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Sorge 2015 - 2e Prix - "Le sel"

Il subsiste des endroits privilégiés, qualitativement différents des autres : le paysage natal, le site des premières amours, ou une rue ou un coin de la première ville étrangère visitée dans la jeunesse. Tous ces lieux gardent, même pour l'homme le plus franchement non-religieux, une qualité exceptionnelle, "unique": ce sont les "lieux saints" de son Univers privé, comme si cet être non-religieux avait eu la révélation d'une autre réalité que celle à laquelle il participe par son existence quotidienne. Mircea Eliade

Au début, il ne s'agissait que d'un jeu. Une moquerie. Une pose. Quelques amis et moi avions l'habitude, le vendredi, lorsque le gymnase, carillonnant, consentait à nous laisser deux jours de liberté, de nous éloigner des bars boulevardiers du centre, pour nous rendre dans ceux d'Échallens. Nourris d'un amour commun pour l'aventure et les vélomoteurs, nous attendions que la cloche sonne pour monter sur nos engins agricoles et nous enfuir par la route du LEB. Le chemin jusqu'à Échallens nous plaisait: arrivé dans les hauts de Lausanne, en passant à côté de la Pontaise, il longeait l'aérodrome d'où décollait fréquemment un avion lorsque nous roulions à côté. Nous imaginions des courses impossibles contre les coucous, rêvant du moment où, au fil des années et des cylindrées, nous pourrions enfin rivaliser de vitesse avec ces pilotes invisibles, caparaçonnés d'acier volatile. Avec lenteur, nous suivions la route d'Yverdon, contournant Cheseaux, transperçant Étagnières, pour arriver à Échallens. Ici, nous avions nos habitudes. Avant de nous rendre au James, nous flânions un instant dans les ruelles pavées ou goudronnées du chef-lieu, comme les esthètes ironiques que nous pensions incarner. Condescendants, nous lisions, éclatant de solennité, l'inscription gravée sur les murs du temple néo-roman.

Dieu est esprit et il veut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité.

Le teint cendreux, la mine grise, la foi sobre. On n'y croyait pas. Voilà ce qu'ont fait plusieurs siècles de protestantisme à nos églises. Elles sont moches, elles sont tristes comme un jour sans alcool. Nous nous amusions. En face, l'auberge du Lion d'Or et la Raiffeisen. En contre-bas, une Landi. Puis nous allions au James afin de nous occuper de notre ivrognerie.

Nous buvions par dérision, multipliant les poses, imitant les gestes de ceux qui boivent par ennui, de ceux qui fument par solitude. Quelques habitués garnissaient généralement les places du bar. Ils parlaient peu, accrochaient leur verre de deux doigts gauches. Ils étaient gris comme les murs du temple. Nous, nous enchainions les choppes, bruyamment. Nous nous plaisions à appuyer notre accent vaudois, devenant de plus en plus exubérants et risibles au fil des litres de bières. Nous jouions les rustres. Nous jouions à être adulte, par les mimiques que nous moquions, par les mots que nous tournions en dérision. Nous étions ivres et spirituels. Nous nous targuions de parler des naturalistes entre les murs fangeux du James, rêvant de romans d'apprentissage et de rencontres importantes. Nous jouions les rustres romantiques. C'était avril, c'était le début du printemps et le soleil se couchait. Alors nous saluions Patrick, le tavernier, et ses hommes de bars pour repartir vers la capitale au guidon de nos Piaggio. Nous dévalions l'auguste sillon de goudron, serpentant entre les prés dernièrement bêchés et les champs de colza adolescents. Parfois, quand les frayeurs nous manquaient, nous passions au travers du grillage qui séparait la route de l'aérodrome pour tenter quelques sprints sur la piste de décollage. Je gagnais, souvent, puis nous regagnions le centre de Lausanne où nous rejoignions généralement quelques autres amis ou filles que notre gang impressionnait.

À la fin du mois d'avril, vint un vendredi où j'allai seul à Échallens. Débordant d'ambitions de poète, il me semblait falloir écrire dans un café reculé. J'empruntais la route habituelle et, contrairement à notre habitude, j'allais me poser à la terrasse de la Maison du Pain. En attendant la serveuse, je sortis quelques petits carnets dans lesquels j'avais pris l'habitude de noter mes pensées, idées de récits ou autres raisonnements qui me paraissaient assez originaux pour être dignes d'intérêt. Je rangeai, j'organisai mes pensées en relisant mes carnets. Ils étaient ma mémoire. Souvent, des idées venues de nulle part traversaient mon esprit. Elles y restaient un instant, quelques minutes ou quelques heures, quelques jours pour les plus pugnaces mais repartaient souvent comme elles étaient venues, ne laissant ni la trace de leur contenu, ni celle d'avoir existé. Si je ne les notais pas, elles disparaissaient. Ces carnets étaient précieux car ils me permettaient de sauver des vies, la mémoire des vies que j'aurais voulu vivre. Ainsi, j'admirais les gens à la mémoire profonde et vivace, la mienne étant plate et endormie. La serveuse vint. Je la vis regarder mes carnets, intriguée. Je ne l'en empêchai pas. En ne la considérant qu'à moitié, je commandai un expresso-coca, couple de boissons que j'affectionnais particulièrement et elle repartit à l'intérieur. Elle devait avoir quarante ans, peut-être un peu moins. Je la regardais préparer mon expresso. Elle portait une robe printanière, en toile bleu et légère, couverte de motifs floraux. Je devinais ses seins sous les fleurs, je m'imaginais ses bourgeons puis je replongeai dans mes carnets. Elle apporta ma commande, la déposa délicatement sur la table et repartit. Je passai l'après-midi à observer ses aller-retour incessants entre les frigos, la machine à café et la terrasse. Il faisait chaud. Les filles commençaient à sortir leurs robes, les garçons leur marcels, les cafés leur mobilier et la nature ses couleurs. Elle était une beauté villageoise, le genre de beauté qui la faisait passer pour la jolie fille d'un petit village mais qui ne l'aurait pas distinguée en ville. Une beauté campagnarde, celle des filles qui, lorsque les traits du visage évoluent au terme de l'adolescence, commencent à ressembler à leur mère. Elle était de ces filles dont on peine à connaître leur âge tant elles peuvent paraître vielles à vingt ans et jeunes à cinquante. Elle avait un beau visage quoique grossier. La mâchoire un peu trop large, une fente dans le cartilage du nez. C'était une beauté imparfaite, un charme construit de l'ambivalence entre des formes splendides et quelques défauts de symétrie. L'après-midi déclinait et la serveuse vint m'avertir de la fermeture soudaine de la terrasse. Je rangeai mes carnets et, au lieu de repartir tout de suite, arpenter le goudron de mon piaggio, je m'installai sur un muret, à quelques dizaines de mètres du café, prétendant rester un temps pour apprécier la brise légère qui s'était levée il y a quelques minutes. J'attendais plutôt la serveuse à la sortie de son travail. Je pris un livre dans mon sac à dos, presque au hasard, et je me plongeai dans une lecture molle, relisant sans cesse les mêmes phrases sans les comprendre, oubliant les pages juste après les avoir parcourues. Je restai là trente minutes, une heure peut-être, à faire semblant de lire, levant la tête à chaque bruit de pas. Puis elle sortit. Je n'avais comploté aucun moyen de l'aborder mais, par chance, elle transportait quelques sacs en tissu qui semblaient lourds comme un homme mort. Je m'approchai d'elle et lui proposait de l'aider à porter ses affaires. Elle acquiesça, sans émotion, et m'invita à la suivre jusque chez elle. Nous marchâmes quelques minutes, zigzaguant sur les ruelles pavées du centre du village pour parvenir à un portail en fer brut. Derrière, un potager dont la vie ne s'était pas encore réveillée. Encore derrière, une lourde maison vaudoise aux murs beiges et volets verts. J'aimais ces vieilles bâtisses campagnardes pour le sentiment ambigu qui en émanait. Elles auraient tout autant pu être habitées par un prince local que par une nichée de paysans soiffards, une impression à la fois noble et rustique s'en dégageait. Je la suivis jusque dans sa cuisine moutarde, nous déposâmes ses sacs à terre.

- Tu veux rester manger? me demande-t-elle. J'accepte l'offre. Elle sort quelques affaires de ses sacs; quelques patates grosses comme le poing, deux saucisses à rôtir. Je m'assieds. Je la regarde cuisiner. Elle me propose à boire, j'opine, elle ouvre deux bières et m'en tend une. Je la regarde peler les pommes de terre avec habileté, presque avec amour. J'imagine ma pomme à la place de ces patates, ses ongles plutôt que l'éplucheur. Elle me caresse, elle me griffe comme on récompense un chien fidèle, joyeusement, vigoureusement. Les pommes de terre tombent dans l'eau bouillante, éclaboussant de quelques gouttes ses mains nues sans que cela semble l'affecter. Elle se retourne, me regarde et, après s'être lavé les mains, elle garnit la table d'une miche de pain et mes mains de ses deux miches. Je les caresse sans comprendre, Elle me regarde l'air amusé. J'embrasse ses seins à travers sa robe légère. Sa peau a l'odeur âcre et chaude des acres de colza, elle est salée par le soleil. Nos gestes sont lents. Je parcours son corps de mes mains comme un coureur de fond les routes et chemins alentours, à travers les prairies, sautant les ruisseaux, se perdant dans les forets, délaissant les pistes tracées pour s'enfoncer plus profondément dans les bois apprivoisés du Gros-de-Vaud. Mon souffle est infini, j'ai l'impression de pouvoir courir des heures sans m'arrêter. Elle enlève sa robe, nous sommes nus dans sa cuisine. Le soleil vient de se coucher, laissant encore apparaître quelques vestiges de lumières qui ne tarderont pas à s'évanouir pour laisser la place à une nuit lumineuse.

- Tu veux pas qu'on éteigne?
- Pourquoi? Tu ne veux pas me voir nue?

Ma question est maladroite. Je veux la voir nue, j'aime son corps âgé, faisant apparaître des plis aux commissures des membres qui ont le mieux servis, une peau sincère qui montre ses défauts et ses fonctionnements, comme un écrivain dévoile ses techniques narratives. Les peaux lisses me lassent comme un paysage trop brillant. La beauté se nourrit d'asymétrie, l'équilibre absolu est ennuyeux. Un peu de chaos dans une parfaite harmonie, voilà l'impression que me donne son corps. Nous faisons l'amour, dans la lumière moribonde du soleil, et sous celle, intacte, de sa cuisine. Puis nous restons nus, à terre, à parler.

- Tu sais, j'ai lu un article qui disait que le paysage préféré des hommes, c'est des prairies vallonnées, avec un cours d'eau pas loin. Ça serait l'endroit où la majorité des gens se sentent le mieux.
- Vallonné comme le corps d'une femme?

Je souris. Elle se relève et commence à griller les saucisses à rôtir. Ou peut-être rôtissait-elle des saucisses à griller. Je mets la table et nous commençons à manger. J'ai l'impression que le sel de la viande vient de sa peau. Les goûts se mélangent, je mange des lèvres inépuisables de purée, j'embrasse les oignons rôtis et musqués comme le sexe d'Hélène. Nous ne parlons plus. Il fait nuit désormais et, ivre d'amour, de vin et de fatigue, nous allons nous coucher. Ses draps sentent le printemps. Ils me rappellent l'odeur des maillots de bains des filles, une odeur de lessive et de lac, une odeur de bonheur et de légèreté. Elle me regarde, je me demande ce que je fais ici et je m'endors.

Le soleil est déjà haut, je suis seul dans le lit. Je me lève et regarde par la fenêtre. Hélène est au potager, au fond du jardin. Elle donne de grands coups sur le bois d'une barrière qu'elle semble vouloir réparer mais qui paraît mourir un peu plus à chacune de ses percussions. Le choc de l'outil sur le bois fait vibrer la masse de son bras jusqu'à son épaule à moitié couvert d'une robe dont la seule vue me fait bander. Je descends et la rejoins à l'extérieur. Elle me propose d'aller nous baigner. J'ai mon boguet pas loin, je peux aller le chercher et on y va comme ça. Elle veut bien, ça lui permettra de ressortir le sien qu'elle n'a pas roulé depuis un moment. Je pars chercher mon engin, elle me rejoint sur le sien. Nous quittons Échallens, en suivant la chute lente du Talent en direction du lac d'Yverdon. En marcel, je sens le soleil brûler ma peau encore blanche d'une aube de printemps cendreux. L'été arrive, prêt à être vécu d'un souffle. Nous laissons nos vélomoteurs à quelques kilomètres au nord-est du village, dans le bois de La Mange, dissimulés par quelques buissons épais, et pénétrons dans la forêt. Sans le soleil, le temps est frais, je sens mes tétons se raffermir l'orée de la forêt passée. Arrivée au Talent, Hélène se déshabille. Je la regarde entrer dans l'eau fraîche à pas muets, marchant sur les roches recouvertes d'une crinière d'eau sélénite comme un duvet glacé sans cesse renouvelé. L'eau vive s'agite autour d'elle et l'ondine disparaît, ne laissant à la surface que le nénuphar doré de ses cheveux flottant au-dessus d'elle. Je la rejoins, m'immergeant doucement dans le Talent, l'esprit encore craintif de cette tentative pionnière, et je plonge. L'eau trouble mes idées, ma vision double et je me laisse emporter par cette romance minérale. On m'inonde de baisers, trempés, imaginés peut-être. Je me perds dans l'iris roche d'Hélène, douché par le murmure assourdissant du Talent. Sa gorge frissonne, je la recouvre de baisers infimes explorant les moindres aspects, les coins les plus reculés d'une surface encore méconnue. Nous restons enlacés sous l'eau un temps puis le froid devient trop intense et nous sortons.

Couché sur l'herbe d'une vague clairière exposée aux rayons, à quelques mètres de l'eau, je respire la peau d'Hélène. Elle a l'odeur de l'eau de rivière qui a séché. Que reste-il alors? Le sentiment. Le sentiment fugace de renaissance accompagnant toutes les baignades en eaux fraîches.

- Tu feras quoi à la fin de l'été? me demande-t-elle.
- Je commence l'uni. Je vais faire de la philo.
- Fais attention à ne pas devenir qu'un esprit. Reste proche de ton corps, il est au moins aussi important.

Je ne suis pas certain de comprendre ce qu'elle me dit mais j'acquiesce. Ses cheveux paille s'agitent sur l'herbe et forment des routes de sable ondoyant entre des prairies. Elle met à chanter. Un peu spéciale, elle est célibataire, le visage pâle les cheveux en arrière…
- Qu'est-ce que tu chantes?

Elle me dit que c'est Marc Lavoine, son chanteur préféré. J'aime bien cette chanson. Je ne pensais pas dire ça d'un chanteur à maman mais les paroles me parlent. Hélène s'approche de moi… à faire l'amour sur des malentendus, on vit toujours des moments défendus… et elle m'embrasse.

Nous passons l'après-midi au bord de la rivière, à parler, à faire l'amour, à sa baigner tour à tour et, un peu avant le coucher du soleil, je lui dis qu'il me faut rentrer à Lausanne.

- Tu reviens le week-end prochain? On ira se baigner? Je souris. Elle sait que je reviendrai. Nous passons l'été ainsi, entre sa chambre, la cuisine, les forêts, l'Orbe, le Talent, les champs de colza, la Mèbre, nous nous nourrissons de son potager, de fantasmes, de nuits passées dehors, à veiller jusqu'au lever du soleil. Je retourne souvent sur la terrasse de la Maison du Pain, à lire, à la regarder travailler. Je ne vois personne, personne d'autre qu'elle, mes amis sont en vacances, mes parents pensent que je suis avec mes amis. Lorsqu'elle ne travaille pas, nous arpentons les routes de campagne à vélomoteur, multipliant les pique-niques sauvages, faisant davantage l'amour à l'extérieur que dans sa maison. Nos habits sentent l'essence, nos peaux le pneu et la sueur. Je découvre l'amour, la franchise, j'oublie l'ironie. La moquerie. La pose. Il n'est pas de mots en français pour parler du vécu au présent, la conscience de la vie en train de se vivre. Le vécu est un passé. Un récit déjà interprété. Grâce à Hélène, j'apprends l'oubli, la décontraction de l'esprit acceptant le monde tel qu'il est, au-delà du filtre de la pensée. L'expérience et son oubli, sans construction, sans mémoire, sans jugement. Je ne suis plus qu'un objet. J'apprends le monde de l'ineffable. Hélène me fait découvrir la nature, je suis mis au monde.

À la fin de l'été, mes visites devinrent plus éparses. Je m'excusais auprès d'Hélène en prétendant devoir préparer ma rentrée universitaire mais elle n'était pas dupe. Elle comprenait que l'attrait exotique de cette relation était épuisé. Notre amour mourrait avec les feuilles des arbres, elle le savait depuis le début. Mes amis étaient rentrés, les robes commençaient à disparaître, les torses se recouvraient. On avait récolté le colza depuis déjà deux mois. Je me lassais de la flânerie, j'arrivais à la fin de cette balade. Je voulais retourner au monde connu, les jambes lourdes et le cœur léger. Les feuilles jaunissaient, fatiguées de ne s'être nourries que de soleil, lasses d'avoir dansé tout l'été. Elles retournaient à la terre, à la recherche du sol robuste qui les a créées. Elles se désagrégeaient dans l'humus, ne gardant qu'une vague odeur de sel en souvenir de l'été.

Laurent Kung

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