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"Pause" : compte-rendu de la projection-discussion
Jeudi 8 octobre, L’auditoire et Film(ON)s organisaient une projection-discussion autour de la production cinématographique en Suisse en compagnie d’invités sémillants et pour un public non moins formidable. Petit retour.

© Maxime Filliau

Réaliser un film en Suisse : une sinécure ou la galère complète ? C’est la question à laquelle votre journal préféré et l’association Film(ON)s proposaient d’apporter une réponse ce jeudi 8 octobre. Tout d’abord avec la projection du film Pause, ensuite avec une discussion en présence de son réalisateur Mathieu Urfer, de sa productrice Elodie Brunner et de Pierre-Emmanuel Jaques, MER suppléant à la section de cinéma. Le tout était modéré par l’inénarrable Séverine Chave, membre de L’auditoire et de Film(ON)s.

« J’ai voulu faire un film sur le romantisme, parce que je trouve que c’est une valeur qui se perd », expliquait Mathieu Urfer à l’issue de la projection de Pause, « un film romantique où la chanson d’amour réconcilie le couple. » Présenté l’an dernier à Locarno et auréolé d’un joli succès critique, cette première réalisation est le fruit de « 2 ans de fermentation d’idée, 3 ans de développement du scénario avec les producteurs, 2 ans pour financer le scénario, 1 année de tournage, montage, postproduction et 1 année de promotion pour la sortie, soit environ 8 ans au total. » C’est peu dire que la production de film en Suisse nécessite une certaine opiniâtreté. Qu’il s’agisse de la formation assurée dans le domaine ou des aides à disposition pour le montage d’un projet, des choses existent, mais elles sont rares et peuvent se révéler sélectives.

© Maxime Filliau

Formation

La discussion prenant place après la projection s’est ouverte sur la question de la formation en Suisse romande et des différents cursus dispensés. Concernant le métier de comédien, la modératrice Séverine Chave a rappelé que la Suisse romande compte une seule et unique haute école enseignant l’art dramatique, à savoir la Manufacture, qui n’a ouvert ses portes qu’en 2003 à Lausanne. Pierre-Emmanuel Jaques a ce titre expliqué qu’auparavant, on allait souvent chercher les comédiens sur les scènes de théâtre.

Réalisateur, scénariste et compositeur de son film, Mathieu Urfer est quant à lui passé par l’ECAL, où il a obtenu un Master en scénario. L’occasion de rappeler que, si l’on pourrait considérer comme une spécificité suisse les auteurs-réalisateurs, les écoles actuelles tendent à séparer nettement les différents corps de métier en proposant des cursus indépendants.

Elodie Brunner a alors insisté sur l’extrême importance du scénario, « première pierre qui permet de financer un film ». Comme l’a expliqué la productrice : « C’est avec un scénario qu’on passe devant les commissions, qui vont nous permettre d’obtenir certains fonds, d’augmenter notre financement et donc de pouvoir réaliser le film. On est donc toujours à la recherche d’une bonne idée mais aussi de gens qui arrivent à façonner cette idée : on cherche non seulement des gens qui savent écrire, mais qui ont aussi des choses à dire ; ça ne suffit pas de simplement savoir bien mettre en forme. »

© Maxime Filliau

Financement

Ainsi, l’échange s’est ensuite poursuivi sur l’aspect financier de la production cinématographique. Mathieu Urfer a de fait rappelé que tout commence souvent par un auteur qui doit trouver des producteurs prêts à soutenir son projet. Côté romand, il y a le choix, puisqu’il existe pas moins d’une huitantaine de maisons de production. Cette structure de base (réalisateur et producteur) est généralement indispensable à l’obtention d’aides pour la suite. Elodie Brunner a alors listé les principales subventions qu’il est possible de décrocher au fil des différentes étapes de développement. En Suisse, le cinéma est ainsi majoritairement subventionné par l’Office fédérale de la culture (OFC). Viennent ensuite les fonds régionaux, puis éventuellement la télévision qui peut être un partenaire de production (la petite lucarne soutient environ cinq films de fiction chaque année). Les distributeurs peuvent également proposer un minimum garantie, soit une avance sur les recettes futures d’après le scénario (la somme est généralement comprise entre 10'000 et 15'000 francs). Enfin, il existe différentes fondations locales (comme Suissimage), ainsi que des fonds internationaux tel que le programme de financement européen MEDIA (bien que le soutien de ce dernier ne soit plus assuré depuis les votations du 9 février).

Exportation

La discussion s’est conclue sur la question de l’exportation. Séverine Chave a souligné la petitesse du marché suisse-romand, s’interrogeant sur la viabilité des productions locales au-delà des frontières romandes. Pierre-Emmanuel Jaques a révélé que les Alémaniques voient en réalité plus de films suisses-romands que les Romands eux-mêmes : « Les grands festivals comme Locarno sont fréquentés largement par des Suisses-allemands, ils sont assez ouverts à ça. Un film comme Pause passe par différents circuits, son public étant au final une accumulation de plein de petites niches (festivals, télévision, etc.). »

© Maxime Filliau

La diffusion d’un long-métrage en règle général, tant sur le plan local qu’à l’international, nécessite immanquablement un travail de promotion soutenu. En Suisse, la tâche est pour le moins ardue, comme l’a ensuite confirmé Elodie Brunner : « Si on n’accompagne pas les films, c’est très difficile. Aujourd’hui, il y a vraiment un aspect d’« événement » autour d’un long-métrage qui fait que les gens vont venir le voir. Ici, on a pu le constater pour Pause, il y a un déficit d’image qui est assez important : quand on dit « comédie suisse », déjà ce n’est pas crédible... Donc si on ne fait pas l’effort d’aller vers le public et d’accompagner les sorties, le film est rapidement noyé dans la masse et disparaît très vite. »

Interrogé sur la question du documentaire, genre qui paraît plus facilement exportable hors de nos contrées, Pierre-Emmanuel Jaques a confirmé que le documentaire d’auteur suisse avait acquis une certaine renommée et était donc propice à une carrière à l’international. L’enseignant s’est alors dit plutôt confiant pour l’avenir. Selon lui, des espaces de création sont en train de se mettre en place, on commence également à prendre conscience qu’il est possible de faire un film de genre en Suisse (Jaques apparente ainsi Pause à une « comédie du remariage », et l’on peut aussi citer le drame vampirique Chimères d’Olivier Beguin qui débarque ces jours en vidéo). « Plus il y aura ce type d’espaces de création, plus il y aura des qualités. »


Réaliser un film en Suisse est donc loin de la sinécure. Néanmoins, si l’exercice s’apparente plutôt à la galère complète, face à de belles réussites comme Pause et au vu des mouvances actuelles qui promettent de nous en offrir davantage, on se dit qu’il en vaut largement la peine.


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