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Campus
TEDx Lausanne met l’Amphimax en ébullition



Grandir. Pousser. Pulluler. Prospérer. Expandre. La croissance se reflète dans de nombreuses facettes de notre vie quotidienne, tantôt perçue comme naturelle, allant de soi, tantôt effrayante, néfaste ou sans mesure. C’est cette croissance omniprésente, à la fois percutante et invisible, que l’organisation TEDx Lausanne a placé au centre du débat et du campus ce lundi 8 janvier 2016.


En l’espace d’un après-midi, l’Amphimax, pourtant habitué à abriter des méninges qui s’agitent, s’est métamorphosé en véritable usine à idées. Il était investi par la communauté TEDx Lausanne, une branche locale et indépendante de TED. Il s’agit d’une organisation à but non lucratif qui, sous le slogan «Ideas worth spreading» («Idées dignes d’être diffusées»), organise des conférences dans lesquelles des individus d’origine et de parcours divers présentent leurs points de vue inspirés. L’objectif est de rendre accessibles des idées innovatrices sur des sujets aussi variés que les énergies alternatives, l’éducation, la méditation, les sports extrêmes ou encore la prothétique, pour n’en citer que quelques-uns. D’informer, enseigner, inspirer un public aussi vaste que possible, par le biais de conférences de moins de dix-huit minutes disponibles gratuitement sur internet et sous-titrées dans une centaine de langues, pour certaines.




En 2014 déjà, l’Unil et TEDx Lausanne accueillaient des conférenciers autour du thème Perpetual (r)evolution, et en 2015, l’articulation Interface/Interact y était questionnée. Cette année, c’est le mot growth (croissance) qui était sur toutes les lèvres - et les murs. Ainsi, douze personnalités différentes, de la politicienne au professeur d’EPFL, en passant par l’avocate de l’ONU, spécialistes dans leur profession mais pas toujours à l’aise en matière de rhétorique, ont narré une partie de leur vie, une expérience, une passion. Elles ont défendu une idée qui leur est chère et concernant, de près ou parfois de très loin, la notion de croissance, devant un public enthousiaste et hétéroclite.

Zaria Gorvett, journaliste scientifique londonienne, propose par exemple au public de reconsidérer les stéréotypes qui gravitent autour du concept de vieillesse en lançant une interrogation : pourquoi parle-t-on de «grandir» jusqu’à un certain stade de la vie d’un individu, puis de «vieillir» ? Elle avance que le fait que le mot «vieillir» soit communément connoté péjorativement entraîne les personnes âgées à s’auto-persuader qu’il s’agit d’une dégradation, d’un poids. Le contraire de l’effet placebo, en quelque sorte. Alors qu’en réalité, avance la jeune femme, plusieurs études auraient démontré que le sentiment de bonheur augmente chez les sexagénaires. Le message sous-jacent à son discours est assez évident : considérer la vieillesse non pas comme une sorte de dégénérescence, mais comme part entière de l’évolution continue de la vie, leur permettrait d’aborder chaque année qui succède à une autre de manière plus sereine.

De son côté, Louis-Albert de Broglie, pantalon moutarde, pieds nus, brandissant une tomate, raconte comment sa vie a pris un tournant lorsqu’il a quitté le monde des banques pour se consacrer à la préservation de la biodiversité. Il explique comment une micro-agriculture, centrée sur une économie locale et un resserrement des liens sociaux, réglerait à l’avenir les problèmes que pose l’agriculture : la surproduction, la pollution de l’air et de l’eau, la dégradation du sol.

Un peu plus tard, l’émotion est perceptible dans les applaudissements qui suivent la présentation de Madeleine Rees, membre de la Women's International League for Peace and Freedom. Ancienne avocate à l’ONU, elle trace une potentielle explication de l’échec des objectifs de paix de la charte des Nations Unies de 1945 et remet en cause le lien implicite qui unit militarisme et sécurité. Elle met en évidence la criante contradiction entre la satisfaction personnelle des individus et leur insatisfaction face à la situation internationale. Ainsi, elle déplore l’effet dévastateur d’une vision binaire du monde qui empêche les valeurs individuelles de déteindre sur les décisions publiques.

Ces trois extraits fournissent une esquisse de la variété des disciplines invoquées et de la diversité des intervenants présents cet après-midi de février à Lausanne. Ce qui lie les présentations, c’est avant tout la dimension personnelle autour de laquelle chacune et chacun a construit son discours; les fragments de vie évoqués sont rarement anodins. Cet aspect explique peut-être que le lien avec le thème de la conférence, Growth, ne soit pas toujours percutant pour le public. Son interprétation est teintée de liberté, quitte à en négliger la pertinence.




Même l’entracte est un brainstorming organisé. Une demi-douzaine de stands, les Idea bubbles, ont été installés, équipés d’affiches blanches et d’un meneur de débat prêt à dégainer son feutre. Les esprits s’échauffent et les discussions s’animent autour de sujets aussi vastes que «(re)penser l’éducation» ou le féminisme, par exemple. Tout est fait pour provoquer des conversations, des bénévoles bavards aux badges que chacun arbore, avec son nom et ses sujets de prédilection en caractères gras. Et ça fonctionne. Les visiteurs semblent en ébullition, et en moins de temps qu’il en faut pour le dire, on a déjà philosophé avec un ingénieur en informatique chilien et un des danseurs de la troupe lausannoise Le Marchepied, qui présentait son spectacle en avant-première entre deux intervenants.

A la fin de la journée, le spectateur-devenu-penseur ne se sent peut-être pas beaucoup plus éclairé sur la notion de croissance en elle-même. En revanche, il a pu écouter des récits au croisement entre parcours de vie, sciences, savoirs, opinions et innovations. Il a également eu l’occasion d’échanger et d’argumenter, et il est probable qu’il en soit ressorti grandi d’une inspiration nouvelle.

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