X
X
L'auditoire

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook
Campus
La pilule : un choix plus qu'un comprimé

©Emilie Hallé, FQPN




Il semblerait que les effets indésirables de la pilule inquiètent l’opinion publique. L’auditoire publiait le 6 avril dernier un article sur son site, abordant la problématique de ses utilisatrices trop peu informées. Une petite enquête auprès des médecins nous paraissait intéressante: quels sont les éléments influençant le choix de la contraception et quels sont les effets indésirables de la pilule dont se plaignent le plus les patientes au cabinet médical ?


Abordons dans un premier temps de la contraception au sens large du terme (pilule, préservatif, stérilet, etc.) avant de passer un peu de temps sur la pilule à proprement parler. Les doctoresses Renteria et Jacot-Guillarmod, gynécologues au CHUV, ont eu la gentillesse de me recevoir pour parler de leur travail avec leurs patientes.


Des facteurs socio-culturels, religieux et économiques
La doctoresse Jacot-Guillarmod précise tout d’abord que la contraception fait partie d’une réflexion plus large entourant la sexualité. De plus, le choix de la contraception et de ses modalités dépend avant tout de facteurs socio-culturels, religieux et économiques, comme souligne un article très complet et synthétique sur la contraception chez les femmes publié le 23 septembre 2015 dans la Revue Médicale Suisse.

L’expérience, qu’elle soit positive ou négative, que l’entourage de la patiente a pu avoir avec l’une ou l’autre des méthodes de contraception peut ainsi influencer son choix, selon la doctoresse Jacot-Guillarmod. Notons que l’opinion du partenaire peut elle aussi peser dans la décision de la patiente, et que les convictions religieuses peuvent également y jouer un rôle. Dans certains milieux et certaines croyances, il est par exemple difficile d’admettre une sexualité active avant le mariage. A cela s’ajoute le fait que la non-implantation de l’embryon due à la contraception peut être un sujet sensible au même titre que l’avortement, dans le sens qu’elle serait un obstacle au développement d’un être humain.

La condition économique des patientes intervient également comme facteur orientant le choix de la contraception. La doctoresse Renteria rapporte que celles-ci n’abordent que rarement la préoccupation financière de manière immédiate, mais que si le médecin propose un moyen de contraception équivalent et plus économique, il leur arrive de demander un changement. Il faut aussi rappeler que la prescription de génériques a permis une meilleure accessibilité à la pilule, et donc indirectement une meilleure acceptation de la méthode, selon la doctoresse Jacot-Guillarmod.


Faire face aux idées reçues
Cette dernière ajoute que le succès du moyen de contraception est lié à la fois à une bonne fiabilité de la méthode, à une utilisation friendly (personnalisée), à des effets indésirables limités, à la réversibilité de la méthode et à son prix. Le travail du médecin consiste alors à inviter la patiente à parler de ses connaissances et de ses croyances par rapport à la méthode contraceptive envisagée. A partir de là, celui-ci peut partager son savoir scientifique et accompagner la patiente de façon personnalisée. L’article de la RMS cité plus haut invite d’ailleurs les médecins à renseigner leurs patientes sur les différentes alternatives en fournissant des explications sur leur efficacité d’une part, et leurs effets indésirables de l’autre.

De plus, les infections sexuellement transmissibles (IST) telles que le VIH, la syphilis, la chlamydia ou encore la gonorrhée - cette dernière appelée « chaude-pisse » dans le langage populaire en raison de ses symptômes de brûlure au moment d’uriner - devraient idéalement être abordées, en précisant par exemple que la contraception hormonale ne représente pas une protection contre ces affections, contrairement à ce que peuvent penser certaines patientes. Les gynécologues sont parfois confrontées à de fausses croyances. On peut par exemple redouter de ne plus avoir de règles sous contraception, pensant qu’ainsi son utérus ne se nettoie plus, alors que ceci n’est pas nécessaire du point de vue médical. Un autre exemple d’idée reçue (présente autrefois chez les médecins eux-mêmes), est que le stérilet risquerait de provoquer des infections, ce qui s’avère être faux.

Effets indésirables et dissuadants
Revenons à la pilule ! Selon la doctoresse Renteria, les effets indésirables qui préoccupent le plus les femmes sont la baisse de la libido (associée parfois à une sécheresse vaginale), la prise de poids, qui, selon la doctoresse Jacot-Guillarmod n’est pas imputable à la pilule d’une point de vue objectif, et enfin l’acné. Enfin, les maladies thrombo-emboliques sont également source d’inquiétude. Rappelons-nous de la pilule Yasmin qui avait fait couler beaucoup d’encre… En fait, le risque de maladie thrombo-embolique sous contraception hormonale est de 9,2/10'000 personnes (pour les pilules de 4ème génération), et que par conséquent le risque de thrombose sous grossesse est plus élevé que sous contraception hormonale. Par contre, les maladies cardiovasculaires semblent être peu évoquées dans les craintes des patientes.

Ces craintes peuvent décourager les femmes à poursuivre la prise de la pilule et même les faire sortir du premier entretien avec une ordonnance qu’elles n’iront jamais remettre à la pharmacie. De ce fait, la doctoresse Renteria insiste sur le fait que le sondage des appréhensions de la patiente par rapport à la contraception hormonale devrait être une étape essentielle lors du premier entretien, et même dans les suivants. La pilule n’étant en effet pas un choix « à vie », ce dernier doit être réévalué régulièrement.

Retrouvez des informations pratiques sur la contraception sur le site de la société suisse de gynécologie (SSGO).

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Téléchargez le dernier numéro de L'auditoire !

auditoire

Archives

time_machine

Remontez dans le temps ! Retrouvez tous les anciens articles de L'auditoire ici.

Rejoignez-nous sur Facebook

Suivez notre actualité au quotidien; retrouvez chaque jour articles, concours et photos!

Facebook

Recherchez dans les articles

Agenda

Sélection d'événements choisis par la rédaction, pour ne plus rien manquer dans la région.

auditoire

Abonnez-vous, c'est gratuit!

L'auditoire n'est plus envoyé automatiquement à toute la communauté universitaire.
Si vous souhaitez continuer à recevoir notre douce prose dans vos foyers, il vous suffit de remplir le formulaire ci-dessous.

Et si vous nous aimez vraiment beaucoup, vous pouvez souscrire à un abonnement de soutien.