et montrent «que les étudiants ont quand même un certain poids». A travers cette cause, le collectif a donc pu se former et s’organiser. Toutefois, il ne compte pas s’arrêter là. En effet, le Collectif UNIL a pour projet de s’activer ponctuellement sur des questions d’actualité pour permettre aux étudiants d’avoir leur mot à dire. Ils réfléchissent déjà à leur prochain projet, probablement lié au retard pris par l’Office cantonal des bourses d’études du canton de Vaud. Ce collectif deviendra-t-il un moyen d’expression pour les étudiants? Affaire à suivre.

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