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La contraception hormonale mise au pilori
Longtemps considérée comme symbole féministe, la pilule contraceptive subit aujourd’hui une vague d’accusation de nombreux maux des femmes, utilisatrices qui prennent souvent ce type de contraception hormonal sans connaissance de cause. Retour sur une conférence donnée sur le campus en février dernier par Rina Nissim, naturopathe, auteure et co-fondatrice de l'ancien Dispensaire des femmes.

Que ce soit par la pilule, l’anneau vaginal, le patch ou le stérilet hormonal, la contraception hormonale est une solution choisie par de plus en plus de femmes, de plus en plus jeunes. Evidemment, l’on ne peut parler de contraception sans parler de sexualité et celle-ci débute majoritairement vers 14 à 15 ans pour les premières relations. La prise de contraception autre que préservatif se fait généralement dès qu’une relation semble stable. Elle peut durer jusqu’au désir d’un enfant, ce qui représente 10 à 15 ans sous contraception (avec parfois des pauses entre deux). Cette durée peut parfois s’étendre étant donné que certaines jeunes filles se voient prescrire la pilule comme remède contre l’acné. Elle reste également une alternative pour les femmes ayant déjà eu des enfants et voulant maintenir la possibilité d’en avoir d’autres. Or, il semble que ce type de contraception soit de plus en plus pointé du doigt par les patientes et les médias, sans réelle prise de position du corps médical.

Un véritable dilemme
Rina Nissim affirme que la contraception hormonale est effectivement beaucoup choisie. Elle présente peu d’inconvénients, en dehors de la prise quotidienne pour la pilule, et beaucoup d’avantages, notamment la régularisation des menstruations et même, pour certaines femmes, une diminution des douleurs menstruelles. Aussi les statistiques démontrent qu’il s’agit d’une alternative très efficace et que la plupart des grossesses non-désirées sous contraception hormonale sont principalement dues à une mauvaise utilisation. L’autre commodité de la pilule est qu’elle permet aux femmes de choisir la période de leurs menstruations, ce qui représente une véritable aubaine pour les sportives ou les vacancières.

Pourtant, elle présente également tout un panel de risques sanitaires pour les usagères. Ceux-ci sont souvent peu connus étant donné que les problèmes surviennent principalement après une prise sur le long terme et qu’encore peu d’études ont été menées sur ce sujet. La liste des effets secondaires présentés sur les notices d’emballage est souvent très longue et assez effrayante, mais comme pour la plupart des médicaments, leur probabilité de survenir est faible et se combine généralement avec d’autres facteurs de risque déjà présents.

Rina Nissim insiste tout de même sur les dangers spécifiques à la pilule, les patientes ne la considérant pas vraiment comme un véritable produit pharmaceutique pouvant nuire à leur corps. D’ailleurs l’utilisation sur le long terme (plus de 10 ans) est très fréquente bien que non recommandée.

Le risque le plus connu pour la pilule «conventionnelle» reste celui de thrombose et d’embolie pulmonaire, même si les hormones de synthèse n’en sont qu’un facteur, la plupart des accidents cardiovasculaires étant le résultat d’une accumulation de comportements à risque : contraception hormonale, surpoids, cigarettes, âge avancé etc. Un article du Temps compte en Suisse, sur une durée de 25 ans, 16 décès de femmes dus à une embolie pulmonaire potentiellement liée aux contraceptifs hormonaux. Sur ces 16 femmes, 8 étaient âgées de moins de 30 ans, et ne présentaient donc pas de facteur de risque lié à l’âge. Néanmoins, on ignore à quel point la contraception est responsable, car aucune autopsie n’a été demandée. La naturopathe insiste également sur les risques tumoraux, qui sont également augmentés par la prise d’hormones, en particulier sur le long terme, mais disparaissent après 10 ans d’arrêt.

D’autres inconvénients peuvent également influencer le choix des patientes. Ces risques, ou même certains avantages dépendent des différentes générations de pilules, des types (progestative ou combinée) et des dosages d’hormones qu’elles contiennent. Le choix se fait généralement selon la patiente, ses craintes, ses envies et les réactions qu’elle pourrait avoir à certains types d’hormones.

Mais Rina Nissim affirme que la contraception hormonale et la pilule en particulier sont souvent prescrits rapidement, et dans certains cas, le suivi après les premières prises n’est pas complet. Beaucoup de femmes se verraient renouveler leur ordonnance par un simple coup de téléphone, sans contrôle préalable.

La baisse voire la perte de libido faisant également partie des possibles inconvénients, la naturopathe s’interroge : « A quoi bon se protéger si c’est pour ne plus avoir envie ?». Question légitime en effet puisque selon un article de l’Express, 20 à 40% des femmes remarquent une baisse de désir sous contraception hormonale. Dans cet article, la gynécologue Bérangère Arnal dénote l’effet négatif que la pilule a sur la sexualité des femmes en se référant au suivi de ses propres patientes. La libido est évidemment aussi influencée par l’état émotionnel, du couple ou par le stress. Mais l’article rapporte qu’une étude faite en Allemagne sur plus de 10'000 femmes confirme effectivement que la contraception hormonale a une tendance à affaiblir le désir des usagères. L’un des auteurs de l’étude, Alfred O Mueck, précise tout de même que « les mécanismes biologiques pouvant expliquer le lien ne sont pas clairs ».


©Luc Tesson



Un problème de société
La pilule a longtemps été un symbole de l’émancipation des femmes, qui à l’époque où l’avortement était interdit ou très mal vu, ont pu libéraliser leur sexualité sans risque de grossesse non-désirée. Le problème qui se pose est que la plupart des moyens de contraception sont centrés uniquement sur le corps de la femme. Celle-ci doit donc prendre sur elle les risques sanitaires qu’elle peut courir, ainsi que les inconvénients et les coûts. Le prix du préservatif est également problématique, puisque toutes les alternatives sont moins chères (la pose d’un stérilet pour 3 à 5 ans revenant à 350.-). Aussi, le stérilet au cuivre a encore du mal à se faire une place dans les propositions des gynécologues, puisque son utilisation chez les femmes sans enfants n’est que très récente et encore controversée, en raison des infections qu’il peut causer et de la stérilité que ces dernières engendrent dans 2.5 % des cas.

La contraception hormonale reste ainsi la principale proposition des médecins. Il en va de même pour les demandes de la patiente, souvent peu informée. Il est pourtant de la responsabilité des gynécologues d’éclairer leurs patientes sur le fonctionnement et les risques de la contraception hormonale avant la prescription. De plus, un suivi très étroit doit être effectué, en tout cas lors des premiers mois d’utilisation.

Cependant, il ne faut pas oublier qu’à l’instar de tous les produits pharmaceutiques, la contraception hormonale possède un certain nombre d’avantages, et que les risques, bien qu’importants, surviennent rarement.
Il ne s’agit pas ici de diaboliser ce type de contraception, satisfaisant malgré tout un grand nombre de femmes. Il est avant tout question d’un choix à faire en toute connaissance de cause. Il est important de prendre conscience des dangers. Et de pouvoir ouvrir le dialogue avec son gynécologue, pour que la décision ne soit pas teintée d’ignorance mais bel et bien une acceptation des risques à encourir.


(Ndlr : cet article ne se veut en aucun cas scientifique, il est d’ailleurs à préciser que nous parlons de contraception hormonale et de pilule au sens large du terme. Il y a des différences de risque et d’avantages selon les « générations de pilule » selon la présence ou non et le dosage des oestrogènes et avant tout selon les patientes, leur sensibilité et leur situation sanitaire.)


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